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Jeu pathologique

[37-396-A-25]
Jean Adès : Professeur de psychiatrie, praticien hospitalier, chef de service
Michel Lejoyeux : Professeur de psychiatrie, praticien hospitalier
Service de psychiatrie, hôpital Louis Mourier, 178, rue des Renouillers, 92700 Colombes  France

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Article archivé , publié initialement dans le traité EMC Psychiatrie

Résumé

Le jeu pathologique est défini comme un comportement répété et persistant de jeu d'argent exposant à des conséquences sociales, professionnelles et individuelles négatives. Selon la classification américaine du Diagnostic and statistical manual, IVe édition (DSM IV), le jeu pathologique est une forme de trouble du contrôle des impulsions. Les principaux critères diagnostiques sont : la préoccupation par le jeu, le besoin de jouer avec des sommes d'argent croissantes pour atteindre l'état d'excitation désiré, les efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter la pratique du jeu, l'agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduction ou d'arrêt de la pratique du jeu, la tendance à jouer pour recouvrer ses pertes. La prévalence du jeu pathologique en population générale est de 1 à 3 % de la population adulte. La proportion de joueurs pathologiques est plus élevée chez les hommes que chez les femmes. Les conséquences financières négatives du jeu pathologique ont été clairement démontrées. Les joueurs « sociaux » ou « contrôlés » dépensent en moyenne 5 % de leur revenu mensuel dans des jeux d'argent. Les joueurs pathologiques dépensent entre 14 et 45 % de leur salaire. Presque tous les joueurs pathologiques présentent à un moment de leur existence un autre trouble psychiatrique (dépression 75 %, manie et hypomanie 40 %, troubles anxieux 28 %, abus ou dépendance alcoolique 52 %). Les principales modifications neurobiologiques mises en évidence chez les joueurs sont une réduction de la monoamine oxydase plaquettaire, des taux de bêtaendorphines. Les travaux de génétique moléculaire ont suggéré que l'allèle A1 du gène codant pour le récepteur dopaminergique D2 était plus fréquent chez les joueurs (50 %) que chez les témoins (26 %). Les facteurs psychopathologiques le plus régulièrement impliqués sont l'impulsivité, la recherche de sensations ou encore, dans une perspective psychanalytique, la culpabilité et la recherche de punition. Les protocoles thérapeutiques les plus récents font appel aux thérapies cognitives et comportementales, au soutien relationnel, aux thérapies familiales et aux thérapies de groupe, éventuellement associées à des antidépresseurs sérotoninergiques.



Mots-clés : jeu pathologique, dépendance, trouble du contrôle des impulsions, impulsivité, recherche de sensations, sérotonine, dépression

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© 2000  Elsevier, Paris. Tous droits réservés.

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