Article

PDF
Access to the PDF text
Service d'aide à la décision clinique
Advertising


Free Article !

Gastroentérologie Clinique et Biologique
Vol 31, N° 11  - novembre 2007
pp. 919-928
Doi : GCB-11-2007-31-11-0399-8320-101019-200520015
Traitement non chirurgical des rectites radiques chroniques hémorragiques
Non surgical treatment of chronic hemorrhagic radiation rectitis
 

Vincent De Parades [1 et 2], Pierre Bauer [1], Philippe Marteau [3], Laurent Chauveinc [4], Thierry Bouillet [5], Patrick Atienza [1]
[1] Service de proctologie médico-interventionnelle, Groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon, Paris
[2] Service d'hépatogastroentérologie, Hôpital européen Georges-Pompidou, Paris
[3] Service de gastroentérologie, Hôpital Lariboisière, Paris
[4] Service d'oncologie, Groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon, Paris
[5] Service d'oncologie médicale, Hôpital Avicenne, Bobigny.

Tirés à part : V. De PARADES [1]

[1] Groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon, 18, rue du Sergent-Bauchat, 75012 Paris.

proctologie@hopital-dcss.org

« La nature est comme le joueur de viole dont la musique conduit et règle les danseurs : nous, médecins et chirurgiens, nous sommes les danseurs et nous devons danser en mesure quand la nature joue de la viole. » (Henri de Mondeville) [1].

Introduction

La radiothérapie occupe une place essentielle dans le traitement des cancers d'organes pelviens, notamment la prostate, l'utérus, la vessie, le rectum et le canal anal. Malgré les précautions apportées à sa réalisation, des complications locales peuvent survenir, liées aux effets des radiations ionisantes sur les tissus. Au niveau du rectum, très exposé en raison de sa position fixe et centrale dans le pelvis, elles sont de deux types qui diffèrent selon leur chronologie de survenue et leur évolution. Pendant ou durant les jours suivant l'arrêt de la radiothérapie, plus du tiers des malades présentent des lésions superficielles concernant surtout la muqueuse. Ces rectites aiguës précoces (« coup de soleil rectal ») sont en général transitoires et régressent spontanément en quelques semaines, sans séquelle fonctionnelle. Elles n'imposent l'arrêt momentané du traitement que dans moins de 1 % des cas [2]. Du reste, elles sont mal connues des gastroentérologues, car leur gestion est assurée par les radiothérapeutes dans la majorité des cas. En revanche, des rectites chroniques, tardives, plus profondes, couvrant toute l'épaisseur de la paroi digestive, intéressent au premier chef les gastroentérologues. Elles surviennent chez moins de 10 à 20 % des malades, de façon différée par rapport à la radiothérapie, en général entre 6 et 24 mois après mais parfois au-delà de dix ans. Leurs manifestations cliniques principales sont des exonérations répétées et impérieuses, un ténesme, des faux besoins glaireux et, surtout, des saignements [3, 4, 5 et 6]. Dans certains cas, ces saignements sont rares et peu abondants, dans d'autres ils peuvent s'avérer invalidants par l'inconfort clinique au quotidien et un retentissement hématologique pouvant nécessiter une supplémentation martiale, voire des transfusions globulaires répétées (tableau I) [7]. De surcroît, leur histoire naturelle est fluctuante et imprévisible mais leur arrêt spontané semble peu fréquent, a fortiori lorsqu'ils sont importants [3, 4, 5 et 6].

Cette mise au point a pour but de rappeler les principaux traitements disponibles à ce jour dans ces rectites radiques chroniques hémorragiques et de déterminer leur place réelle en pratique quotidienne.

