Marion, 24 mois, observe depuis plusieurs minutes Jeanne, l’éducatrice de jeunes enfants, coller de jolies paillettes sur des boules de coton que les enfants devront placer dans le sapin de Noël. À quoi rêve-t-elle ? À quoi pense-t-elle ?
Elle ouvre de grands yeux, étonnée par toutes ces petites paillettes qui coulent sur le coton. Jeanne lui parle doucement : « c’est joli, tu aimes ? », lui demande-t-elle.
Marion ne répond pas, elle est fascinée. Puis soudain, elle va chercher la baguette magique rangée dans le coin déguisements et revient doucement vers Jeanne.
« Je suis la magi… naine ! la magi… naine ! », crie Marion.
Jeanne rit aux éclats, « la magicienne ! » reprend-elle, « et que fais-tu avec ta jolie baguette magique ? »
« Des abracadada ! », lance Marion en tournant sur elle-même.
Les autres enfants affairés dans leurs jeux sont alors interpellés par les pirouettes de Marion qui devient le centre d’intérêt de ce petit groupe de 6 enfants.
Jeanne relance Marion, joue avec elle et fait entrer les autres enfants : tous deviennent magiciens, tous inventent des « abracadoudou », « abricadada ». Ils rient aux éclats dans une osmose aux jolies couleurs de fête.
Témoin de ce moment délicieux, je me suis alors dit que c’était possible d’être dans ce partage d’émotions, que si l’adulte se donnait les moyens de recevoir la magie des enfants, il pouvait en faire quelque chose de merveilleux, bien loin de tous les tracas actuels. Il est important de ne pas oublier de recevoir ce que l’enfant peut nous offrir chaque jour.
Parce que comme Marion, tous les enfants ne sont pas des « magi… naines », mais bien des magiciens… Des vrais… Des grands, qui savent, avec leur cœur, nous montrer que c’est possible de partager, de rire.
Un joli clin d’œil en cette période de fin d’année pour que la magie de l’enfance ne se retrouve pas engloutie dans les affres politico-gestionnaires, où l’enfant n’aurait pas de place, n’aurait plus sa place.