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Diagnostic et traitement des embolies graisseuses

[36-725-E-10]
Xavier Capdevila : Professeur des Universités, anesthésiste-réanimateur des Hôpitaux
Yves Ryckwaert : Praticien hospitalier, anesthésiste-réanimateur des Hôpitaux
Christian Plasse : Praticien hospitalier, anesthésiste-réanimateur des Hôpitaux
Françoise d'Athis : Professeur des Universités, anesthésiste-réanimateur des Hôpitaux, chef de département
Département d'anesthésie-réanimation A, hôpital Lapeyronie, centre hospitalier universitaire de Montpellier, 34295 Montpellier cedex 5 France

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Résumé

Le syndrome d'embolie graisseuse (SEG) est une complication essentiellement liée à la traumatologie incluant une ou plusieurs fractures des os longs ou révélée dans le cadre périopératoire d'une liposuccion. La mortalité liée au SEG clinique est rapportée entre 14 et 87 %. Deux formes d'embolies graisseuses peuvent être distinguées : la migration d'emboles de graisses, forme silencieuse, prédomine largement sur le SEG avec des manifestations cliniques. La physiopathologie du SEG associe à l'obstruction de la microcirculation par les lobules graisseux, une adhésion plaquettaire, une production de fibrine et une toxicité tissulaire directe par les acides gras et les radicaux libres libérés sous l'action de la lipase pulmonaire. Le diagnostic clinique de SEG se fait classiquement par la triade insuffisance respiratoire aiguë-troubles neurologiques-syndrome pétéchial. Les formes frustes ou incomplètes sont fréquentes et peuvent être confondues avec d'autres pathologies. Les techniques diagnostiques modernes (lavage bronchoalvéolaire, échographie transoesophagienne, tomodensitométrie, résonance magnétique nucléaire) permettent une meilleure approche du mécanisme physiopathologique et améliorent le diagnostic des formes incomplètes (essentiellement neurologiques). Le traitement reste avant tout préventif. La prise en charge initiale nécessite une immobilisation des foyers fracturaires, une analgésie optimale et le maintien d'une volémie efficace. La stabilisation chirurgicale précoce reste un sujet de controverse quant à la technique (clou centromédullaire, plaque vissée) à utiliser. L'intérêt des traitements pharmacologiques (héparine, corticoïdes, alcool éthylique) n'est pas démontré.



Mots-clés : syndrome d'embolie graisseuse, acides gras libres, lipase pulmonaire, insuffisance respiratoire aiguë, troubles neurologiques, syndrome pétéchial, lavage bronchoalvéolaire, échographie transoesophagienne, résonance magnétique nucléaire

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