Physiopathologie

La physiopathologie des lésions radiques chroniques est complexe et encore mal comprise. Elle fait notamment intervenir une destruction des cellules souches, une artérite oblitérante progressive et une fibrose interstitielle atteignant toute l'épaisseur de la paroi rectale. Ces processus génèrent une ischémie qui est chronique, irréversible et évolutive pendant des années après la radiothérapie avec une possible tendance à l'extension. Cela aboutit à une néovascularisation superficielle sous la forme de télangiectasies muqueuses qui sont responsables des saignements. Des ulcérations peuvent également se constituer et se manifester par des saignements mais aussi se fistuliser en profondeur, au-delà de la musculeuse. Enfin, la fibrose entraîne une rigidité pariétale et peut conduire à une sténose et/ou une microrectie [3, 4, 5 et 6].

Facteurs de risque

Le risque de survenue de ces rectites chroniques augmente avant tout avec la dose d'irradiation administrée. En effet, des complications peuvent certes survenir quelle que soit la dose mais le risque augmente de façon exponentielle à partir d'un seuil de 40 à 45 grays et devient important au-delà de 70 grays. Le risque est également influencé par le volume de rectum irradié, le mode de radiothérapie (irradiation externe ou curiethérapie), le fractionnement dans le temps et l'étalement de la dose. De même, une rectite radique précoce sévère, ayant induit une nécrose tissulaire, pourrait être la cause directe de survenue d'une rectite tardive chronique. Par ailleurs, un geste chirurgical abdominopelvien, l'administration concomitante d'une chimiothérapie, une surcharge pondérale, un diabète sucré, une hypertension artérielle, une athérosclérose, un âge avancé (vieillissement tissulaire) et/ou une possible hypersensibilité aux radiations ionisantes d'origine génétique sont aussi des facteurs prédisposants [3, 4, 5 et 6].

Diagnostic endoscopique

Afin de tenter d'homogénéiser la description des rectites radiques chroniques, des scores élémentaires ou plus élaborés ont été proposés, tenant compte notamment du nombre, de la taille et de l'extension des lésions visibles en endoscopie (tableaux II, III et IV) [8, 9, 10, 11 et 12].

La muqueuse rectale radique peut ainsi être parsemée de télangiectasies prenant l'aspect de néovaisseaux plus ou moins réguliers, dilatés et fragiles (figure 1). Elle peut également être congestive, friable et hémorragique au moindre contact (figure 2). Les autres causes de rectite, en particulier infectieuses ou inflammatoires, posent alors rarement des problèmes de diagnostic différentiel. En effet, la conjonction de l'anamnèse et de cet aspect endoscopique typique suffit en général au diagnostic de rectite radique et rend les biopsies inutiles.

En revanche, une ulcération (figure 3), une sténose et/ou une fistule ano-recto-génito-urinaire peuvent s'avérer délicates à interpréter. En effet, l'éventualité de la persistance ou de la récidive de la maladie néoplasique initiale doit alors être évoquée et, à distance de la radiothérapie, la dégénérescence du tissu radique est certes rare mais toujours possible. Cette situation est d'autant plus embarrassante que les tissus radiques sont trompeurs par leur dureté et que leur aspect en imagerie est d'interprétation difficile du fait des modifications liées à l'irradiation pouvant prendre le masque d'un tissu tumoral. Les biopsies sont alors indiquées mais elles doivent être « prudentes », à savoir peu profondes et parcimonieuses, en raison du risque de nécrose extensive et de fistulisation en profondeur [3, 4, 5 et 13].

Dans tous les cas, la coloscopie totale est indiquée chez ces malades à la recherche d'une atteinte radique associée du côlon d'amont et/ou du grêle terminal mais aussi à la recherche d'une éventuelle autre cause de saignements [14].

Traitement
Traitement médical
Topiques

Les corticoïdes sont souvent recommandés en France où nous disposons de la bétaméthasone en solution (Betnésol®) et de l'hydrocortisone en mousse (Colofoam®). Cette mousse est du reste le seul topique à avoir l'Autorisation de Mise sur le Marché dans cette indication. Pourtant, le mode d'action des corticoïdes n'est pas établi et ils n'ont fait l'objet que de rares études ouvertes peu détaillées [15, 16, 17, 18 et 19]. Seule une étude prospective, contrôlée, randomisée, a démontré que l'utilisation d'une mousse était préférable en raison d'une tolérance locale meilleure que celle d'une solution [20].

