Pour notre santé, choisir un compromis entre qualité et contraintes économiques est une voie difficile à trouver et à escalader. La politique de l’autruche n’est pas compatible avec la montagne à gravir. Avec le vieillissement de la population qui accroît les besoins…
La situation financière catastrophique dans de nombreux établissements, 100 % de tarification à l’activité (T2A) avec des tarifs en baisse… Les soignants sont déboussolés, ils perdent leurs repères. La rentabilité d’un établissement n’était pas leur préoccupation première et le mal-être grandit avec le sentiment de ne pas accorder suffisamment de temps au patient. Les valeurs soignantes sont bien mises à mal. Avec une démographie médicale déficitaire dans les territoires ruraux, il est plus rapide de faire soigner les animaux que les hommes…
Est-ce le bon moment pour ôter du temps au médical pour le transférer à la gestion ? La “gouvernance”, est-ce réellement le résultat obtenu ? Le transfert d’actes à des non-médecins, un doux leurre pour des activités à la marge, mais pour la pénurie infirmière dans certaines régions, qu’est-il envisagé ? Créer de nouveaux métiers… C’est l’une des nouvelles propositions. Morceler la prise en charge des patients, la confier à d’autres professionnels que les infirmiers… Vendre la profession infirmière par pièce, est-ce là un gage de qualité pour l’avenir ? Une prise en charge holistique n’est-elle pas nécessaire pour un soin de qualité ? Confier l’éducation thérapeutique à un nouveau métier, alors qu’elle est déjà de la compétence des infirmiers…
A multiplier les intervenants, il faudrait créer un autre métier, celui de coordonnateur des prises en charge. Mais où seront alors les sources d’économies ?
Valse des rapports, l’un chassant l’autre… La place des cadres n’apparaît guère dans tous ceux-ci, la valorisation du corps médical, leur implication dans la gestion mais point de cadres de santé même si le rapport Piquemal1 préconisait de donner plus de place aux cadres… Cette idée n’a plus l’air d’actualité.
Tout repenser est une nécessité. Des gains de productivité sont réalisables, mais avant tout il est indispensable ne pas oublier les usagers et les professionnels de terrain. Ne pas s’appuyer sur l’encadrement pour réformer l’hôpital serait une aberration. Les politiques sont-ils prêts à leur reconnaître une place essentielle dans le fonctionnement des établissements ?