Difficulté, perturbation, impasse, marasme, récession, rupture, le vocabulaire de la crise est tout sauf optimiste. Du latin “crisis” : “décision”, la crise implique une prise de décision. Décider, c’est trancher, s’impliquer pour trouver la meilleure solution dans un contexte donné.
De la crise financière à la crise infirmière, le pas semble grand. Mais la profession est en pleine crise identitaire et la sortie de cette crise sera aussi financière.
Car si tout stagne depuis des années, c’est bien en lien avec la question de la rémunération des infirmiers. Une reconnaissance à un niveau supérieur impliquerait des modifications catégorielles et indiciaires, donc une augmentation de salaire. C’est le phénomène bien connu de “la patate chaude”, le fameux dossier que les ministres se passent de gouvernement en gouvernement.
Car oui, la profession est en pleine crise par manque de reconnaissance, de concertation, de structuration, d’information. Et dans ces cas-là, bruits et rumeurs vont bon train, sur fond d’incertitude et d’inquiétude.
Et les sujets d’inquiétude sont nombreux : la future loi “Hôpital, patients, santé et territoires”, le rapport licence/master/doctorat (LMD), la réforme des études infirmières, la modification de certains articles du Code de la santé publique régissant la profession infirmière, la coopération entre professionnels de santé, la constitution de l’Ordre des infirmiers…
Le gouvernement serait-il atteint du syndrome de l’hippocampe, celui qui altère la mémoire des crises et qui, d’année en année, provoque une amnésie totale ? La profession saura-t-elle lui rafraîchir la mémoire et se faire entendre pour qu’il sorte de sa léthargie ?