L’oxygène, principal fluide utilisé en médecine, a été découvert par Joseph Priestley le 1er août 1774. C’est seulement en 1868 qu’il fut utilisé pour une anesthésie dentaire. Les fluides médicaux font aujourd’hui partie de notre arsenal thérapeutique dans plusieurs disciplines dont essentiellement l’anesthésie, la réanimation, la pneumologie et l’analgésie. Dans ce numéro, le point est fait sur leur utilité en clinique humaine. Le premier article est consacré à l’oxygénothérapie longue durée (OLD) – dans les affections respiratoires, principalement la BPCO – qui va bénéficier de progrès technologiques permettant de concilier qualité de vie, déambulation et contraintes économiques. Des études coût/efficacité de ces traitements sont nécessaires.
Le second article passe en revue propriétés biophysiques, mode d’utilisation, effets indésirables, toxicité et interactions possibles avec ces fluides. L’oxygène médical est le plus utilisé. Sous forme normobare, la correction de l’hypoxémie est son indication première. Il est aussi vecteur d’aérosols médicamenteux et utile dans les algies de la face. Sous forme hyperbare, le patient étant placé dans un caisson, il permet de traiter l’embolie gazeuse, la gangrène gazeuse, les infections ostéo-articulaires, l’intoxication au CO et l’accident de plongée par décompression brutale. L’air médical est également un vecteur d’aérosol. Les mélanges d’hélium, oxygène et azote ou d’hélium, oxygène, azote et oxyde d’azote sont utiles en exploration fonctionnelle respiratoire pour mesurer respectivement les volumes non mobilisables ou le transfert à travers la membrane alvéolo-capillaire. Le protoxyde d’azote, gaz hilarant, possède des propriétés antalgiques, utilisées en anesthésie et analgésie. Un mélange équimolaire de protoxyde d’azote et d’oxygène Meopa est utilisé dans les analgésies de courte durée. Le monoxyde d’azote (NO) est, lui, utilisé pour ses propriétés vasodilatatrices pulmonaires de la circulation à basse pression. Sa demi-vie de 6 à 10 secondes en limite l’utilisation. Il est utile dans le traitement de la détresse du nouveau-né avec hypertension artérielle pulmonaire (HTAP), dans les poussées d’HTAP au cours de la chirurgie cardio-thoracique et comme test de réversibilité au cours du cathétérisme pour HTAP…
Assurément, les gaz médicaux sont à connaître.