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Étude histologique et immunohistochimique des anomalies vasculaires et inflammatoires de la rosacée

A histological and immunohistological study of vascular and inflammatory changes in rosacea

Doi : 10.1016/j.annder.2012.10.592 

C. Perrigouard, B. Peltre, B. Cribier 

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Résumé

Introduction

La rosacée a de multiples composantes physiopathologiques, dont les principales sont les anomalies vasculaires et l’inflammation. La morphologie des vaisseaux dilatés de la rosacée peut suggérer qu’il s’agit de lymphatiques, augmentés en nombre et en taille. Nous avons mené une étude histologique puis immunohistologique pour quantifier ces anomalies dans la rosacée et les comparer à celles du lupus érythémateux.

Patients et méthodes

Tous les cas de rosacée analysés pendant une période de quatre ans ont été revus. Seuls ont été inclus les 86 cas où une corrélation anatomoclinique et un suivi ont permis à un dermatologue de confirmer le diagnostic. Toutes les biopsies ont été relues pour en décrire l’histopathologie, puis 25 d’entre elles ont été comparées à 25 biopsies faciales de lupus érythémateux documenté, en coloration standard puis en immunohistochimie avec des anticorps anti-CD3, CD4, CD8 et CD20 (lymphocytes), anti-CD68 (histiocytes), anti-CD31 (cellules endothéliales) et anticorps anti-D2-40 (podoplanine, un marqueur des cellules endothéliales lymphatiques).

Résultats

On trouvait, dans 88 % des cas de rosacée, de grands vaisseaux dermiques superficiels de forme géométrique ou bizarre, avec des cellules endothéliales turgescentes et un œdème dermique fréquent. Des Demodex étaient présents dans plus de 75 % des cas, y compris dans les formes érythro-couperosiques. On trouvait en moyenne dans la rosacée 15 vaisseaux par mm2, dont huit exprimant D2-40 ; six avaient plus de 30μ de diamètre (moyenne 103μ, maximum 400μ), dont seulement deux étaient D2-40+. Dans les biopsies de lupus, il y avait en moyenne 15 vaisseaux/mm2, dont neuf exprimant D2-40 ; quatre mesuraient plus de 30μ de diamètre (moyenne 59μ, maximum 100μ), dont deux étaient D2-40+. Des vaisseaux de plus de 100μ n’ont été notés que dans la rosacée et une élastose actinique notable y était associée dans 80 % des cas. Aucun Demodex n’était observé dans les cas de lupus. L’infiltrat lymphocytaire était majoritairement T CD4+ dans les deux groupes, mais plus souvent sous-épidermique dans le lupus, masquant parfois les petits vaisseaux du derme superficiel.

Discussion

La rosacée se caractérise par de grands capillaires dilatés anfractueux, plus nombreux et plus grands que dans le lupus, mais la densité vasculaire dermique n’est pas différente entre les deux maladies. Contrairement à ce que leur forme suggère, ces vaisseaux dilatés ne sont pas de nature lymphatique. Les vaisseaux D2 40+ (lymphatiques) sont en fait plus plats, présents dans le lupus comme dans la rosacée. L’association des grandes télangiectasies à une élastose actinique peut suggérer un rôle de l’exposition aux UV. Il existe vraisemblablement une augmentation de perméabilité de ces vaisseaux, se traduisant par un œdème dermique. L’inflammation est toujours présente, même dans les formes précoces, ce qui va dans le sens d’un double mécanisme inflammatoire et vasculaire.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

Background

Rosacea has a number of pathophysiological components, chief of which are vascular abnormalities and inflammation. The morphology of the dilated vessels in rosacea may indicate an increase in the number and size of lymphatic vessels. We carried out a histological and an immunohistological study to quantify these abnormalities in rosacea and compared them with those seen in lupus erythematosus.

Materials and methods

We reviewed all cases of rosacea analysed over a 4-year period. Ultimately, we only included 86 cases in which the diagnosis could be confirmed by a dermatologist based upon histopathological correlation and follow-up. All biopsies were reviewed for histopathological features, and 25 of these were compared with 25 facial biopsies in documented cases of lupus erythematosus, using standard staining followed by immunohistochemical analysis with anti-CD3, CD4, CD8 and CD20 (lymphocytic) antibodies, anti-CD68 (histiocytic) antibodies, anti-CD31 (endothelial cell) antibodies and anti-D2-40 (podoplanin, a marker for lymphatic endothelial cells) antibodies.

Results

In 88% of cases of rosacea, large superficial dermal vessels of geometrical or bizarre configuration were noted, and turgescent cells and dermal edema were frequently seen. Over 75% of cases involved Demodex, including erythemato-telangiectatic subtypes. The rosacea included a mean 15vessels/mm2, eight of which expressed D2-40; six were greater than 30μm in diameter (mean: 103μm; maximum: 400μm), with only two of these being D2-40+. The lupus erythematosus biopsies exhibited a mean 15 vessels/mm2, nine of which expressed D2-40; four measured over 30μm in diameter (mean: 59μm; maximum: 100μm), of which two were D2-40+. The vessels measuring over 100μm were only seen in rosacea, and notable actinic elastosis was associated in 80% of these cases. No Demodex was seen in the lupus cases. The lymphocytic infiltration consisted mainly of CD4+ T cells in both groups, but was chiefly sub-epidermal in lupus, occasionally masking the small vessels of the superficial dermis.

Discussion

Rosacea is characterised by large, dilated, anfractuous capillaries, which are both larger and more numerous than in lupus, although there is no difference in dermal vascular density between the two diseases. Contrary to what their form may suggest, these dilated vessels are not lymphatic. D2-40+ vessels (lymphatic), which are flatter, are found in both lupus and rosacea. The association of large telangiectasias with actinic elastosis may indicate a causative role of exposure to UV radiation. These vessels likely exhibit increased permeability, resulting in dermal edema. Inflammation is consistently present, even in the early forms, strongly suggesting a dual inflammatory and vascular mechanism.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Rosacée, Télangiectasie, Inflammation, Lymphatique, Dermatopathologie

Keywords : Rosacea, Telangiectasia, Inflammation, Lymphatics, Dermatopathology


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Vol 140 - N° 1

P. 21-29 - janvier 2013 Retour au numéro
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