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Défenestration sous l’influence de champignons hallucinogènes - 10/05/18

Doi : 10.1016/j.toxac.2018.04.009 
N. Cartiser 1, , F. Bévalot 2, E. Honiyglo 1, A. Franchi 1, 3, C. Bottinelli 2, L. Fanton 1, 3
1 Institut médico-légal, hospices civils de Lyon, Lyon, France 
2 Laboratoire LATLUMTOX, Lyon, France 
3 CREATIS CNRS UMR 5220, Inserm U1044, université de Lyon, Villeurbanne, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectif

Les champignons hallucinogènes bénéficient d’une « bonne réputation » parmi les stupéfiants interdits en France liée à leur faible toxicité directe et l’absence de dépendance [1]. Les champignons psychoactifs les plus consommés, les psilocybes, ont pour principe actif principal la psilocybine, prodrogue de la psilocine. Actuellement, des applications thérapeutiques de la psilocybine sont étudiées dans le traitement de certaines dépressions et addictions [2]. Dans le cadre d’un usage récréatif, l’effet recherché est le plus souvent une altération des perceptions et des pensées et l’effet indésirable reporté est l’apparition d’un délire angoissant connu sous le terme « bad trip ». Les cas de comportement dangereux et décès au décours d’hallucinations sont fréquemment relayés dans les journaux ou sur internet mais rarement documentés scientifiquement. Cette étude de cas, enrichie d’une revue de la littérature, décrit les dangers de la consommation de psilocybes.

Description du cas

Le soir des faits, monsieur M., 18 ans, se trouvait en compagnie de 2 camarades. Deux des participants, dont monsieur M., auraient consommé des champignons hallucinogènes, le troisième restant « sobre ». Au cours de la soirée, monsieur M. est devenu anormalement agressif, il s’est isolé dans la salle de bain, s’est déshabillé puis en est ressorti pour se diriger vers le balcon et se projeter dans le vide malgré l’intervention des témoins. L’autopsie révèle que monsieur M. est décédé des suites d’un polytraumatisme secondaire à une chute d’un point élevé. Des champignons partiellement digérés, identifiés comme étant des psilocybes, étaient présent dans l’estomac. Monsieur M. n’avait aucun antécédent médical ou psychiatrique connu, il était consommateur régulier de cannabis et de champignons hallucinogènes (psilocybes et amanites).

Méthode

Une analyse toxicologique a été réalisée sur les prélèvements autopsiques consistant en un dépistage immunochimique urinaire (amphétaminiques, cannabis, opiacés, cocaïne, buprénorphine), un criblage large sur le sang et le contenu gastrique par GC-MS et LC-DAD/MS et une recherche d’éthanol par HS-GC-FID. L’identification et la quantification du THC et de ses métabolites ont été réalisées par GC-MS/MS. Une recherche de toxiques végétaux a été effectuée par LC-HRMS. Le dosage de psilocine a été réalisé par GC-QTOF après extraction en phase solide.

Résultats

Le dépistage immunochimique urinaire s’est révélé positif pour le cannabis. Les concentrations sanguines correspondantes étaient : THC=1,3ng/mL, 11-OH-THC=0,5ng/mL et THC-COOH=1,9ng/mL. Les criblages larges n’ont conduit à l’identification d’aucune molécule, à l’exception de la caféine. L’éthanolémie était négative. La recherche spécifique de toxiques végétaux a attesté la présence de psilocine. Les concentrations mesurées étaient, respectivement, de 74ng/mL et 1007ng/mL dans le sang périphérique fémoral et l’urine.

Conclusion

Ce cas illustre la réalité de comportements dangereux sous influence de champignons hallucinogènes, finalement peu décrits dans la littérature scientifique. Le fait d’être un utilisateur régulier, de consommer dans un environnement connu et en présence d’un accompagnateur sobre ne met pas à l’abri des conséquences, pouvant être fatales, de ces agissements irrationnels.

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Vol 30 - N° 2S

P. S18 - juin 2018 Retour au numéro
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