Mise en évidence des différences de gestion des vessies neurologiques existantes entre urologues et médecins spécialisés en médecine physique et de réhabilitation : enquête réalisée auprès de 383 spécialistes
Highlighting differences in the management of neurogenic bladder existing between urologists and physiatrists: A survey conducted among 383 specialists
Pierre Denys 1
, Jean-Marc Soler 2, Brigitte Fatton 3, Pascal Rischmann 4, Alain Yelnik 5, Philippe Aegerter 6, Nabila-Yasmine Saidji-Domingo 6, Emmanuel Chartier-Kastler 7
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Résumé
Objectifs
Mieux connaître et évaluer la qualité et le suivi des soins apportés aux patients ayant une vessie neurologique par les urologues et les médecins spécialisés en médecine physique et de réadaptation (MPR) en France.
Méthodes
En 2009, le groupe d’étude de neuro-urologie de langue française (GENULF) a réalisé une enquête observationnelle auprès des urologues et des médecins MPR. Au total, 3180 questionnaires ont été envoyés aux membres de 4 sociétés savantes. Les questions portaient sur la cause, l’organisation de la consultation, la périodicité et les moyens du suivi ainsi que les traitements utilisés pour les symptômes ou les complications.
Résultats
Deux cent soixante-quatorze urologues et 109 médecins MPR ont complété le questionnaire, 76 % et 84 % avaient respectivement une expérience en neuro-urologie. Peu de spécialistes pratiquaient les consultations multidisciplinaires. Le suivi systématique était proposé préférentiellement tous les 6 à 12 mois. Quatre-vingt-trois pour cent des médecins MPR et 56 % des urologues déclaraient effectuer un suivi urodynamique, le plus souvent tous les ans. Les médecins MPR pratiquaient plus d’imagerie invasive que les urologues. Les médecins MPR étaient plus nombreux à traiter les bactériuries chez les patients utilisant des cathéters. L’auto-sondage était la méthode de choix pour le traitement de la rétention d’urine. Les urologues et les médecins MPR prescrivaient des injections de toxine botulique A.
Discussion
Les pratiques de suivi et de traitement des urologues et des médecins MPR suivaient les recommandations des sociétés savantes nationales et internationales. Les urologues et les médecins MPR traitaient souvent et trop les bactériuries asymptomatiques. Le bilan urodynamique était moins pratiqué que préconisé par les recommandations. Les urologues proposaient un rythme de suivi systématique plus élevé que les médecins MPR. Les médecins MPR pratiquaient plus et mieux les examens urodynamiques que les urologues.
Conclusion
Notre enquête a montré que les urologues comme les médecins MPR suivaient les recommandations nationales et internationales lors du suivi de patients ayant une vessie neurologique. Un renforcement de l’enseignement, le recours à des évaluations de pratiques et l’organisation d’un plus grand nombre de consultations multidisciplinaires pourraient permettre d’homogénéiser et peut-être d’améliorer la prise en charge de ces patients.
Ce qui était connu
• La prise en charge des troubles urologiques chez des patients atteints de maladies neurologiques a été bien décrite dans les recommandations internationales et nationales des sociétés savantes.
• La prise en charge des patients ayant une vessie neurologique conjointement par deux spécialités, les urologues et les médecins MPR, est une spécificité française.
Ce qu’apporte l’article
• Le suivi des patients ayant une vessie neurologique par les urologues et les médecins MPR est généralement proche des recommandations nationales et internationales.
• Les urologues et les médecins MPR traitaient souvent et trop les bactériuries asymptomatiques.
• Le suivi urodynamique était plus et mieux pratiqué par les médecins MPR.
• La plupart des médecins éduquaient les patients aux auto-sondages et leur prescrivait fréquemment des injections de toxine botulique A.
Plan
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