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Scorbut, la maladie des corsaires toujours d’actualité - 22/11/15

Doi : 10.1016/j.revmed.2015.10.228 
S. Parreau , S. Palat, A. Cypierre, K.H. Ly, F.X. Lapébie, G. Gondran, E. Liozon, H. Bezanahary, S. Nadalon, A. Fauchais
 Médecine interne A, CHU Limoges, Limoges, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Le scorbut est une carence en vitamine C dans le cadre d’un régime pauvre en fruits et légumes, responsable d’un défaut de synthèse du collagène, pouvant se compliquer de syndrome hémorragique par fragilité vasculaire. Cette pathologie réputée d’un autre temps est pourtant parfois diagnostiquée par les internistes. Nous souhaitions donc en préciser les situations diagnostiques chez l’adulte.

Matériels et méthodes

Nous avons effectué une recherche avec les mots clés « carence en vitamine C » et « scorbut » enregistrés comme diagnostic principal ou associé entre août 2014 et septembre 2015 dans un centre hospitalier universitaire français. Une carence en vitamine C était définie comme un taux inférieur à 26,1micromol/L, et le scorbut comme une carence en vitamine C associée à une hémorragie. Les hémorragies étaient classées selon la classification de BARC [1]. Nous avons colligé les données anamnestiques, cliniques et évolutives des patients carencés.

Résultats

soixante-trois patients, dont l’âge moyen était de 47ans, avec un sex-ratio 0,57, avaient une carence en vitamine C. Dix scorbuts (15,87 %) ont été identifiés. Le taux moyen de vitamine C était de 12,97micromol/L dans le groupe scorbut, contre 15,23micromol/L dans le groupe carence seule, sans différence statistiquement significative (p=0,40). Quatre scorbuts avaient un score hémorragique de BARC supérieur ou égal à 3, et six inférieur ou égal à 2, sans différence significative de taux de vitamine C entre les deux groupes. Les hémorragies graves consistaient en, un hématome de loge de surénalectomie gauche, un hémopéritoine compliquant une chirurgie d’adhésiolyse, tous deux nécessitant une reprise chirurgicale, une hémorragie cérébrale pariétale superficielle gauche post-traumatique, des métrorragies sur fibrome utérin nécessitant une hystérectomie. Pour les patients du groupe scorbut, quatre dosages avaient été effectués devant une suspicion clinique de scorbut, et six de façon systématique. Parmi les dix scorbuts, trois patients étaient sans emploi, trois ne prenaient pas trois repas par jour, trois étaient éthyliques chroniques, un cas avait une pathologie psychiatrique (encéphalopathie de Gayet-Wernicke), un avait un cancer (corticosurénalome), neuf avaient d’autres carences vitaminiques, dont un en vitamine K. Les dosages systématiques de toute la cohorte concernaient principalement des bilans pré et post-chirurgie bariatrique (respectivement 30,5 % et 20,3 %), des suivis de diabète (11,9 %) ou d’obésité (22 %). Aucun décès n’a été constaté et l’évolution des patients avec scorbut a été favorable sous supplémentation vitaminique.

Conclusion

Le scorbut est aujourd’hui sous-diagnostiqué ; seulement 37 rapports de cas ont été décrits dans la littérature entre 1965 et 2013 [2]. Les carences en vitamine C, sources de saignements, sont en revanches fréquentes. Une étude américaine a montré une prévalence de 20,8 % de taux de vitamine C inférieurs à 28micromol/L dans une population de classe moyenne [3]. Dans notre étude, le taux de vitamine C ne semblait pas influencer la présence ou la gravité du syndrome hémorragique. Il convient de penser au diagnostic de scorbut devant les signes cliniques classiques, mais surtout devant des saignements inexpliqués d’autant que le syndrome hémorragique peut être grave comme pour 4 de nos patients.

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Vol 36 - N° S2

P. A211 - décembre 2015 Retour au numéro
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