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Prévention et prise en charge de l’infection herpétique au cours de la grossesse et de l’accouchement : recommandations pour la pratique clinique – texte des recommandations (texte court) - 04/02/18

Doi : 10.1016/j.sagf.2018.01.003 
M.-V. Sénat a, , b , O. Anselem c, O. Picone d, e, L. Renesme f, N. Sananès g, C. Vauloup-Fellous b, h, Y. Sellier i, J.-P. Laplace j, L. Sentilhes k
a Service de gynécologie-obstétrique, hôpital Bicêtre, AP–HP, 78, avenue du Général-Leclerc, 94270 Le Kremlin-Bicêtre, France 
b Université Paris-Sud, 63, rue Gabriel-Péri, 94270 Le Kremlin-Bicêtre, France 
c Maternité Port-Royal, université Paris-Descartes, groupe hospitalier Cochin-Broca Hôtel-Dieu, AP–HP, 12, rue de l'École-de-Médecine, 75006 Paris, France 
d Service de gynécologie obstétrique, hôpital Louis-Mourier, hôpitaux universitaires Paris-Nord, 147, rue des Renouillers, 92700 Colombes, France 
e Université Paris-Diderot, 5, rue Thomas-Mann, 75013, Paris, France 
f Service de néonatalogie, soins intensifs, maternité, hôpital Pellegrin, CHU de Bordeaux, place Amélie-Raba-Léon, 33000 Bordeaux, France 
g Service de gynécologie obstétrique, hôpitaux universitaires de Strasbourg, 1, place de l’Hôpital, 67000 Strasbourg, France 
h Service de virologie, hôpitaux universitaires Paris-Sud, hôpital Paul-Brousse, AP–HP, 12, avenue Paul-Vaillant-Couturier, 94800 Villejuif, France 
i Collège national des sages femmes de France, 136, avenue Émile-Zola, 75015 Paris, France 
j Gynerisq, 6, rue Pétrarque, 31000 Toulouse, France1  
k Service de gynécologie-obstétrique, CHU de Bordeaux, place Amélie-Raba-Léon, 33000 Bordeaux, France 

*Auteur correspondant.
Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le dimanche 04 février 2018
Cet article a été publié dans un numéro de la revue, cliquez ici pour y accéder

Résumé

Objectif

Déterminer les mesures permettant de diagnostiquer, prévenir et traiter l’infection herpétique génitale au cours de la grossesse et de l’accouchement ainsi que l’infection néonatale.

Méthodes

Consultation de la base de données MedLine, de la Cochrane Library et des recommandations des sociétés savantes françaises et étrangères.

Résultats

L’éruption herpétique génitale est le plus souvent due à l’herpès simplex virus 2 (HSV2) (NP2). Le risque de séroconversion HSV pendant la grossesse est de 1 à 5 % (NP2). Devant une lésion génitale typique d’un herpès chez une femme ayant un antécédent d’herpès génital connu, il s’agit d’une récurrence herpétique et une confirmation virologique n’est pas nécessaire (Grade B). Chez une femme n’ayant pas d’antécédent d’herpès génital connu, il est recommandé d’effectuer un prélèvement par écouvillonnage de la lésion et de privilégier la polymerase chain reaction (PCR) (accord professionnel) et des sérologies spécifiques de type (accord professionnel). En cas d’épisode initial d’herpès génital pendant la grossesse, il est recommandé d’initier un traitement antiviral par aciclovir (200mg×5 par jour) ou valaciclovir (1000mg×2 par jour) pendant 5 à 10jours (gradeC). En cas de récurrence herpétique en cours de grossesse, un traitement par aciclovir (200mg×5 par jour) ou valaciclovir (500mg×2 par jour) peut être proposé (grade C). Le risque d’herpès néonatal est estimé entre 25 % et 44 % en cas d’épisode initial (NP2) et de 1 % en cas de récurrence (NP3) lors de l’accouchement. Une prophylaxie antivirale doit être proposée aux femmes ayant un épisode initial ou une récurrence herpétique en cours de grossesse, à partir de 36 SA et jusqu’à l’accouchement (grade B). En cas d’antécédent d’herpès génital sans épisode de récurrence au cours de la grossesse, il n’est pas recommandé de proposer systématiquement un traitement prophylactique (accord professionnel). Il est recommandé de réaliser une césarienne en cas de suspicion d’épisode initial d’herpès génital au moment du travail (grade B), ou de rupture de la poche des eaux à terme (accord professionnel), ou en cas d’épisode initial d’herpès génital survenu moins de 6 semaines avant l’accouchement (accord professionnel). En cas de récurrence herpétique en début de travail, une césarienne sera d’autant plus à considérer que les membranes sont intactes. En revanche, un accouchement par voie vaginale sera d’autant plus à considérer qu’il existe une rupture prolongée des membranes (accord professionnel). L’herpès néonatal est rare et principalement dû à HSV-1 (NP 3). Dans la majorité des cas d’herpès néonatal, l’interrogatoire ne retrouve aucun antécédent maternel d’herpès (NP 3). En cas de suspicion d’herpès néonatal, des prélèvements (sang et liquide céphalorachidien) avec recherche d’ADN viral par PCR doivent être réalisés pour confirmer le diagnostic (accord professionnel) et un traitement par aciclovir intraveineux (grade A) à la posologie de 60mg/kg/j réparti en 3 injections (grade C) doit être débuté sans attendre les résultats des prélèvements (accord professionnel). La durée du traitement dépend de la forme clinique (accord professionnel).

