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Le point sur la valeur nutritionnelle et sanitaire des aliments issus de l’agriculture biologique - 08/06/10

Doi : 10.1016/j.cnd.2010.02.002 
Léon Guéguen a, b, 1, , Gérard Pascal a, b, 1
a Nutrition humaine et sécurité alimentaire, Inra, Paris, France 
b Académie d’agriculture de France, 18, rue de Bellechasse, 75007 Paris, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Le but de cette revue était d’actualiser le rapport publié en 2003 par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) sur l’évaluation nutritionnelle et sanitaire des aliments issus de l’agriculture biologique (AB) et concluant que les différences de composition chimique avec les aliments issus de l’agriculture conventionnelle (AC) étaient faibles et sans signification dans le cadre d’un régime alimentaire global. Plusieurs revues récentes publiées par des associations de l’agriculture biologique (ou organique) ont conclu à une nette supériorité nutritionnelle des aliments AB, tandis qu’une revue systématique britannique publiée en 2009 n’aboutit à aucune différence significative, sauf pour l’azote (moins en AB) et le phosphore (plus en AB). Une centaine de références publiées depuis 2003 ont été ajoutées et leur examen confirme les conclusions antérieures. Aucune différence marquante n’a été relevée pour les glucides, les minéraux et oligoéléments dans aucun aliment et la tendance en faveur de teneurs plus élevées en magnésium dans certains légumes n’a pas été confirmée. Les céréales AB sont plus pauvres en protéines, tandis que certains légumes AC sont parfois plus riches en nitrates (dont la toxicité a été remise en cause). Pour les légumes et les fruits, les études les plus nombreuses et les différences les plus significatives concernent la vitamine C et les autres phytomicroconstituants antioxydants. Des teneurs plus élevées en vitamine C et en polyphénols, mais des teneurs plus faibles en caroténoïdes, ont souvent été observées en AB, sans effet démontré sur le statut antioxydant sanguin. Les produits AB d’origine animale sont souvent plus riches en certains acides gras polyinsaturés mais cela résulte d’un régime alimentaire avec prédominance d’herbe et de l’accès à un parcours extérieur, régime pouvant aussi concerner l’élevage conventionnel. Les autres différences de composition lipidique de la viande dépendent essentiellement de l’âge de l’animal (ainsi, il importe de comparer un poulet AB à un poulet labellisé de même âge). Les résidus de produits phytosanitaires de synthèse, interdits en AB, sont en général plus élevés dans les légumes et fruits AC, mais sont, à plus de 95 %, inférieurs à une limite maximale acceptable elle-même calculée avec une très grande marge de sécurité (facteur 100). Tous les aliments produits en plein-air, dont la viande, le lait et les œufs AB, sont les plus exposés aux contaminations chimiques microbiennes et parasitaires provenant de l’environnement. La réduction des intrants chimiques, qui favorise la production par la plante de substances antioxydantes bénéfiques, favorise aussi celle de métabolites secondaires et toxines naturelles dont l’innocuité n’est pas garantie. Globalement, les faibles différences observées entre aliments AB et AC n’ont aucune répercussion significative sur la nutrition et la santé.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

The objective of this review was to update the important report published in 2003 by the French Agency for Food Safety (AFSSA) on the nutritional and safety evaluation of organically produced foods (AB). The conclusion of this report was that the differences in chemical composition with conventionally produced foods (AC) were small and without significance in a global diet. Several reports from organic agriculture associations have claimed a clear nutritional superiority of organic foods, as opposed to a systematic review published in 2009 on request of the UK Food Standards Agency. About a hundred references published since 2003 have been added and their analysis confirm the previous conclusions. No significant difference was seen for carbohydrates, major minerals and trace elements in any food and the observed tendency in favor of magnesium in some organic vegetables has not been confirmed. Protein content is lower in organic cereals, while nitrate content is sometimes higher in some AC vegetables (but the toxicity of plant nitrate is now questioned). Most studies on vegetables and fruits concern vitamin C and other antioxidant microconstituents. Higher levels of vitamin C and polyphenolic compounds, but lower levels of carotenoids, have often been found in AB, but there is no evidence of a beneficial effect on blood antioxidant status. Organic products from animal origin are often richer in some polyunsaturated fatty acids but this is due to a diet generally based on more grass or green forages and to the open-air farming. Other differences in lipid content of meat depend mainly on the age of the animal. Synthetic pesticide residues, not allowed in AB, are generally higher in AC vegetables and fruits but, for more than 95 %, remain lower than the maximal acceptable limit calculated with a very large margin of safety. Some secondary metabolites produced in AB plants are natural toxins and may be of health concern. All “open-air” produced foods, including organic meat, milk and eggs, are more exposed to chemical, microbial and parasitic contaminations from the environment. Overall, the small differences observed between organic and conventional foods have no practical significant effect on nutrition and health.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Aliment, Agriculture, Biologique, Nutrition, Santé

Keywords : Food, Agriculture, Organic, Nutrition, Health


Plan


 Texte reprenant de larges extraits du chapitre « Aliments » (des mêmes auteurs) du rapport du groupe « Agriculture biologique » de l’Académie d’agriculture de France qui doit être publié en mai 2010.


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Vol 45 - N° 3

P. 130-143 - juin 2010 Retour au numéro
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