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Complications infectieuses des fractures de jambe, pseudarthroses suppurées et ostéites

[14-086-A-30]
Alain Charles Masquelet : Professeur des Universités, chirurgien des Hôpitaux
Charles Court : Chef de clinique-assistante des Hôpitaux
Thierry Bégué : Professeur des Universités, chirurgien des Hôpitaux
Service de chirurgie orthopédique, traumatologique et réparatrice, hôpital Avicenne, 125, route de Stalingrad, 93009  Bobigny cedex France
Article archivé , publié initialement dans le traité EMC Appareil locomoteur
et remplacé par un autre article plus récent: cliquez ici pour y accéder

Résumé

L'exposition traumatique d'un foyer de fracture tibial est un événement qui, en dépit d'un traitement initial correctement entrepris, laisse planer le redoutable risque de l'infection. L'infection osseuse n'est cependant pas spécifique des fractures ouvertes. La mise en place de matériel de synthèse interne, la contamination opératoire et surtout les nécroses cutanées secondaires peuvent faire d'une banale fracture fermée un foyer osseux septique. Il est traditionnel, en France du moins, de différencier trois situations :

  • les fractures infectées ;
  • les pseudarthroses infectées ;
  • les ostéites.

Seul le délai écoulé depuis le traumatisme permet de distinguer une fracture infectée d'une pseudarthrose infectée. En effet, on n'est autorisé à parler de pseudarthrose qu'à partir du 6e mois d'évolution. En réalité l'expérience montre qu'il est arbitraire de séparer les fractures infectées des pseudarthroses dans la mesure où l'objectif thérapeutique est le même dans les deux cas : éradiquer l'infection et obtenir la consolidation. En revanche, les ostéites doivent être séparées des précédents tableaux nosologiques car on réserve implicitement le terme d'ostéite à une infection sur un os en continuité et mécaniquement solide.

Il est regrettable à ce sujet que de nombreuses publications anglo-saxonnes compilent dans les mêmes séries des fractures infectées non consolidées et des ostéites car les objectifs de traitement ne sont pas les mêmes et, dans certaines conceptions thérapeutiques, les approches peuvent être radicalement différentes. En revanche, la notion essentielle qui justifie de confondre fracture infectée et pseudarthrose suppurée est, qu'au niveau de la jambe, l'infection retentit rapidement sur les parties molles et que, sans préjuger de la solution qu'on y apportera, l'assèchement des lésions osseuses et des lésions des parties molles entraînera obligatoirement une perte de substance complexe.

Nous exposerons donc successivement les pseudarthroses suppurées et les ostéites.

Plan



© 1995  Elsevier, Paris. Tous droits réservés.

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