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Insertion dans les soins après une première hospitalisation dans un secteur pour psychose  

Doi : ENC-10-2006-32-5-0013-7006-101019-200630110 

C. Bonsack [1],

T. Pfister [1],

P. Conus [1]

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Résumé

La première hospitalisation pour un trouble psychotique survient dans un moment de détresse pour le patient et ses proches. Elle permet d’assurer des soins aigus et une investigation diagnostique approfondie. Toutefois, l’insertion ultérieure dans les soins ambulatoires reste souvent difficile, et constitue ensuite un enjeu essentiel. Objectif – Évaluer les facteurs de prédiction de l’adhésion au traitement ambulatoire après une première hospitalisation psychiatrique pour un épisode psychotique, en l’absence d’une filière intégrée verticalement pour les psychoses débutantes. Méthode – Étude rétrospective sur dossier de deux échantillons successifs : (1) comparaison des données sociodémographiques des patients entre 18 et 30 ans hospitalisés pour la première fois en 2000 pour un trouble psychotique ou non psychotique et (2) examen des facteurs d’insertion dans les soins ambulatoires sur la base d’un questionnaire standardisé pour les patients avec un diag­nostic principal de psychose adressés dans le secteur pour traitement. Résultats – 230 premières hospitalisations de patients de moins de 30 ans, dont 52 pour un trouble psychotique ont été recensées dans la période de l’étude. Comparés aux patients non psychotiques, les patients hospitalisés pour la première fois dans le contexte d’un trouble psychotique sont plus souvent de sexe masculin (83 % vs 49 %), sont plus souvent hospitalisés de manière non volontaire (53 % vs 22 %) et ont une durée d’hospitalisation plus longue (24 vs 14 jours) (p ≪ 0,0001). Les autres données socio-démographiques sont similaires entre les deux groupes. Sur les 42 patients souffrant de psychose et restant dans le secteur pour traitement ambulatoire après l’hospitalisation, 20 patients (48 %) ne se rendent pas au rendez-vous fixé après la sortie. Les facteurs associés à la présence au rendez-vous sont l’hospitalisation volontaire, un contact avec un service psychiatrique de plus de trois mois avant l’admission, ou une idéation suicidaire avant l’admission. La discussion du diagnostic avec le patient en cours d’hospitalisation, la construction d’un plan de traitement en collaboration entre les équipes hospitalière et ambulatoire, l’initiation du traitement ambulatoire durant l’hospitalisation, et l’élaboration des projets concrets avec le patient dans les domaines des besoins de base (logement, finances ou occupation), d’activités de la vie quotidiennes ou de psychoéducation sont autant d’éléments associés avec une bonne insertion ultérieure dans les soins. Discussion – Trop de jeunes patients n’adhèrent pas au traitement ambulatoire après une première hospitalisation pour un trouble psychotique, alors qu’une continuité des soins est fondamentale pour limiter le risque de rechute. Les caractéristiques des patients semblent jouer un rôle moins important que les services dans le développement de l’adhésion au traitement ambulatoire. Ce constat soutient le développement de programmes d’informations sur le diagnostic durant les soins aigus hospitaliers, l’utilisation de techniques de liaison lors de la première admission telles que les contacts et les traitements conjoints avec l’équipe ambulatoire durant l’hospitalisation, et la mise en route pour ces patients d’un suivi systématique dans le milieu, basé sur un soutien concret dans la vie quotidienne, débutant durant l’hospitalisation.

Abstract

Linkage to care after first hospitalisation for psychosis

Background.First hospitalisation for a psychotic episode causes intense distress to patients and families, but offers an opportunity to make a diagnosis and start treatment. However, linkage to outpatient psychiatric care remains a notoriously difficult step for young psychotic patients, who frequently interrupt treatment after hospitalisation. Persistence of symptoms, and untreated psychosis may therefore remain a problem despite hospitalisation and proper diagnosis. With persisting psychotic symptoms, numerous complications may arise : breakdown in relationships, loss of family and social support, loss of employment or study interruption, denial of disease, depression, suicide, substance abuse and violence. Understanding mechanisms that might promote linkage to outpatient psychiatric care is therefore a critical issue, especially in early intervention in psychotic disorders. Objective.To study which factors hinder or promote linkage of young psychotic patients to outpatient psychiatric care after a first hospitalisation, in the absence of a vertically integrated program for early psychosis. Method.File audit study of all patients aged 18 to 30 who were admitted for the first time to the psychiatric University Hospital of Lausanne in the year 2000. For statistical analysis, χ2 tests were used for categorical variables and t-test for dimensional variables ; p ≪ 0.05 was considered as statistically significant. Results.230 patients aged 18 to 30 were admitted to the Lausanne University psychiatric hospital for the first time during the year 2000, 52 of them with a diagnosis of psychosis (23 %). Patients with psychosis were mostly male (83 %) when compared with non-psychosis patients (49 %). Furthermore, they had (1) 10 days longer mean duration of stay (24 vs 14 days), (2) a higher rate of compulsory admissions (53 % vs 22 %) and (3) were more often hospitalised by a psychiatrist rather than by a general practitioner (83 % vs 53 %). Other socio-demographic and clinical features at admission were similar in the two groups. Among the 52 psychotic patients, 10 did not stay in the catchment area for subsequent treatment. Among the 42 psychotic patients who remained in the catchment area after discharge, 20 (48 %) did not attend the scheduled or rescheduled outpatient appointment. None of the socio demographic characteristics were associated with attendance to outpatient appointments. On the other hand, voluntary admission and suicidal ideation before admission were significantly related to attending the initial appointment. Moreover, some elements of treatment seemed to be associated with higher likelihood to attend outpatient treatment : (1) provision of information to the patient regarding diagnosis, (2) discussion about the treatment plan between in- and outpatient staff, (3) involvement of outpatient team during hospitalisation, and (4) elaboration of concrete strategies to face basic needs, organise daily activities or education and reach for help in case of need. Conclusion.As in other studies, half of the patients admitted for a first psychotic episode failed to link to outpatient psychiatric care. Our study suggests that treatment rather than patient’s characteristics play a critical role in this phenomenon. Development of a partnership and involvement of patients in the decision process, provision of good information regarding the illness, clear definition of the treatment plan, development of concrete strategies to cope with the illness and its potential complications, and involvement of the outpatient treating team already during hospitalisation, all came out as critical strategies to facilitate adherence to outpatient care. While the current rate of disengagement after admission is highly concerning, our finding are encouraging since they constitute strategies that can easily be implemented. An open approach to psychosis, the development of partnership with patients and a better coordination between inpatient and outpatient teams should therefore be among the targets of early intervention programs. These observations might help setting up priorities when conceptualising new programs and facilitate the implementation of services that facilitate engagement of patients in treatment during the critical initial phase of psychotic disorders.


Mots clés : Premier épisode psychotique , Programme thérapeu­tique; Psychose , Schizophrénie , Sortie patient.

Keywords: First episode psychosis , Patient care planning , Patient discharge , Psychotic disorders , Schizophreni.


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Vol 32 - N° 5-C1

P. 679-685 - octobre 2006 Retour au numéro
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