« Depuis la rentrée et la mise en place de « l’aide personnalisée », c’est de la folie : l’école m’appelle pour chacun des enfants que je suis, y compris pour le langage oral, et me réclame avec insistance les comptes-rendus de bilan. Je refuse, bien sûr, mais les enseignants n’hésitent pas à les réclamer aux parents. L’une d’entre eux, nouvellement nommée, se montre même vindicative, avec un discours genre « nous aussi nous pouvons le faire » ! Suis-je la seule orthophoniste dans ce cas ? »
– « Certains des enfants qui me sont adressés ont du soutien scolaire pendant la récréation, à la pause-déjeuner ou après les cours, sont parfois pris en charge par un Rased, vont en étude et font leurs devoirs chez eux le soir : comment voulez-vous ajouter une séance d’orthophonie à une journée aussi « cognitivement » lourde ! Et surtout les parents ne comprennent plus qui fait quoi, de l’enseignant, du maître G ou de l’orthophoniste ! »
Ces deux courriers reçus à la rédaction sont-ils le reflet d’une inquiétude générale ? Peut-être… Pour justifier la suppression de 3 000 postes de Rased, le ministre de l’Éducation nationale met, en tout cas, sur le même plan les deux heures de reprise scolaire improvisées à la hâte par les écoles et les aides spécialisées aux enfants en difficultés. Cela participe, à dessein, de la confusion des genres, dans… et hors l’école. Au moins dans la tête des parents. L’orthophonie peut-elle en subir des dommages collatéraux ? Qui sait… Et l’enfant en difficulté, les dommages directs ? Là, sûrement…