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Intérêt de l’analyse toxicologique dans la prise en charge des transporteurs intracorporels de drogues : à propos de deux cas - 05/10/18

Interest of toxicological data in medical management of intracorporeal drugs carriers: Two case reports

Doi : 10.1016/j.toxac.2018.09.002 
Marion Soichot a, Céline Pang a, Hervé Gourlain a, Emmanuel Bourgogne a, Brigitte Delhotal a, Pascal Houze b, Bruno Megarbane c, Laurence Labat a,
a Laboratoire de toxicologie biologique, hôpital Lariboisière, 2, rue Ambroise Paré, 75010 Paris, France 
b Laboratoire de biochimie, hôpital Necker, 149, rue de Sèvres, 75015 Paris, France 
c Service de réanimation médicale et toxicologique, hôpital Lariboisière, 2, rue Ambroise Paré, 75010 Paris, France 

Auteur correspondant.
Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le vendredi 05 octobre 2018

Résumé

La cause de complications et de décès la plus fréquente chez les transporteurs de drogues intracorporels est la toxicité par rupture des boulettes ou paquets ingérés. La prise en charge du patient peut être adaptée en fonction de l’état clinique, des résultats de la radiologie et du bilan toxicologique. Nous rapportons deux cas dans une même affaire, illustrant l’intérêt de l’analyse toxicologique. Une étude rétrospective entre janvier 2010 et juin 2018 décrit quelques données actuelles sur des transporteurs intracorporels nécessitant une hospitalisation dans un service de réanimation. Deux jeunes hommes ayant ingéré a priori des petits ballots d’aspect identique pour dissimulation pendant leur interpellation par la police, ont nécessité des hospitalisations séparées. Monsieur LR (20 ans) est pris en charge pour arrêt cardio-respiratoire par un service de réanimation. Sur les 50 petits ballots estimés ingérés, 30 sont recrachés immédiatement. Il élimine les autres par voies orale et rectale pendant l’hospitalisation. Des prélèvements urinaires et sanguins ainsi que trois ballots sont analysés par le laboratoire. Il décède à J14 des suites d’une encéphalopathie post-anoxique. Monsieur NC (13 ans) sans antécédents médicaux est hospitalisé dans un service médico-chirurgical pédiatrique suite à l’ingestion de 20 ballots similaires. Il est asymptomatique à l’entrée et 11 sachets sont visualisés et retirés par endoscopie gastrique en urgence. Seuls des échantillons urinaires et deux ballots sont analysés. Il est hospitalisé pendant 5jours avant d’être remis aux autorités de police. Le bilan d’entrée toxicologique de Monsieur LR (screenings urinaire immunologique et plasmatique par LC-MS/DAD) est négatif. Pour Monsieur NC, seule la cocaïne urinaire est dépistée par bandelette (SureStep™ Multi-Drug) jusqu’à J3. L’analyse des ballots expulsés permet de confirmer la présence de cocaïne dans les deux cas en présence d’un ou plusieurs produits de coupe : phénacétine dans le cas de Monsieur LR et phénacétine, caféine et lévamisole dans le cas de Monsieur NC. Le suivi de l’élimination de la cocaïne pour Monsieur LR n’a mis en évidence à aucun moment la présence de son métabolite, la benzoylecgonine (BZE) dans les prélèvements biologiques. Ces résultats contribuent à orienter rapidement les cliniciens vers une cause d’arrêt cardiaque non toxique. Pour Monsieur NC, l’absence de conséquences cliniques et la négativation de la présence de BZE dans les urines au bout de 72h ont permis une sortie du patient après 5jours d’hospitalisation. L’analyse toxicologique montrait également que dans une même affaire, des boulettes visuellement identiques n’étaient pas constituées par les mêmes produits de coupe et étaient donc vraisemblablement d’origine différente. L’étude rétrospective décrit 44 patients hospitalisés en réanimation dans le cadre d’une prise en charge en tant que transporteurs intracorporels. Environ 20 % étaient des consommateurs habituels (cannabis et/ou cocaïne). En somme, 63,6 % avaient été interpellés dans les aéroports parisiens et l’hospitalisation avait alors duré 3jours (valeur médiane) avec un suivi toxicologique toutes les 12h. Environ 46 boulettes (valeur médiane avec un maximum de 129 boulettes) contenant de la cocaïne dans 77,3 % des cas, ont été récupérées chez les porteurs hospitalisés. Dans 75 % des cas, la récupération a été faite par voie basse. Le bilan toxicologique d’entrée montrait que 43,2 % des patients étaient positifs en cocaïne et 20,4 % en cannabis.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

Intracorporeal drug carriage may lead to potential life-threatening complications with acute overdose syndromes and death due to ruptured package and intestinal obstruction. Patient management may be adjusted based on clinical symptoms, radiological examination and toxicological data. We describe two case reports of body stuffers in the same arrest by the police that highlights the value of toxicological analysis for the medical management of the patients. A retrospective study, between January 2010 and June 2018 brings additional data related to intracorporeal drug carriers requiring intensive care. To avoid an encounter with the police, two men have ingested some similar small-sized packages and were hospitalized in two different ICU. Mr LR (20-year-old) was admitted into an intensive care unit following cardiopulmonary arrest after ingestion. Of the 50 ingested estimated packages, 30 were immediately spit out and the others were removed through oral and rectal ways. Toxicological analyses were performed on plasma, urine and on three packages. The patient died 14 days after his hospitalization due to a hypoxic encephalopathy. Mr NC (13-year-old) was admitted in a pediatric ICU following ingestion of 20 similar packages. He was asymptomatic and 11 packages were visualized and removed by gastric endoscopy. Only urine and two packages were investigated for toxicological analysis. He had been hospitalized for 5 days before being handed over to the police. For Mr LR, analytical screening procedure with LC-MS/DAD (plasma) and immunological tests (urine) were negative. For Mr NC, positive results for cocaine were observed during three days with immunochromatography analysis (SureStep™ Multi-Drug). In both cases, toxicological analysis of little packages has identified cocaine with phenacetine for Mr LR and cocaine with phenacetine, caffeine and levamisole for Mr NC. Negative results obtained with the monitoring of urinary cocaine elimination for Mr LR oriented medical diagnosis of cardiopulmonary arrest with non-toxic etiology. These results can be explained by the quality of the little packages. For Mr NC, the absence of clinical symptoms and the negative results after 72h of monitoring, allow discharge of the patient. Toxicological analysis revealed different composition for similar packages and provided further information about manufacturing methods. In a retrospective study, a total of 44 patients suspected of body packing or body stuffing were admitted to reanimation medical unit in Lariboisière hospital. 20% were regular drug users (cannabis and/or cocaine). In total, 63.6% of the intracorporeal drug carriers were arrested in Paris airports and medical management in reanimation unit was necessary during 3 days (median value) with toxicological monitoring every 12hours. The median number of packages ingested was 46 (maximum 129) and the main illegal carried substance was cocaine (77.3%). 75% of them were evacuated spontaneously. Toxicological results in plasma or urine were mainly positive for cocaine (43.2%) and for cannabinoids (20.4%).

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Cocaïne, Transporteurs intracorporels, Dépistage

Keywords : Cocaine, Intracorporeal drug carriers, Detection


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