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Réduction de consommation tabagique et abstinence temporaire : de nouvelles approches pour l'arrêt du tabac

Doi : JMV-12-2003-28-5-0398-0499-101019-ART8 

J. Le Houezec [1],

U. Säwe [1]

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Résumé

Réduction de consommation tabagique et abstinence temporaire : de nouvelles approches pour l'arrêt du tabac.

Le tabagisme est une cause importante de morbidité et de mortalité, car ce comportement est très répandu et les risques de maladies qui y sont associés sont très élevés. Les traitements actuels n'aident que les fumeurs motivés qui sont prêts à s'arrêter, mais pas la vaste majorité des fumeurs qui sont encore dans les stades d'indétermination ou d'intention et qui ne sont ni prêts, ni volontaires à l'arrêt du tabac. Puisque le tabagisme tue 50 % de ses consommateurs réguliers, dont la moitié de ceux-ci prématurément, toute mesure supplémentaire qui pourrait réduire la mortalité ou la morbidité associées à ce comportement se doit d'être prise en compte. La réduction de la consommation sans aide débouche la plupart du temps sur un phénomène de compensation de la part du fumeur, qui est capable de modifier sa façon de fumer pour maintenir sa nicotinémie constante. Seule l'utilisation de substituts nicotiniques permet une réelle réduction de la consommation de cigarettes (et des substances toxiques de combustion), sans compensation. Leur utilisation permet de réduire considérablement les symptômes de sevrage et le « craving » associés à l'abstinence « partielle » ou temporaire, et ainsi réduire efficacement le nombre de cigarettes fumées par jour, et ceci jusqu'à une durée de 2 ans (limite des études actuelles). Les données recueillies dans les études sur la réduction de consommation montrent une amélioration des paramètres ayant un impact sur la santé ; les facteurs de risque cardiovasculaires et les paramètres hématologiques vont dans le sens d'une amélioration, et la fonction pulmonaire est améliorée. De plus, la réduction semble pouvoir motiver certains fumeurs à l'arrêt alors qu'ils ne l'étaient pas en commençant leur réduction. Ceci montre clairement que la réduction peut être une étape vers l'arrêt définitif. Plutôt que de minimiser les tentatives d'arrêt, la réduction semble augmenter la motivation de sevrage définitif. En encourageant l'utilisation de la réduction de consommation, il est nécessaire de rappeler au fumeur que l'arrêt définitif est le but ultime, mais les fumeurs qui ne sont pas prêts à l'arrêt ont besoin de progresser lentement le long du modèle théorique de changement de comportement avant de devenir réceptifs aux messages d'arrêt.

Abstract

Smoking reduction and temporary abstinence: new approaches for smoking cessation.

Tobacco use causes enormous morbidity and mortality because of the high risk of smoking-related diseases and the high prevalence of cigarette smoking. Existing smoking cessation methods only help motivated smokers who are ready to quit, but the vast majority of smokers are pre-contemplators who are neither ready nor willing to attempt to quit. This means that a high proportion of smokers are not adequately served by current strategies for treating tobacco dependence. As cigarettes prematurely kill 50% of long-term users, any additional measure that may reduce death or illness should be given serious consideration. Many addicted smokers are now forced to live and work much of their life in environments in which smoking is prohibited. Most smokers are dependent on nicotine and abstinence from smoking results in tobacco withdrawal and craving, which manifest as clinical symptoms within a few hours of smoking the last cigarette. Craving and withdrawal symptoms can be controlled by supplying nicotine from sources other than cigarettes, such as Nicotine Replacement Therapy (NRT). Clinical studies of short-term abstinence show that all NRT formulations relieve tobacco withdrawal symptoms and craving. Most unaided attempts to decrease health risks by reducing smoking fail because smokers revert to their 'usual' nicotine intake. However, using NRT to reduce smoking allows smokers to reduce their cigarette consumption (and intake of toxic substances in smoke) while maintaining their nicotine dose. Data suggest that smokers who use NRT can significantly reduce the withdrawal symptoms and craving caused by abstaining from cigarettes, and thereby reduce the number of cigarettes/day and maintain these reductions for up to 2 years. The data also indicate that, despite some compensatory smoking behaviour, reduced smoking with NRT results in decreased toxin exposure. In smoking reduction studies, this translated into an improvement in variables that impact on health: cardiovascular risk factors and haemorheology parameters moved towards more healthy (i.e. non-smoker) levels, and pulmonary function improved. The improvements in established cardiovascular risk factors provide objective proof that exposure reduction translates into clinically meaningful health benefits. Furthermore, the known reversibility of many smoking-induced diseases, the mainly linear dose-effect curve and the absence of any indication of threshold effects suggest that additional health benefits may result from smoking reduction.

Even more importantly, smoking reduction may move smokers along the behavioural model towards the ultimate goal — stopping smoking. In all three large smoking reduction studies, a number of subjects who were unwilling or unable to stop smoking at baseline were abstinent at 4 months and 1 and 2 years, which clearly supports the concept of smoking reduction as a step towards abstinence. Rather than undermining cessation, smoking reduction appears to increase motivation to quit. The importance of allowing smokers to gradually take control of their smoking was reflected by the increasing point prevalence abstinence rates seen in the long-term studies. When encouraging smoking reduction, it should clearly be emphasised that complete cessation remains the ultimate goal, but smokers in the precontemplation stage need to progress along the behavioural model before becoming receptive to messages about quitting.

In conclusion, the evidence presented in this review supports reduced smoking as a legitimate treatment approach that could be pursued by those smokers who are currently unable or unwilling to quit. Sustained smoking reduction can be achieved and maintained with NRT. The corresponding reduction in exposure is associated with tangible health benefits, measured using surrogate markers. Smoking reduction also promotes abstinence in smokers who are unable or unwilling to quit smoking abruptly. NRT is well tolerated for smoking reduction, and nicotine intake does not increase during concomitant use of NRT and smoking.


Mots clés : Tabagisme , Nicotine , Arrêt du tabac , Abstinence

Keywords: Tobacco smoking , Nicotine , Smoking cessation , Withdrawal


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Vol 28 - N° 5

P. 293-300 - décembre 2003 Retour au numéro
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