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DSM-5, trouble de la personnalité schizotypique et nosographie psychanalytique structurale française - 09/04/15

DSM-5, schizotypal personality disorder and the French structural psychoanalytic nosography

Doi : 10.1016/j.evopsy.2015.03.002 
Cécile Prudent a  : Psychologue clinicienne, Renaud Evrard b,  : Psychologue clinicien, Nina Claude a : Psychologue clinicienne et doctorante, Mélanie Laurent a : Psychologue clinicienne et doctorante, Claude De Tychey a : Professeur de Psychologie clinique, directeur du Groupe de Recherche en Psychopathologie clinique et Projective-axe prévention
a Groupe de recherche en psychopathologie clinique et projective-axe prévention, laboratoire InterPsy (E.A No 4432), université de Lorraine-Campus Nancy, 2-23, boulevard Albert-1er, 54015 Nancy cedex, France 
b Université de Strasbourg, CHR Metz-Thionville, membre associé EA 3071, 12, rue Goethe, 67000 Strasbourg, France 

Auteur correspondant.
Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le jeudi 09 avril 2015
Cet article a été publié dans un numéro de la revue, cliquez ici pour y accéder

Résumé

Objectifs

Nous présentons dans cet article l’évolution des critères diagnostiques du DSM-5 pour le trouble de personnalité schizotypique qui est inclus à la fois dans les troubles de personnalité et dans le nouveau spectre schizophrénique. Les différentes interprétations (catégorielle versus pleinement dimensionnelle) de vécus assimilés à la psychose renvoient à des enjeux importants pour les approches contemporaines de la santé mentale. Un des nœuds du problème semble être le développement des notions paradoxales de schizotypie « saine », « bénigne », voire « joyeuse ». Nous réfléchissons sur l’option prise de privilégier l’approche dimensionnelle, en la mettant en parallèle avec la nosographie psychanalytique structurale française, en particulier avec la définition par Bergeret du caractère schizophrénique et les suppléances dans la clinique psychanalytique structurale lacanienne.

Méthode

Nous passons en revue les points communs entre ces modèles à partir d’une étude comparative de publications anglo-saxonnes récentes dans le champ de la schizotypie et de travaux de clinique psychanalytique français.

Résultats

Les deux modèles jadis opposés se sont considérablement rapprochés avec l’acceptation dans le DSM-5 d’un point de vue dimensionnel, affirmant l’existence d’un continuum normal/pathologique en matière de fonctionnement et de traits de la personnalité.

Discussion

Le DSM-5 ne peut plus se prévaloir d’être a-théorique. L’APA affirme d’ailleurs s’appuyer sur la théorie factorielle du Big Five pour définir domaine et traits de personnalité. Mais l’APA omet de mentionner l’influence implicite des travaux de Kernberg.

Conclusion

Les auteurs proposent une approche plus intégrative, en considérant les mécanismes intrapsychiques sous-tendant le fonctionnement même de la personnalité et son expression symptomatique.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Abstract

Objectives

In this article, we present the evolution in the diagnostic criteria in the DSM-5 for schizotypal personality disorder, which is included both in personality disorders and in the new schizophrenia spectrum. The different interpretations (categorical versus fully dimensional) of experiences assimilated to psychosis raise important issues in contemporary approaches to mental health. One major aspect of the problem appears to be the development of the paradoxical notions of “healthy”, “benign” or even “happy” schizotypy. We consider the choice of favouring the dimensional approach, setting this alongside the French structural psychoanalytical nosography, and in particular the definition by Bergeret of the schizophrenic character and the notion of suppléances in Lacanian structural psychoanalytical clinical practice.

Method

We reviewed the points in common between the new DSM-5 model and the French structural psychoanalytical model, by way of a comparative study of recent English language publications in the field of schizotypy and some French psychoanalytical clinical studies.

Results

The two formerly opposing models have drawn considerably closer, with the acceptation of a dimensional perspective in the DSM-5. The choice of a dimensional rather than a categorical approach has undeniably contributed to reducing the gap between the psychiatric classification and French psychoanalytical nosography. Insofar as the new model for personality disorders – still requiring empirical validation – focuses on personality traits and functioning (assessed not only with regard to the self, but also on interpersonal level, approached via the ability for empathy and intimacy), it relies on far more stable aspects than symptoms alone, and at the same time places them on a continuum from normal to pathological. We consider this amounts to genuine progress in the detection and understanding of psychopathology.

Discussion

The DSM-5 can no longer claim to be a-theoretical (despite the long-standing position of its authors). Moreover, the American Psychiatric Association (APA) confirms that the Big Five factorial theory was used to define the field of personality and personality traits. However, the APA forgets to mention the implicit influence of the American psychoanalytical work by Kernberg, published earlier. Indeed the new severity scale for alterations in the functioning of personality in the DSM-5, whether for self or for interpersonal relationships, presents a fair number of similarities with the conceptualisations by Kernberg concerning the degrees of alteration in self and in object relations, established by this author to distinguish levels of severity in different narcissistic pathologies. Nevertheless, we feel that the new options taken up by the APA are curiously contradictory. Although they are closer to the psychoanalytical model in the new conception proposed for personality disorders, they are in some respects surprisingly distant: the paranoia disorder has disappeared and only certain of its indicators are maintained (such as persecutory delusion) in an excessively wide schizophrenia spectrum. This misses the reality of the various levels of dissociation present in psychotic entities, already reported by psychiatric pioneers, like Bleuler and by a large number of contemporary psychoanalytical psychopathologists. These levels are not strictly organised in identical manner on the intrapsychic level, and their clinical symptomatology during decompensation does not take exactly the same form. We suggest that substantially different levels of dissociation, leading to explicitly distinct symptom profiles, provide a spectrum that it would be more legitimate to call “psychosis” rather than “schizophrenia”, whilst maintaining a distinction in the contemporary psychoanalytical model between schizophrenia, paranoid schizophrenia and paranoia.

Conclusion

The authors propose a more integrative approach. This would involve symptoms, functioning dimensions and personality traits, by taking into consideration the intrapsychic mechanisms that underpin their expression, despite the difficulties in objectifying these mechanisms. The markers for these mechanisms are linked in particular to the nature of the conflicts experienced by patients, the nature of their distress and dominant defences, as well as their object investment mode and areas of conflict.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : DSM-5, Trouble schizotypique, Nosographie psychanalytique structurale française, Approche intégrative, Continuum psychotique, Caractère schizophrénique psychotique

Keywords : DSM-5, Schizotypal personality disorder, French structural psychoanalytic nosography, Integrative approach, Psychotic continuum, Psychotic schizophrenic character


Plan


 Toute référence à cet article doit porter mention : Prudent C, Evrard R, Claude N, Laurent M, De Tychey C. DSM-5, trouble de la personnalité schizotypique et nosographie structurale psychanalytique française. Evol Psychiatr 2015;vol(no):pages (pour la version papier) ou adresse URL et date de consultation (pour la version électronique).


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