Introduction. – La littérature rapporte l’imparfaite prise en charge (Pec) de la douleur dans les services d’urgences (concept d’oligo-analgésie). Afin d’analyser la pratique en la matière aux urgences et l’impact d’une mise en place d’un protocole, une étude de démarche qualité de la douleur (Dequad) a été menée en 2007.
Méthodes. – Cette étude a comme objectif principal d’identifier la réalité de la Pec de la douleur avant et après intervention. Chaque audit réalisé en février et en décembre comporte deux parties à savoir une enquête sur dossier et une auprès des malades. Cinquante dossiers dans chaque secteur (médical et traumatologique) ont été sélectionnés selon un algorithme préétabli et le recueil a été réalisé par les infirmières appartenant au groupe « douleur ». Dans un deuxième temps, 100 patients (50 dans chaque secteur) ont été interrogés après consentement et ont répondu à une liste d’items relatifs à la Pec de la douleur. En juillet 2007, un protocole de Pec de la douleur a été instauré et diffusé et une sensibilisation des équipes concernant la Pec précoce de la plainte algique du patient et ses modalités a été conduite.
Résultats. – En février, l’analyse des dossiers rapporte que la douleur est évaluée dans 80 % des cas à l’admission du patient. L’efficacité du traitement antalgique n’est évaluée que chez 40 % des patients, alors que le patient n’est questionné à sa sortie que dans 30 % des cas. L’échelle visuelle analogique (Eva) a été la plus souvent utilisée (75 %). Concernant la thérapeutique, le paracétamol est le plus prescrit (50 % des antalgiques). Les morphiniques sont peu utilisés. L’enquête auprès des patients révèle que 65 % d’entre eux sont interrogés sur leur plainte algique dès l’admission et qu’un antalgique est proposé dans 75 % des cas. De plus, on constate une diminution de 25mm de l’Eva après traitement alors que la littérature admet qu’une variation de plus de 20mm est significative. Enfin, 50 % des patients sont satisfaits de la Pec de leur douleur alors que 10 % en sont mécontents.
Conclusion. – Au terme de la première étape, on constate que la douleur est précocement évaluée et sa Pec est rapide. Le point noir est représenté par la trop faible proportion de l’évaluation de la plainte algique après traitement antalgique et à la sortie des patients. Les objectifs de la deuxième étape sont d’étudier l’impact d’une sensibilisation et de l’introduction d’un protocole et d’identifier les axes qui restent à améliorer.