Conclusion

Il n’existe pas de preuve formelle qu’il soit possible de diminuer le risque d’herpès néonatal en cas d’herpès génital pendant la grossesse. Cependant, une prise en charge adaptée permet de diminuer la symptomatologie liée à l’herpès, le risque de récurrence à terme, ainsi que le taux de césariennes réalisées pour lésions herpétiques.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Abstract

Objective

Identify measures to diagnose, prevent and treat genital herpes infection during pregnancy and childbirth and neonatal infection.

Methods

Bibliographic search from Medline, Cochrane Library databases and research of international clinical practice guidelines.

Results

Genital herpes lesion is most often due to HSV2 (LE2). The risk of HSV seroconversion during pregnancy is 1 to 5% (LE2). Genital herpes ulceration during pregnancy in a woman with history of genital herpes corresponds with a recurrence. In this situation, there is no need for virologic confirmation (grade B). In case of genital lesions in a pregnant woman that do not report any genital herpes before, it is recommended to perform a virological confirmation by PCR and HSV type specific IgG (Professional consensus). In case of first episode genital herpes during pregnancy, antiviral treatment with acyclovir (200mg 5 times daily) or valacyclovir (1000mg twice daily) for 5 to 10 days is recommended (grade C). In case of recurrent herpes during pregnancy, antiviral therapy with acyclovir (200mg 5 times daily) or valacyclovir (500mg twice daily) can be administered (grade C). The risk of neonatal herpes is estimated between 25% and 44% in case of initial episode (LE2) and 1% in case of recurrence (LE3) at the time of delivery. Antiviral prophylaxis should be offered for women with first episode genital herpes or recurrent genital herpes during pregnancy from 36 weeks of gestation and until delivery (grade B). In case of a history of genital herpes without episode of recurrence during pregnancy, it is not recommended routinely offer a prophylactic treatment (professional consensus). A cesarean section should be performed if there is a suspicion of first episode genital herpes at the onset of labor (grade B), in the event of premature rupture of the membranes at term (professional consensus), or in case of first episode genital herpes less than 6 weeks before delivery (professional consensus). In case of recurrent genital herpes at the onset of labor, cesarean delivery will be all the more considered if the membranes are intact and vaginal delivery will be all the more considered in case of prolonged rupture of membranes (professional consensus). Neonatal herpes is rare and mainly due to HSV-1 (LE3). In most of the case of neonatal herpes, the mothers have no history of genital herpes (LE 3). In case of suspicion of neonatal herpes, different samples (blood and cerebrospinal fluid) for HSV PCR must be carried out to confirm the diagnosis (professional consensus). Any newborn suspected of neonatal herpes should be treated with intravenous acyclovir (60mg/kgs/day 3 times daily) (grade A) prior to the results of HSV PCR (professional consensus). The duration of the treatment depends on the clinical form (professional consensus)

Conclusion

There is no formal evidence that it is possible to reduce the risk of neonatal herpes in genital herpes during pregnancy. However, appropriate care can reduce the symptoms associated with herpes, the risk of recurrence term and the cesarean rate performed to decrease the risk of neonatal herpes.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Primo-infection herpétique, Récurrence, Traitement préventif, Traitement curatif, Mode d’accouchement

Keywords : First episode of genital herpes, Recurrence, Prophylactic treatment, Mode of delivery


Plan


 Cet article a fait l’objet d’une première publication dans « Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie », Volume 45, Issue 12, December 2017, Pages 705–714.


© 2018  Publié par Elsevier Masson SAS.
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