Grandes tendances dans l’épidémiologie clinique de la sclérose en plaques en France : les temps changent…
S. Vukusic, M. Debouverie, C. Ritleng, B. Frangoulis, I. Ionescu, C. Confavreux
Résumé
Introduction
De récentes études ont montré une évolution du sex-ratio de la Sclérose en Plaques (SEP) au cours des dernières décennies. Nous avons souhaité confirmer ces résultats sur des données françaises.
Objectifs
Évaluer l’évolution du ratio femmes/hommes au cours du temps dans l’ensemble de la cohorte française de patients atteints de SEP constituant l’Observatoire Français de la SEP.
Méthodes
En janvier 2008, les centres français utilisant le logiciel EDMUS ont fourni une extraction automatique et anonyme de leur base de données. Les doublons ont été exclus. Seuls les diagnostics certains et probables selon Poser ont été retenus. L’évolution du sex-ratio a été analysée selon l’année de début, l’année de naissance et la forme clinique initiale. Un modèle de régression linéaire et un test de Wald ont été utilisés pour évaluer la significativité des tendances.
Résultats
24 754 dossiers provenant de 20 centres ont été poolés. 430 patients étaient enregistrés dans deux bases ou plus. Il y avait 71 % de femmes. Il existait une augmentation du sex-ratio de 29% sur une période de 39 ans, pour les patients nés de 1941 à 1980, et de 29% en 32 ans pour patients ayant débuté leur SEP entre 1974 à 2006. Cette évolution du sex-ratio ne concernait que les formes à début rémittent.
Discussion
Nos résultats confirment la description canadienne princeps. Ils rapportent pour la première fois une distinction entre les formes évolutives initiales. L’explication de cette observation pourrait être artéfactuelle, par les changements de modalités diagnostiques de la SEP, ou plus certainement environnementale, impliquant un ou plusieurs facteurs ayant affecté de manière différente les hommes et les femmes au cours des dernières décennies.
Conclusion
Il existe une augmentation progressive du sex-ratio de la SEP, la maladie affectant une proportion plus importante de femmes ayant un début rémittent. L’explication de ce phénomène reste à trouver.
Vol 167 - N° S1
P. S6 - janvier 2011 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte,
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