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Gardez un œil ouvert, la syphilis oculaire est de retour ! - 29/05/18

Doi : 10.1016/j.medmal.2018.04.236 
J. Raclot 1, L. Meddeb 1, J. Lagier 1, J. Conrath 2, A. Menard 3
1 IHU, Marseille, France 
2 Centre d’ophtalmologie Monticelli, Marseille, France 
3 IHU méditerranée infection, Marseille, France 

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Résumé

Introduction

Apres un NADIR historique d’incidence de la syphilis à 1 cas pour 100 000 en 1997, nous assistons depuis les années 2000 à la réémergence de nombreuses infections sexuellement transmises (IST) et plus particulièrement de la syphilis. Ses atteintes neurologiques et ophtalmologiques peuvent survenir à n’importe quel stade mais sont souvent sous-diagnostiquées en raison du polymorphisme de leurs symptômes.

Matériels et méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective clinicobiologique des atteintes oculaires au cours de la syphilis survenues entre le 01/01/2016 et le 01/01/2018, au sein de notre cohorte de 2300 patients VIH+, suivis via le dossier patient informatisé NADIS®.

Résultats

Nous rapportons ici l’émergence depuis 2 ans de 10 cas de syphilis oculaire (contre 3 cas entre 2014–2016) chez 9 patients VIH+, stade SIDA (n=4) de médiane d’âge de 42 ans (32–72), hétéro- (n=2) ou homosexuels masculins (n=7) et chez 1 femme de 30 ans séronégative pour le VIH hétérosexuelle (partenaire d’un patient VIH). Le délai moyen entre les premiers symptômes ophtalmologiques (baisse de l’acuité visuelle [BAV]) en moyenne à 6/10e [n=9] ; œil rouge [n=3] ; phosphènes [n=1] ; flou visuel [n=2]) et le diagnostic de syphilis oculaire (choriorétinite bilatérale [n=4] ; papillite uni- [n=1] ou bilatérale [n=1] ; uvéite postérieure [n=1] ou intermédiaire [n=1] ; névrite optique [NO], unilatérale [n=2]) était de 4,5 mois avec une médiane de 4 mois (extrêmes : 1–19 mois). Le test non tréponèmique (VDRL) était positif au 1:8, 1:16, 1:64, 1:128 ou 1:256 chez respectivement 1, 2, 2,1 et 4 des patients. Les LCR disponibles (2/10) montraient une hyperprotéinorachie avec une méningite lymphocytaire et un VDRL négatif. Un traitement a été réalisé par pénicilline G entre 18 à 24 millions d’UI durant 2 semaines pour 7 patients, par une injection intramusculaire (IM) hebdomadaire d’extencilline (benzathine pénicilline) pendant 3 semaines pour un et par ceftriaxone 2g IM durant 21jours pour deux patients. L’acuité visuelle finale était en moyenne à 9/10e après un suivi médian de 12 mois (6–24), excepté chez un patient avec une BAV à 1/10e évoluant depuis 19 mois sur NO qui n’a pas régressé malgré une négativité du VDRL après le traitement de référence. À 6 mois post-traitement, le VDRL était négatif chez seulement deux patients, avait diminué de 2 dilutions chez 6, et d’une chez 2.

Conclusion

Dépister et traiter précocement la syphilis permet de prévenir l’atteinte neurologique et de réduire la transmission sexuelle et verticale. Notre étude, dans le cadre de l’incidence actuelle élevée de syphilis, devrait inciter chaque infectiologue à demander un fond d’œil lors de la découverte d’une syphilis secondaire et chaque ophtalmologiste à demander une sérologie syphilis lors d’un fond d’œil pathologique non expliqué.

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Vol 48 - N° 4S

P. S94-S95 - juin 2018 Retour au numéro
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