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Le regard paranoïaque à l’épreuve du visage neutre - 13/01/18

Confronting the paranoid gaze with a neutral face

Doi : 10.1016/j.amp.2017.09.013 
Nassim Sarni
 Centre psychothérapique de Nancy (CPN), unité B 1, rue Dr-Archambault, 54520 Laxou, France 

Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le samedi 13 janvier 2018

Résumé

Faire face à un visage neutre constitue, pour les patients paranoïaques, un véritable défi perceptif et interprétatif. La reprise des résultats d’études d’oculomotricité, où des images de visages neutres sont présentées à ces patients, permet une première interprétation des perturbations de l’exploration visuelle et du fonctionnement relationnel global, à travers le prisme de la clinique paranoïaque. Face à un visage neutre, les caractéristiques du parcours visuel pourraient s’accorder avec une vigilance à « l’attente d’une menace » anticipant un événement négatif, et une recherche d’identification de la part du patient délirant. La nécessité de sortir de l’ambiguïté, en lien avec un traitement des informations hâtif et conclusif allant dans un sens pro-attitudinal de méfiance, orienterait l’exploration visuelle vers un évitement final. L’existence de résultats contradictoires concernant l’étendue de l’exploration, la durée et le nombre de fixations pourrait être en lien notamment avec une dimension fluctuante de la clinique paranoïaque. Le regard porté sur un visage neutre traduit ainsi à un niveau élémentaire l’échec fréquent des interactions relationnelles des patients paranoïaques. L’exploration visuelle des membres de la famille, cliniquement sains, de ces patients est également perturbée, pouvant éclairer un environnement cognitif partagé pathologique sur lequel risquent de s’appuyer les regards des patients et de leurs proches.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Abstract

Objectives

For paranoid patients, the confrontation with a neutral face is a perceptual and interpretative challenge. Since birth, faces seem to be the favorite visual stimulus of humans, and unexpressive faces tend to provoke discomfort (according to the still face paradigm). Considering their symptoms, this discomfort might be particularly strong for paranoid adult patients. Images of neutral faces are often used in eye-tracking studies to mesure scanpath impairments, but almost only draw a comparison with expressive faces. A short review of eye-tracking studies, in which neutral faces are presented to paranoid patients, could allow a first interpretation of visual exploration impairments and their relational consequences, through the prism of the paranoid symptoms revealed by the unexpressivity of the face.

Materials and methods

Studies focusing on the relationship between delusional symptomatology (in schizophrenia or in the general population) and visual exploration of neutral faces, seem to offer an interesting area of research. According to those studies, and to others showing the existence of varying degrees of delusional paranoid thoughts in healthy subjects, we have selected eye-tracking studies including clinical (schizophrenic) and non clinical subjects with paranoid delusions, looking at images of neutral faces. Those eye-tracking data were then confronted with clinical elements of paranoia, such as threat anticipation, or jumping to conclusion biais.

Results

The confrontation with a neutral face begins with hypervigilance toward ambiguity (extensive visual scanning style to the neutral face features). Then the pattern becomes similar to a visual exploration of a threatening face, to end up with a gaze avoidance. The need to avoid ambiguity, which is unbearable for paranoid patients, is influenced by a hasty and conclusive information processing, focused on proattitudinal, threat-related informations. Contradictory results concerning the extent of the exploration, the duration or the number of fixations could be related to a fluctuating dimension of the paranoid clinic. The gaze on a neutral face seems to represent, at a basic level, the frequent failure of relational interactions of those patients. The visual exploration of healthy patient's first degree relatives is similarly impaired, which might show pathological shared cognitions on which the attention of patients and their relatives risk to rely.

Conclusion

Social isolation due to those interactional failures is a major problem for paranoid patients. Building a therapeutic relationship represents the possibility of a gaze change, that might help those patients to stay in a relational world.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Expression de l’émotion, Interprétation, Oculomotricité, Paranoïa, Regard, Visage

Keywords : Expression of emotion, Face, Gaze, Interpretation, Oculomotricity, Paranoia


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