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Leptospirose versus dengue : et si la CRP suffisait pour guider l’antibiothérapie devant une fièvre au retour ou en zone d’endémie ? Une étude cas-témoin appariée - 29/05/18

Doi : 10.1016/j.medmal.2018.04.058 
P. Le Turnier 1, T. Bonifay 2, E. Mosnier 2, D. Blanchet 2, A. Jolivet 3, M. Demar 2, M. Picardeau 4, F. Djossou 2, L. Epelboin 2
1 CHU de Nantes, Nantes, France 
2 Centre hospitalier de Andrée-Rosemon, Cayenne, Guyane 
3 Centre hospitalier de Franck Joly, Saint-Laurent du Maroni, Guyane 
4 Centre national de référence de la Leptospirose, Institut Pasteur, Paris, France 

Résumé

Introduction

La leptospirose et la dengue sont des maladies infectieuses tropicales au tableau clinique difficile à différencier. Un diagnostic erroné et l’absence d’antibiothérapie peut être préjudiciable en cas de leptospirose. L’objectif de ce travail était d’étudier les facteurs permettant de discriminer leptospirose et dengue à l’admission.

Matériels et méthodes

Étude observationnelle rétrospective cas/témoin, réalisée en Guyane. Les patients atteints de leptospirose (test de microagglutination et/ou PCR) entre 2007 et 2014 (cas) ont été comparés à des patients atteints de dengue (Ag NS1 positif) de l’épidémie de 2013 (3 témoins par cas, appariés sur l’âge). Les données recueillies à l’admission ont été comparées par analyse bivariée appariée. Pour limiter les biais liés au recueil des données cliniques, seules les données biologiques ont été analysées en modèle multivarié. Une analyse par courbe ROC a évalué les performances diagnostiques des facteurs identifiés.

Résultats

L’étude a porté sur 72 cas de leptospirose et 216 cas de dengue. Les critères démographiques et cliniques associés à la leptospirose étaient le sexe masculin (OR 5,3 ; 2,18–12,9) et la toux (OR 4,7 ; 2,4–8,9). La présence d’un exanthème (OR 0,06 ; 0,02–0,18), d’un purpura (OR 0,07 ; 0,01–0,48), de myalgies (OR 0,22 ; 0,12–0,40), de céphalées (OR 0,51 ; 0,27–0,95) était associée à la dengue. Les critères biologiques les plus discriminants en faveur de la leptospirose étaient : CRP>50mg/L (OR 168 ; 23,3–1212), leucocytes>10 G/L (OR 58,3 ; 7,8–432,8), Créatinine>120μmol/L (OR 19,8 ; 6,9–56,4), bilirubine totale>20μmol/L (OR 13,4 ; 4,6–39,0), CPK>2N (OR 6,54 ; 2,4–18,2), hémoglobine<10g/dL (OR 6,2 ; 2,4–16,3). Un taux de leucocytes<4 G/L (OR 0,1 ; 0,06–0,3) et de polynucléaires neutrophiles<1,5 G/L (OR 0,08 ; 0,01–0,6) était associé à la dengue.

En analyse multivariée la CRP (OR 141,3 ; 48,7–410,1) et la bilirubine totale (OR 7,6 ; 1,6–35,9) étaient indépendamment associés à la leptospirose. Le seuil de CRP à 50mg/L donnait une aire sous la courbe ROC de 0,92 avec sensibilité de 88,9 %, spécificité de 95,2 %, valeur prédictive positive de 86,5 % et négative de 96,1 %. L’ajout de la bilirubine totale n’augmentait pas la sensibilité.

Conclusion

La clinique seule ne permettait pas de différencier de façon satisfaisante la leptospirose de la dengue. En revanche la CRP, même prise isolément, était un marqueur robuste, sensible et spécifique pour discriminer la leptospirose de la dengue. Face à un syndrome dengue-like au retour ou en zone d’endémie, la CRP pourrait aider le clinicien à reconnaitre une leptospirose et débuter une antibiothérapie précoce. Ce marqueur simple et disponible en routine, nécessitera une validation externe dans de futures cohortes prospectives.

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Vol 48 - N° 4S

P. S18 - juin 2018 Retour au numéro
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