Connaissez-vous Anouk Le Men, l’héroïne de La consolante, roman d’Anna Gavalda qui a remporté le dernier prix Goncourt ? Anouk est infirmière. Elle se donne à fond à son travail, ses patients, son équipe, son hôpital. Comment est-elle décrite ? Y a-t-il un profil particulier pour s’engager dans cette voie du soin au plus près de la personne à soigner ?
Les campagnes d’information et de valorisation de la profession, régulièrement menées depuis 2000, ont pu laisser croire que sinon tout le monde, du moins beaucoup pouvaient choisir ce métier… Choisir oui, mais durer ? Pour durer, il faut y trouver son compte, se passionner, évoluer, s’investir et trouver sa motivation dans le prendre-soin requis, malgré des conditions de travail pointées comme responsables de l’idée de départ de près d’une infirmière sur deux et un déficit de la ressource infirmière.
Anouk représente l’infirmière compétente, celle qui se soucie de tous et que chacun apprécie, qu’il soit patient ou soignant. Compétente parce qu’unique dans sa démarche, singulière dans sa relation et possédant ce qui fait cette différence si difficile à décrire et à formaliser… une gestion affective réussie des savoirs, en quelque sorte. Mais cette infirmière si proche de la réalité ne sait pas poser ses limites, au point de compromettre sa vie personnelle et de connaître une fin tragique. Anouk aura été une infirmière remarquable, valorisant sa profession. Cependant, une réelle compétence intègre la capacité de gérer équitablement vie professionnelle et vie familiale… Un vrai défi ! Et sans doute l’une des raisons pour lesquelles les infirmiers s’engagent si peu dans les collectifs syndicaux ou professionnels. Les moyens et les conditions de travail actuels permettent-ils de trouver cet équilibre ou viennent-ils ruiner la compétence des professionnels ?