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Ciments verres ionomères et matériaux hybrides

[23-065-K-10]
Jean-Jacques Lasfargues : Professeur des Universités
Eric Bonte : Maître de conférence des Universités
Michel Goldberg : Professeur des Universités
Département d'odontologie conservatrice-endodontie, faculté de chirurgie dentaire, université Paris V, 1, rue Maurice-Arnoux, 92120 Montrouge  France
Pierre Jonas : Praticien
78350 Jouy-en-Josas  France
Hervé Tassery : Assistant des Universités
Faculté de chirurgie dentaire, 27, boulevard Jean-Moulin, 13385  Marseille cedex 5 France

Résumé

Les ciments verres ionomères (CVI) ou ciments polyalkénoates sont des ciments dont le mode de prise est une réaction acide-base dans laquelle les particules de verre aluminosilicique hautement fluorées interagissent avec l'acide polyalkénoïque. Ces matériaux se caractérisent par une libération continue de fluor, une faible cytotoxicité in vivo, et une adhérence spontanée à l'émail et à la dentine qui fait intervenir une couche interfaciale d'échange ionique entre le matériau et son substrat. Le problème majeur de la balance hydrique, qui affecte négativement les propriétés optiques et mécaniques des verres ionomères conventionnels, limite leurs indications aux restaurations à visée temporaire. L'addition de petites quantités de résine à ces ciments a permis de développer un nouveau groupe de matériaux de restauration, les ciments verres ionomères hybrides dont le mode de prise est une photoactivation lumineuse, mais sans altération substantielle de la réaction acide-base. De ce fait, ces matériaux conservent les atouts des CVI conventionnels, une libération de fluor équivalente, une excellente tolérance dentinopulpaire, parodontale et buccale, et ont des qualités supplémentaires, une adhérence et une étanchéité majorées, et une moindre sensibilité hydrique limitant les échecs cliniques. Malgré des propriétés mécaniques intéressantes, ces matériaux ne sont pas recommandés pour les restaurations supportant l'occlusion. Les composites modifiés par polyacides ou compomères se rapprochent des résines composites par la photopolymérisation, le mode d'adhérence impliquant un système adhésif monocomposant. Ne disposant pas du potentiel cariostatique des verres ionomères et demeurant esthétiquement et mécaniquement inférieurs aux composites, les compomères ont un intérêt clinique restreint en tant que matériaux de restauration des dents permanentes.

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