|
G. Pouessel 1, 2, R. Damie 1, B. Soudan 3, J. Weill 4, F. Gottrand 1, D. Turck 1, 
1 Unité de gastroentérologie, hépatologie et nutrition, clinique de pédiatrie, faculté de médecine et hôpital Jeanne-de-Flandre, 2, avenue Oscar-Lambret, 59037 Lille cedex, France 2 Service de pédiatrie, pavillon médico-chirurgical de pédiatrie, centre hospitalier de Roubaix, 11, boulevard Lacordaire, 59056 Roubaix, France 3 Laboratoire de biochimie, Eurasanté, CHRU de Lille, 59037 Lille cedex, France 4 Unité d’endocrinologie et diabétologie, clinique de pédiatrie, hôpital Jeanne-de-Flandre, 2, avenue Oscar-Lambret, 59037 Lille cedex, France
Auteur correspondant.Le déficit en iode reste aujourd’hui un problème de santé publique, surtout dans les pays en développement, mais également dans certains pays industrialisés. Les objectifs de notre étude étaient les suivants : (1) évaluer le statut en iode d’enfants âgés de moins de 1 an, dans la région Nord ; (2) rechercher des facteurs de risque de carence en iode ; (3) évaluer la répercussion d’un éventuel déficit en iode sur la fonction thyroïdienne. L’étude était prospective, entre le 1er janvier et le 31 mai 2005, et concernait tous les enfants de moins de 1 an vus dans le secteur de pédiatrie polyvalente au CHRU de Lille. Quatre-vingt-quinze (83 %) des 114 enfants de moins de 1 an hospitalisés pendant cette période ont eu un dosage de l’iodurie sur un échantillon d’urines et 57 (60 %) des 95 nourrissons ont eu un dosage de TSH dans le cadre d’un bilan sanguin prévu indépendamment de notre étude. La médiane de l’iodurie était de 328μg/L (extrêmes : 12–1580). Vingt-quatre (25 %) nourrissons avaient un excès en iode (iodurie supérieure à 400μg/L). Dix-neuf (20 %) enfants avaient un déficit en iode (iodurie inférieure à 100μg/L) réparti de la façon suivante : carence en iode (iodurie inférieure à 20μg/L ; n =5 ; 5 %), déficit modéré en iode (iodurie entre 20 et 49μg/L ; n =6 ; 6 %), déficit faible en iode (iodurie entre 50 et 99μg/L ; n =8 ; 8 %). L’analyse statistique n’a pas mis en évidence de lien significatif entre le statut en iode et les paramètres suivants : antécédents familiaux de maladie thyroïdienne, prise de médicaments par la mère pendant la grossesse, terme de la grossesse, mode d’accouchement, catégorie socioprofessionnelle des parents, âge, sexe, mode d’alimentation et statut nutritionnel de l’enfant, existence d’une maladie chronique. Le taux de TSH était élevé (supérieur à 5μU/mL) dans 7 (12 %) des 57 cas. Un seul de ces 7 nourrissons avait un déficit en iode. Parmi les 19 nourrissons ayant un déficit en iode, un seul avait une élévation anormale de la TSH. Le statut en iode n’est pas optimal dans cette population d’enfants de moins de 1 an. Il n’y a néanmoins pas d’argument en faveur d’une association à une hypothyroïdie patente. Iodine deficiency remains a major public health problem mainly in least-developed countries but also in many industrialized countries. The present study aimed at: (1) evaluating the status of iodine nutrition of children until 1 year in the North region of France; (2) studying risk factors for iodine deficiency; (3) evaluating relationship between iodine deficiency and thyroid disorders. This prospective study was conducted between 1st january and 31st May 2005 in the childrenʼs hospital of Lille (North of France) and all hospitalized children until the age of 1 year were enrolled. Urinary iodine assessment was obtained for 95 (83%) of the 114 infants hospitalized during the study period and TSH value was also determined in 57 (60%) of these 114 infants. Median urinary iodine concentration was 328μg/L (range: 12–1580). Twenty-four (25%) of 95 infants had a high urinary iodine excretion (urinary iodine greater than 400μg/L). Nineteen (20%) of the 95 infants were iodine deficient (urinary iodine less than 100μg/L): severe iodine deficiency (less than 20μg/L; n =5; 5%), moderate iodine deficiency (20–49μg/L; n =6; 6%), mild iodine deficiency (50–99μg/L; n =8; 8%). No relationship was found between iodine status and the following data: age, sex, familial thyroid disease history, term and type of delivery, nutritional status, type of feeding at inclusion, chronic disease, familial socioeconomic status. TSH value was high (greater than 5μU/mL) in 7 (12%) of the 57 infants. Only 1 of these 7 infants was iodine deficient. Only 1 of the 19 infants with iodine deficiency had a high TSH value. Iodine status is not optimal in our population of hospitalized children until the age of 1 year. There is no clear relationship between iodine status and thyroid function.
Mots clés : Iode, Carence, Iodurie, Hormones thyroïdiennes, Hypothyroïdie
|