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De la vaccination au dépistage : étude des liens entre les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et leur généraliste (étude HomoGen) - 29/05/18

Doi : 10.1016/j.medmal.2018.04.245 
G. Potherat 1, J. Tassel 2, O. Epaulard 3
1 Faculté de médecine de Bobigny, Bobigny, France 
2 Université Paris-Sorbonne CELSA, Paris, France 
3 CHU Grenoble-Alpes, Grenoble, France 

Résumé

Introduction

La population des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) en (4,1 % de la population masculine en France) a des spécificités en matière de santé, en particulier de maladies transmissibles (VIH, VHA, VHB, HPV, autres IST…). Ainsi, les autorités de santé recommandent des actions de prévention et de dépistage à l’attention de cette population. Pour que ces actions aient lieu, il est nécessaire que les personnes mentionnent leur orientation sexuelle à l’un des acteurs de première ligne : leur médecin généraliste. L’objectif principal de notre étude était donc de savoir si les HSH mentionnaient leur orientation sexuelle (OS) à leur médecin traitant (MT), et si les actions de santé (vaccination, conseil, dépistage) étaient alors adaptées. L’objectif secondaire était de comprendre les facteurs associés à la mention ou non de l’OS.

Matériels et méthodes

L’étude a été réalisée sur 10 mois (mai 2016–février 2017) et a permis de recruter 1879 participants anonymes pour une première partie (questionnaire en ligne), puis 13 participants pour des entretiens semi-dirigés.

Résultats

Au total, 1879 questionnaires étaient analysables (âge : 35,7±11 ans [15–80]).

Pour l’objectif principal, 87,3 % des participants avaient un MT, et celui-ci connaissait leur OS dans 58 % des cas. La prise en charge médicale était meilleure si le MT était au courant de l’OS (p<0,001 à chaque fois) :

– l’information sur les IST était plus fréquemment réalisée (66,3 % vs 26,3 %) ;

– la vaccination contre l’hépatite A était plus fréquemment proposée (26,7 % vs 15,6 %) ;

– le dépistage pour les IST était plus fréquemment proposé (72,6 % vs 41,3 %).

Pour l’objectif secondaire, les facteurs associés à la mention de l’OS étaient : l’âge (la fréquence de la mention augmentait avec l’âge), le fait de résider en Île-de-France, le fait d’avoir mentionné son l’OS à ses parents, le fait d’être à l’aise avec son OS, et un nombre de partenaire(s) sexuel(s) supérieur à 10 sur les 6 derniers mois. La modalité de la mention était majoritairement (81,4 %) à l’initiative du participant. Les facteurs associés au fait que la mention de l’OS ait été faite à l’initiative du participant étaient un âge plus élevé, et le fait d’être en couple. Les freins à la mention de l’OS étaient le fait que la sexualité ne soit pas abordée en consultation par le MT, le fait que selon certains participants l’OS ne concernait pas le médecin, le fait qu’un membre de la famille ne connaissant par l’OS du participant consulte le même médecin traitant, ou le fait que l’espace de parole soit insuffisant.

Conclusion

La prise en charge médicale (prévention, dépistage) des HSH en médecine générale est meilleure lorsque le MT connaît l’OS de son patient. Les médecins doivent favoriser un climat d’écoute bienveillante permettant que les patients abordent le sujet de leur OS.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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Vol 48 - N° 4S

P. S98 - juin 2018 Retour au numéro
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  • Une unité spécifique pour faciliter la prise en charge des IST dans une approche globale de santé sexuelle : un objectif de santé publique
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