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Traumatisme du rachis cervical

[15-825-A-10]
Claude Argenson : Professeur d'orthopédie-traumatologie, chef de service
Fernand De Peretti : Professeur d'anatomie-orthopédie
Bernard Schlatterer : Praticien hospitalier
Istvan Hovorka : Praticien hospitalier associé
Hôpital de l'Archet 2, CHU Nice, 151, route de Saint-Antoine de Ginestière, BP 3079, 06202  Nice cedex 3 France
Patrick Eude : Praticien hospitalier
Hôpital Saint-Roch, CHU Nice, service radiologie (docteur Aboulker), 5, rue Pierre Dévoluy, BP 319, 06006  Nice cedex 1 France
Article archivé , publié initialement dans le traité EMC Appareil locomoteur

Résumé

La configuration anatomique particulière des deux premières vertèbres cervicales (C1 et C2) et de leurs articulations entre elles et avec l'occiput, l'ensemble formant le rachis cervical supérieur (RCS), est à l'origine d'une mécanique articulaire aussi complexe que spécifique. Cette spécificité se retrouve dans l'analyse de leurs lésions traumatiques, qu'elles soient ligamentaires comme la luxation occipitocervicale et l'entorse grave C1-C2 ou osseuses comme les fractures de l'odontoïde ou des pédicules de C2. à l'opposé, au niveau du rachis cervical inférieur (RCI) étendu entre les disques C2-C3 et C7-D1, il est plus facile d'analyser les différentes composantes de la mobilité articulaire et à partir de ces bases mécaniques de classer les lésions traumatiques. La classification proposée fait suite à celles de Allen, Harris et Sénégas pour lesquels ces lésions résultent de différentes forces agissant simultanément mais dont l'une d'entre elles est dominante : nous avons retenu la compression, la flexion-extension-distraction et la rotation, vecteur dont nous avons individualisé la spécificité. Chaque groupe est subdivisé en trois en fonction de la gravité des lésions anatomocliniques rencontrées. Pour la compression, les lésions sont à dominante osseuse, il s'agit des tassements corporéaux antérieurs, des fractures comminutives, des tear drop. Pour la flexion-extension-distraction, mouvement se déroulant dans le même plan sagittal et autour du même axe transversal, les lésions sont à dominante discoligamentaire. Nous distinguons : entorses de moyenne gravité ou whiplash injuries, entorses graves en flexion ou en extension, luxations-fractures biarticulaires en flexion ou en extension. Enfin, nous classons sous le terme de traumatisme en rotation trois lésions dont l'aspect « asymétrique » est évident : les fractures uniarticulaires, les fractures-séparation du massif articulaire et les luxations uniarticulaires. Ainsi classés, les traumatismes du rachis cervical peuvent obéir à des orientations thérapeutiques différentes mais toujours dominées par l'éventuelle présence de troubles neurologiques présents dans 63 % des cas de notre étude.

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© 1998  Elsevier, Paris. Tous droits réservés.

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