Introduction : Tout le monde, médecins comme patients, a entendu parler du Vioxx™ (rofecoxib) et plus généralement de cette nouvelle classe d’anti-inflammatoires non stéroïdiens appelés coxibs, contraction de leur mécanisme d’action, à savoir l’inhibition sélective de la cyclo-oxygénase 2. L’avènement de cette nouvelle classe thérapeutique en 1999 a été considéré comme un réel progrès thérapeutique et la presse médicale en a largement fait écho. Tout le monde a aussi entendu parler fin septembre 2004 du retrait brutal du Vioxx™ à la suite d’effets indésirables cardiovasculaires observés lors d’un essai thérapeutique à grande échelle sur des patients ayant des polypes adénomateux du colon. Si la presse spécialisée et même la presse grand public ont immédiatement relaté le retrait du rofécoxib, l’affaire a fait en France moins de bruit qu’aux Etats-Unis où les prescriptions annuelles de rofécoxib étaient estimées à 10 millions d’unités pour un chiffre d’affaire annuel de 2,5 milliards de dollars aux Etats-Unis et quatre fois plus pour l’ensemble de la planète. La publicité directe au consommateur, phénomène encore peu développé dans notre pays, représentait d’ailleurs 100 millions de dollars par an. Il est particulièrement intéressant de lire les deux lettres d’Eric Topol et Garret Fitzgerald publiées dans le New England Journal of Medicine d’octobre 2004 sur le sujet [1, 2].