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Dermatose éosinophilique figurée révélatrice d’un carcinome épidermoïde de l’ethmoïde : un nouveau syndrome paranéoplasique ? - 25/11/17

Doi : 10.1016/j.annder.2017.09.358 
R. Goussot 1, , S. Banea 1, M.-C. Tortel 2, E. Birckel 2, A. Mahé 1
1 Service de dermatologie 
2 Service d’anatomopathologie, hôpital Louis-Pasteur, Colmar, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Introduction

Les dermatoses éosinophiliques représentent un groupe hétérogène de dermatoses caractérisées par une éosinophilie tissulaire marquée. En mettant à part le syndrome hyperéosinophilique, une association avec des hémopathies lymphoïdes a été largement décrite dans la littérature, beaucoup plus exceptionnellement avec des cancers solides. Nous rapportons le cas d’un patient avec une dermatose éosinophilique d’aspect anatomoclinique original ayant révélé un carcinome de l’ethmoïde.

Observation

Un homme de 73 ans consultait pour une dermatose évoluant depuis plusieurs semaines. Il avait comme antécédent un cancer de la prostate localisé diagnostiqué 3 mois auparavant et traité par radiothérapie. Peu après, une éruption cutanée prurigineuse débutait. Après un temps de lésions élémentaires eczématiformes et micro-bulleuses, l’évolution se faisait vers des plaques fixes à contours circinés d’aspect très figuré siégeant sur le tronc et les membres ; le visage, le cuir chevelu et les paumes et plantes étaient respectés. Il avait une hyperéosinophilie fluctuante (jusqu’à 5000/mm3). Plusieurs biopsies cutanées montraient une spongiose à éosinophiles avec formation de vésicules comblées par des éosinophiles et infiltrat dermique majoritairement composé des mêmes cellules. Les IFD étaient négatives. La recherche d’anticorps antinucléaires, anti-ENA, anti-BP 180 et 230, anti-desmogléine 1 et 3 et anti-envoplakine était négative, de même que le transcrit de fusion FIP1L1-PDGFRA. Une biopsie ostéomédullaire montrait une hyperplasie éosinophile sans prolifération myéloïde ni lymphoïde. Un scanner corps entier révélait une formation tumorale ethmoïdale postérieure avec envahissement de la cavité orbitaire et de la base du crâne, que l’histologie rapportait à un carcinome épidermoïde. Une corticothérapie locale type pemphigoïde était inefficace, de même que la dapsone. Sous 1mg/kg/jour de prednisone puis chimiothérapie par docétaxel, cisplatine et 5-FU, la dermatose disparaissait. Le décès survenait 15 mois plus tard en rapport avec une progression cérébrale, sans récidive de la dermatose (Annexe A).

Discussion

Une spongiose à éosinophiles, qui constituait le signe histologique au premier plan chez notre patient, a été décrite au cours de nombreuses dermatoses inflammatoires, mais pas dans un contexte paranéoplasique. Sur le plan clinique, le tableau évoquait par certains côtés un erythema gyratum repens mais l’histologie de cette entité, qui ne comporte pas d’éosinophiles, est différente. Si une dermatose éosinophilique peut être associée à des hémopathies notamment une leucémie lymphoïde chronique, l’association à un cancer solide n’a été qu’exceptionnellement rapportée dans la littérature, et jamais à notre connaissance avec un tel tableau anatomoclinique.

Conclusion

Devant une spongiose à éosinophiles inexpliquée, la recherche d’un cancer solide est à envisager.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Erythema gyratum repens, Spongiose à éosinophiles


Plan


 Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont disponibles à l’adresse suivante : http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2017.09.358.


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Vol 144 - N° 12S

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