Les infections osseuses d'origine fongique sont rares. On distingue d'une part les infections à champignons cosmopolites (Candida spp., Aspergillus spp., Cryptococcus spp.), et d'autre part les infections à champignons « exotiques » qui ont une répartition géographique limitée (Histoplasma spp., Blastomyces spp., Coccidioides spp.). L'atteinte ostéoarticulaire peut faire suite à une dissémination par voie sanguine, ou être secondaire à une inoculation du champignon dans la peau avec extension de proche en proche.
Les signes cliniques sont variés et l'évolution est généralement subaiguë. Les lésions radiologiques sont peu spécifiques. Le diagnostic doit donc être évoqué sur certains terrains (patient immunodéprimé et/ou patient ayant fait un séjour prolongé en zone tropicale) en présence d'une infection subaiguë sans germe isolé et ne répondant pas aux antibiotiques. Il est confirmé par la mise en évidence du champignon dans les prélèvements ostéoarticulaires ou d'autres sites, soit à l'examen direct, soit en culture ou sur des biopsies, après colorations spéciales. Des sérologies sont disponibles et peuvent contribuer au diagnostic pour certains champignons, mais ont surtout un intérêt dans le cadre de la surveillance évolutive.
Le traitement initial fait appel aux antifongiques et en général à une exérèse chirurgicale. Le plus souvent, l'amphotéricine B reste le traitement de référence des infections sévères ou disséminées du patient immunodéprimé. Mais le développement de nouveaux antifongiques systémiques, efficaces et bien tolérés (azolés), a apporté des alternatives thérapeutiques actuellement validées.
Les échinocandines, comme la caspofungine, ont une indication dans les aspergilloses invasives réfractaires.
Les azolés sont les molécules de choix pour le traitement d'entretien des infections ostéoarticulaires d'origine fongique.