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Douleur et schizophrénie : mythe et réalité

Doi : 10.1016/j.encep.2008.04.005 

A. Autié a, M. Montreuil b, V. Moulier a, S. Braha a, A. Wojakiewicz a, D. Januel a 

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Résumé

La douleur est un phénomène multidimensionnel et complexe, influencé par de nombreux facteurs psychologiques, relationnels et sociaux. Elle suscite chez chacun d’entre nous des représentations et des interprétations différentes. Cependant, la prise en charge de la douleur chez les patients psychotiques reste difficile. Les observations cliniques ont rapporté un comportement atypique des patients schizophrènes face à la douleur. Par exemple, des cas de schizophrènes souffrant d’une péritonite, de brûlure sévère ou de fracture et n’exprimant qu’une douleur mineure ont été décrits [J Nerv Ment Dis 190 (2002) 481–483]. Actuellement, deux hypothèses prédominent dans la littérature : (i) les patients schizophrènes seraient moins sensibles aux stimuli douloureux [J Nerv Ment Dis 190 (2002) 481–483] ; (ii) les seuils de sensibilité seraient identiques, mais les schizophrènes présenteraient une absence d’expression de la douleur [Bonnot O, Tordjman S. Étude de la réactivité à la douleur dans la schizophrénie à début précoce et l’autisme. Poster P35 au 1er Congrès de L’Encéphale. Paris; 2003]. Nous exposerons ainsi les principaux travaux étayant ces deux hypothèses ; cependant, de nombreux biais méthodologiques limitent la portée des études sur la douleur chez le schizophrène. Les résultats ne sont pas homogènes du fait : d’un recrutement des patients schizophrènes sans assurance du diagnostic, de la faible taille et hétérogénéité des échantillons, de la non-représentativité du groupe témoin par rapport à la population générale, de la limite des méthodes employées pour évaluer la douleur et de la complexité du matériel de mesure de la douleur pouvant entraîner une mauvaise compréhension de la tâche chez le patient. En effet, les études ne montrent pas si l’insensibilité varie en fonction des stimuli et si cette insensibilité est spécifique aux schizophrènes. Les données de la littérature ne permettent donc pas d’aboutir à un consensus : certains résultats montrent que le schizophrène aurait un seuil de sensibilité à la douleur plus bas que le sujet sain ; d’autres, au contraire, que leur seuil est identique et que l’absence d’expression de la douleur serait due à la pathologie en elle-même (douleur non exprimée, voire le déni de celle-ci). Face aux données controversées des différentes recherches, une meilleure connaissance du phénomène douloureux chez le schizophrène aurait des répercussions sur la prise en charge médicale des troubles somatiques et les comportements d’automutilations.


Mots clés : Douleur, Schizophrénie, Revue de la littérature

Plan


© 2008  L’Encéphale, Paris. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
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Vol 35 - N° 4

P. 297-303 - septembre 2009 Retour au numéro
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