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Éthique et fin de vie aux urgences

[25-210-A-30]  - Doi : 10.1016/S0000-0000(07)46562-7 

J.-M. Haegy  : Praticien hospitalier

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Résumé

Les décès dans les services d'urgence sont fréquents et posent des problèmes particuliers compte tenu des spécificités de l'urgence et des caractéristiques de la médecine d'urgence. Celles-ci justifient une démarche éthique « sectorielle » adaptée à l'urgence qui puisse concilier la situation singulière du patient et les grands principes universels de l'éthique. La majorité des décès survient après une décision médicale d'abstention ou de limitation thérapeutique. Les décès « non attendus » survenant avec un niveau de soins maximal représentent 20 % des décès aux urgences. Une majorité des patients qui décèdent est dans l'incapacité d'exprimer son autonomie en raison des troubles de la conscience et des traitements ; de plus, la situation de l'urgence altère l'entendement de ces patients mais aussi de leurs proches. La responsabilité de l'équipe soignante porte sur le discernement éthique des patients de l'urgence, la communication, l'annonce de la mauvaise nouvelle, la relation avec le malade et la prise en charge de fin de vie. Cette responsabilité s'étend à tous les acteurs de l'amont et de l'aval des urgences dans une chaîne « éthique » décisionnelle. La démarche éthique s'élabore à partir du sentiment puis du jugement d'obstination déraisonnable confronté aux principes d'autonomie, de dignité, de bienveillance, de vulnérabilité, d'équité et de non malfaisance. Des pratiques de réanimation d'attente et de réanimation compassionnelle permettent de donner du temps au temps et du temps à la mort de manière à compléter les informations diagnostiques et pronostiques, de prendre l'avis du patient et des proches et de les préparer à l'accompagnement. La prise en charge de la fin de vie est réalisée dès que cela est possible à l'écart de l'activité d'urgence, dans la zone d'hospitalisation temporaire. L'écoute, la présence bienveillante, des facilités d'accès, le respect du chagrin, les soins adaptés permettent aux proches de vivre le deuil et à l'équipe de donner du sens à la situation.


Mots clés : Éthique, Fin de vie, Abstention et limitation thérapeutique, Arrêt thérapeutique

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