Le sucralfate (Ulcar®/Kéal®) est un sel d'aluminium adhérant à la muqueuse qui a un effet cytoprotecteur. Il a fait l'objet d'au moins sept études ouvertes cumulant une soixantaine de malades [18, 19, 21, 22, 23, 24, 25 et 26]. En outre, une étude prospective, contrôlée, randomisée, réalisée en double aveugle, a démontré que l'amélioration clinique, concernant notamment les saignements, était significativement meilleure chez 19 malades traités par deux lavements quotidiens de 2 g de sucralfate dans 20 mL d'eau associés à un placebo per os versus 18 malades traités par deux lavements quotidiens de 20 mg de prednisolone associés à de la sulfasalazine per os pendant quatre semaines [27].

Les dérivés salicylés ont été testés en raison de leur efficacité connue dans les rectites inflammatoires. Toutefois, les études ouvertes ayant évalué la sulfasalazine [16 et 19] et l'acide 5-amino-salicylique [17 et 28] se sont avérées peu convaincantes.

Les acides gras à chaînes courtes ont été testés en raison de leur effet trophique sur la muqueuse digestive. Les lavements étaient en général composés de 60 mmol d'acétate, 30 mmol de propionate et 40 mmol de butyrate. Deux études ouvertes cumulant 13 malades ont suscité des espoirs [29 et 30]. Cependant, il n'y a pas eu de différence significative par rapport au placebo dans deux études prospectives, contrôlées, randomisées, réalisées en double aveugle [31 et 32]. De surcroît, les acides gras à chaînes courtes sont compliqués à utiliser en pratique quotidienne (nécessité d'une préparation magistrale).

Drogues orales

Parmi les produits disponibles en France, la cholestyramine [33], des associations œstroprogestatives [34 et 35] et la thalidomide [36] ont fait l'objet de cas cliniques isolés. Les vitamines E et C ont été testées, en raison de leur effet antioxydant, dans le cadre d'une étude ouverte rétrospective réalisée chez 20 malades avec un effet significatif sur les saignements [37]. La vitamine A a également été proposée, en raison de son effet procicatrisant, dans le cadre d'une étude prospective, contrôlée, randomisée, réalisée en double aveugle, qui a démontré sa possible action, notamment sur les saignements, chez 10 malades versus 9 malades traités par un placebo pendant 90 jours [38]. De même, une étude prospective, contrôlée, randomisée, a montré que la diminution des saignements était significativement plus importante chez 30 malades traités par un lavement quotidien de bétaméthasone en solution associé à de la mésalazine per os et à du métronidazole per os (1,2 g/j) versus 30 malades traités par un lavement quotidien de bétaméthasone en solution associé à de la mésalazine per os seule pendant quatre semaines [39].

Les données disponibles concernant l'efficacité des drogues orales sur les saignements des rectites radiques chroniques sont donc rudimentaires et d'autres études seront nécessaires pour retenir ces résultats.

Traitement endoscopique
Photocoagulation laser

Le laser ND YAG a été testé, pour la première fois, dans une rectosigmoïdite radique en 1982 [40]. Son efficacité dans les rectites radiques hémorragiques a ensuite été confirmée par plusieurs études ouvertes cumulant une centaine de malades [41, 42, 43, 44, 45, 46, 47 et 48]. Des effets indésirables ont toutefois été rapportés : douleurs abdominales, iléus temporaire, prostatite aiguë, sténose, ulcération creusante, fistule rectovaginale [41, 42, 45, 46 et 48].

Le laser argon a également été testé dans le cadre d'études ouvertes cumulant une vingtaine de malades [49, 50, 51 et 52]. Il était supposé plus sûr que le laser ND YAG en raison de son pouvoir de pénétration moins important [53].

