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La sécurité virale des médicaments d’origine biologique

Doi : 10.1016/j.pharma.2008.05.004  

F. Barin

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Résumé

Les crises sanitaires survenues dans les années 1980 ont dramatiquement contribué à la prise de conscience des risques iatrogènes liés aux médicaments d’origine biologique et, ainsi, au développement du concept de sécurité virale de ces médicaments, qu’ils soient d’origine humaine, avec notamment les médicaments dérivés du sang (MDS), animale ou issus des biotechnologies (produits par des cellules eucaryotes). La sécurité virale des médicaments repose sur trois éléments : la qualité de la matière première, le procédé de fabrication qui inclue des étapes aptes à éliminer ou à inactiver les virus et, éventuellement, les contrôles des produits intermédiaires ou finis. La qualité de la matière première est désormais aisément garantie, pour les MDS, par le screening des dons de sang ou de plasma (screening individuel ou en pool) pour les marqueurs directs (antigènes, génomes) et indirects (anticorps) de virus majeurs. La succession d’étapes de purification des principes actifs (étapes de partition), d’étapes d’inactivation des virus (traitement solvant–détergent, chauffage) et d’étapes dédiées spécifiquement à l’élimination des virus (nanofiltration) au cours du procédé de fabrication permet de réduire considérablement le risque viral. Cette réduction peut être estimée quantitativement lors des études de validation par épreuves de surcharge à échelle réduite. Les contrôles virologiques sur produits intermédiaires ou sur produits finis permettent de conforter la sécurité virale d’un médicament lorsque les contributions des deux premiers éléments, qualité de la matière première et procédé de fabrication, paraissent insuffisants. Le développement des principes et des techniques de sécurisation des médicaments d’origine biologique permet désormais de garantir au mieux l’absence d’infectiosité liée à des virus connus mais également, par anticipation, de garantir l’absence d’infectiosité liée à des virus inconnus.

Summary

The viral safety of biologicals, either human blood derivatives or animal products or recombinant proteins issued from biotechnology, relies on the quality of the starting material, the manufacturing process and, if necessary, the control of the final product. The quality of the starting material is highly guaranteed for blood derivatives due to the individual screening for specific markers (antigens, genome, antibodies) for major blood borne viruses such as hepatitis B and C viruses (HBV, HCV) and human immunodeficiency virus (HIV). It can be reinforced by the detection through amplification procedures (polymerase chain reaction) in the plasma pool of genomes from viruses that have been implicated in contaminations of blood derivatives in the past (parvovirus B19, hepatitis A virus). The association in the manufacturing process of different steps dedicated to purification of plasma proteins (partitioning), virus inactivation (solvent/detergent treatment, heat inactivation) or specific procedures allowing virus removal (nanofiltration) allows to reduce the viral risk very efficiently. The validation studies using scaled down systems and model viruses allow to evaluate the virus safety of any product quantitatively. The aim of these procedures is to guarantee the lack of infectivity due to any virus, either known or unknown.


Mots clés : Sécurité virale, Protéines thérapeutiques, Inactivation

Keywords : Viral safety, Biologicals, Inactivation


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Vol 66 - N° 3

P. 129-139 - juin 2008 Retour au numéro
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