Près de 30 000 handicapés dans la rue, du jamais vu ! Les images coups-de-poing ont fait le tour des médias. En fauteuil roulant ou avec des béquilles, canne blanche à la main ou chien d’aveugle au bout d’une laisse, ils ont battu le pavé parisien, le 29 mars, de la place de la République à la place de l’Opéra, à l’appel du collectif « Ni pauvres ni soumis ». Pour cette manifestation "historique", le collectif lancé en novembre par l’Association des paralysés de France (APF) et regroupant une centaine d’associations, avait affrété 13 trains, 5 avions et 700 autocars et minibus… Venus de toute la France, arborant pancartes et banderoles aux couleurs jaune et noir du collectif, les manifestants ont crié leur révolte et réclamé un revenu d’existence décent à hauteur du smic brut (1 280 €). Car ils sont 810 000 à vivre, ou plutôt survivre, avec la seule allocation adultes handicapés (AAH), c’est-à-dire exactement 628,10 €, près de 200 € de moins que le très officiel seuil de pauvreté (817 €).
Et la hausse de 5 % de l’AAH, opportunément annoncée quelques jours avant par le Président de la République, n’a pas désarmé le mouvement : 30 € de plus par mois, un par jour, le compte n’y est pas. Comme pour le minimum vieillesse, d’ailleurs…
Sans doute le Gouvernement répondra-t-il que les caisses de l’Etat sont vides, mais le collectif a su montrer sa capacité à mobiliser…