L’étude de Riachy et coll. [1Riachy M, Rehayem C, Khoury C, Safi J, Khayat G, Aoun-Bacha Z, Saade-Riachy C, Kouche N, Geahchan N : Les fumeurs de narghilé sont-ils différents des fumeurs de cigarettes ? Rev Mal Respir 2008 ; 25 : 313-8.
Cliquez ici pour aller à la section Références]sur le narghilé soulève plusieurs commentaires. Les auteurs déclarent : « Le « but » de fumer le narghilé pour satisfaire une dépendance ou calmer une anxiété existe certes mais paraît moins important que dans le cas de cigarette. Ceci est démontré dans les études comparatives des deux groupes de fumeurs sur la nicotine et les goudrons et plus élevé dans les taux des particules totaux (chrysène, phénanthrène, fluoranthene, anthracène et pyrène) ».
Or, aucune des références citées en appui (4-Tamim et al, Eur J Public Health 2005 ; 11-Maziak et al, Drug Alcohol Depend 2004 ; 13- Shafagoj et al, Int J Clin Pharmacaol Ther 2002 ; Hadidi et Mohammed, Saudi Med J 2004 ; 22-Hoffmann et al, J Natl Cancer Inst 1963) ne porte sur les hydrocarbures aromatiques polycycliques en question. Quant à l’étude de Hoffmann et coll. [2Hoffmann D, Rathkamp G, Wynder EL : Comparison of the Yields of Several Selected Components in the Smoke from Different Tobacco Products. J Natl Cancer Inst 1963 ; 31 : 627-37.
Cliquez ici pour aller à la section Références], elle montre qu’un narghilé syrien retiendrait environ 90 % de phénols de la fumée du tabac consumé, 50 % de nicotine et de benzo[a]pyrène [3Chaouachi K : Narghilè : aspetti chimici e farmacofisiologici [Aspects chimiques et biochimiques Tabaccologia 2005 ; 3 : 27-33.
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Par ailleurs, l’étude de Wolfram et coll. (Life Sci 2003) est improprement citée dans l’introduction puisqu’il n’y est pas question de « problèmes cutanés, otologiques et psychologiques secondaires à l’addition fréquente de parfums, d’alcool ou même de produits psychoactifs au tabac ».
Enfin, il est erroné d’affirmer que la « libération progressive des femmes dans les sociétés orientales conservatrices [qui] lève lentement mais sûrement le tabou du tabagisme féminin » en expliquant ainsi l’évolution de l’usage du narghilé par les femmes. En effet, ce dernier, en Asie et en Afrique, est très ancien et bien renseigné [4Chaouachi K : A Critique of the WHO’s TobReg “Advisory Note” entitled: Waterpipe Tobacco Smoking: Health Effects, Research Needs and Recommended Actions by Regulators. J Negat Results Biomed 2006 ; 5 : 17.
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Kamal Chaouachi, chercheur. Chargé du cours sur le narguilé donné à la Faculté de médecine de Paris XI-XII dans le cadre du DIU (Diplôme Inter-Universitaire) de Tabacologie.