Publicité

Médecine

Paramédical

Autres domaines


S'abonner

La place des antipsychotiques atypiques dans le traitement des syndromes dépressifs

Doi : ENC-12-2004-30-6-0013-7006-101019-ART11 

Ph. Quintin [1 et 2],

P. Thomas [3]

Voir les affiliations

Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L'accès au texte intégral de ce chapitre nécessite l'achat du livre ou l'achat du chapitre.

pages 7
Iconographies 1
Vidéos 0
Autres 0

Résumé

La dépression est un syndrome fréquent en psychiatrie. Son traitement bénéficie d’un grand nombre d’antidépresseurs de différents profils pharmacologiques. Cependant, l’hétérogénéité clinique des troubles de l’humeur limite la portée des résultats des essais thérapeutiques réalisés sur de grands groupes de patients déprimés. L’hypothèse d’un déficit monoaminergique noradrénergique, sérotoninergique et dopaminergique dans la dépression a été au centre de la recherche sur les antidépresseurs. Or, les symptômes négatifs de la schizophrénie, souvent peu différentiables de ceux de la dépression, seraient également liés à un déficit dopaminergique. Les antipsychotiques atypiques ont montré un effet bénéfique sur ces symptômes négatifs en favorisant la transmission dopaminergique. Par conséquent, l’hypothèse dopaminergique commune à la dépression et aux symptômes négatifs de la schizophrénie a permis de donner des bases rationnelles à l’utilisation des antipsychotiques atypiques dans la dépression. De plus, l’antagonisme du récepteur 5-HT2C par certains antipsychotiques atypiques suggère que l’association d’un antipsychotique atypique et d’un ISRS permette de potentialiser l’effet antidépresseur de ce dernier. L’efficacité clinique de l’amisulpride en monothérapie dans la dysthymie a fait poser l’hypothèse de son intérêt pour traiter les épisodes dépressifs majeurs (EDM), toutefois, la seule étude qui ait été conduite ne démontre pas un intérêt majeur de cette molécule dans cette indication. D’autres études indiquent que l’association d’un ISRS et d’un antipsychotique atypique (clozapine, ou l’olanzapine) agissant sur une gamme de récepteurs plus étendue, en particulier les récepteurs sérotoninergiques, est efficace dans les dépressions résistantes au traitement, dans les dépressions associées à des troubles psychotiques, ainsi que dans la dépression des troubles bipolaires. De plus, l’amélioration des troubles dépressifs avec cette association est obtenue souvent plus rapidement qu’avec l’ISRS seul. L’association la mieux étudiée est l’olanzapine – fluoxétine qui a récemment obtenu une autorisation de mise sur le marché aux USA dans l’indication traitement des épisodes dépressifs majeurs dans le cadre des troubles bipolaires de type I.Ces conclusions ne reposent toutefois que sur un nombre limité d’études contrôlées en double aveugle et mériteraient donc d’être confirmées. Néanmoins, ces études signalent l’intérêt possible – tant en termes d’efficacité que d’amélioration du délai d’action – des nouvelles stratégies de potentialisation du traitement antidépresseur par les antipsychotiques atypiques.

Abstract

Efficacy of atypical antipsychotics in depressive syndroms

Depression is a frequent symptom in psychiatry, either isolated (major depression) or entangled with other psychiatric symptoms (psychotic depression, depression of bipolar disorders). Many antidepressant drugs are available with different pharmacological profiles from different classes : tricyclic antidepressants, monoamine oxydase inhibitors, selective serotonin reuptake inhibitors (SSRI). However, there are some limitations with these drugs because there is a long delay before relief for symptoms, some patients with major depression are resistant to treatment, there is a risk to induce manic symptoms in patients with bipolar disorders and these drugs have no effect on the psychotic symptoms frequently associated to major depression. The leading hypothesis for the search of more efficient new antidepressants has been the amine deficit hypothesis : noradrenaline and/or serotonin deficit and more recently dopamine deficit. Moreover, a dopamine deficit has been also hypothesized as the central mechanism explaining the negative symptoms of schizophrenia. These symptoms are the consequence of a deficit of normal behaviours and include affective flattening, alogia, apathy, avolition and social withdrawal. There is thus a great overlap between symptoms of depression and negative symptoms of schizophrenia. Atypical antipsychotics, in contrast with conventional neuroleptics, have been shown to decrease negative symptoms, most probably through the release of dopamine in prefrontal cortex, thus improving psychomotor activity, motivation, pleasure, appetite, etc. The dopamine deficit in cortical prefrontal areas was thus an unifying hypothesis to explain both some symptoms of depression and negative symptoms of schizophrenia. Studies in animal confirm this view and show that the association of an atypical antipsychotic drug and an SSRI (olanzapine plus fluoxetine) increases synergistically the release of dopamine in prefrontal areas. Moreover, most of the atypical antipsychotics have a large action spectrum, beyond the only dopamine receptors : their effects on the serotonin receptors – particularly the 5-HT2A and 5-HT2C receptors – suggest that their association to SSRI could be a promising treatment for depression. Indeed, SSRI act mainly by increasing the serotonin level in the synapse, thus leading to a non specific activation of all pre- and post-synaptic serotonin receptors. Among them, 5-HT2A/2C receptors have been involved in some of the unwanted effects of SSRI : agitation, anxiety, insomnia, sexual disorders, etc. The inhibition of these receptors could be thus beneficial for patients treated with SSRI. Amisulpride is an unique atypical antipsychotic that selectively blocks dopamine receptors presynaptically in the frontal cortex, possibly enhancing dopaminergic transmission. The antidepressant effect of amisulpride was shown in dysthymia in many clinical studies versus placebo, tricyclic antidepressants, SSRI or others. However, a shorter delay for symptom relief was not demonstrated for amisulpride as compared to comparative antidepressants. Other atypical antipsychotics (clozapine, olanzapine), which act on a large variety of receptors, have shown antidepressant effects – mainly in association with SSRI – in different psychiatric diseases : treatment-resistant major depression, major depression with psychotic symptoms and depression of bipolar disorders, with no increase of manic symptoms in this latter case. Moreover, the delay for symptom relief was greatly shortened. More comparative double-blind studies are required to confirm and to precise the antidepressant effects of atypical antipsychotics. Nevertheless, these studies suggest that atypical antipsychotics could be of great value in depressive conditions reputed for their resistance to treatment with usual antidepressants. Particularly, new strategies emerge that combine atypical antipsychotics and antidepressants for greater efficacy and more rapid relief of depression symptoms.


Mots clés : Antipsychotiques atypiques , Antidépresseurs , Dépression psychotique , Épisode dépressif majeur , IRSS , Syndromes dépressifs , Troubles bipolaires.

Keywords: Antidepressants , Atypical antipsychotics , Bipolar disorders , Depressive symptoms , Major depression , Psychotic depression , SSRI.


Plan



© 2004 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Ajouter à ma bibliothèque Retirer de ma bibliothèque Imprimer

Vol 30 - N° 6

P. 583-9 - décembre 2004 Retour au numéro
Article précédent Article précédent
  • Correction par le lithium des neutropénies induites par la clozapine (deux cas)
  • F. Papetti, G. Darcourt, J.-Y. Giordana, A Spreux, S Thauby, F Feral, D Pringuey

Bienvenue sur EM-consulte,
la référence des professionnels de santé.

Plus de 500 000 articles médicaux,
paramédicaux et scientifiques vous attendent.

L'accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement ou un achat à l'unité.

Déjà abonné à cette revue ?

Publicité