Électrocoagulation

La sonde bipolaire (BICAP®) [46, 54 et 55], la sonde chauffante [46 et 55] et la pince chaude [56] ont été les premiers matériels utilisés. L'électrocoagulation au plasma d'argon est plus récente. Elle permet la réalisation d'une électrocoagulation monopolaire sans contact avec la muqueuse traitée par le biais d'un gaz inerte, incolore, non inflammable et non toxique. Le gaz sert de conducteur et est extériorisé à l'extrémité d'un cathéter flexible contenant une électrode de tungstène qui délivre un courant électrique à haute fréquence. Il assure ainsi l'interface entre l'électrode et les tissus, et l'énergie électrique qu'il transmet permet alors la coagulation [57 et 58].

En pratique, l'électrocoagulation au plasma d'argon est réalisable sans anesthésie, mais cette dernière s'avère parfois préférable, notamment en cas de distension rectocolique importante et/ou en cas de lésions situées près de la jonction anorectale dont le traitement peut s'avérer douloureux. La puissance de tir est en général supérieure à 40 W afin de permettre un bon déclenchement du tir mais il semble préférable de ne pas dépasser 60 W afin de limiter le risque de complication. Le débit de gaz est le plus souvent réglé entre 0,6 et 1,2 L/mn. Il peut être augmenté au-delà si cela aide au déclenchement de l'arc électrique vers des zones d'accès difficiles mais il y a alors un risque de mauvaise tolérance du fait de la quantité importante de gaz insufflé. L'application peut se faire point par point en cas de télangiectasies localisées et peu nombreuses, ou par balayage en cas de télangiectasies nombreuses et/ou de rectite congestive diffuse. La coagulation ainsi obtenue est homogène en surface et en principe limitée en profondeur dans les tissus traités (23 mm). Le rectum mais aussi le sigmoïde peuvent bénéficier de la technique [58 et 59]. Plusieurs séances sont souvent nécessaires avec une corrélation entre le nombre de séances et l'étendue des lésions à traiter [60]. Cependant, un délai minimal de deux à quatre semaines entre deux séances est préférable afin de laisser un temps de cicatrisation suffisant [58 et 59].

L'électrocoagulation au plasma d'argon a connu un essor sans précédent depuis son apparition il y a un peu plus de dix ans et a supplanté la photocoagulation laser. Cela s'explique notamment par son utilisation plus pratique (absence de contact de la sonde avec les tissus traités, absence de fumée gênante, possibilité de traiter des lésions peu accessibles en traitement axial) mais aussi par son coût plus modeste [61].

La première publication concernant cette technique date de 1994 [57]. Depuis cette époque, aucun essai contrôlé n'a été publié. Cependant, les nombreuses études ouvertes cumulant au moins 300 malades ont toutes rapporté des taux d'efficacité de plus de 80 % sur les saignements après 1 à 3 séances en moyenne (extrêmes de 1 à 8) (tableau V) [9, 11, 60, 62, 63, 64, 65, 66, 67, 68, 69, 70, 71, 72 et 73]. Cette efficacité ainsi que les avantages sus-décrits ont permis à l'électrocoagulation au plasma d'argon de devenir la technique endoscopique de référence dans le traitement des rectites radiques hémorragiques [61].

De surcroît, l'électrocoagulation au plasma d'argon semble moins risquée que la photocoagulation laser en raison de sa moindre pénétration tissulaire. Cependant, des complications ont été décrites : fièvre avec bactériémie, troubles urinaires, ulcération, hémorragie par chute d'escarre, sténose rectale, microrectie, fistule rectovaginale, perforation et explosion intracolique [9, 60, 63, 64, 66, 68, 69, 70, 71, 72 et 73]. Cette dernière complication a été attribuée à une accumulation endoluminale de gaz coliques (hydrogène et méthane) dont l'explosion aurait été favorisée par une préparation insuffisante par lavements de Normacol®. De fait, il est actuellement recommandé de recourir à une préparation colique préalable parfaite par voie orale [11].

Formaline

La formaline est un mélange de formaldéhyde et d'eau distillée. La concentration habituellement préconisée est de 4 %. L'utilisation de cette solution dans les rectites radiques hémorragiques a été inspirée par l'expérience des urologues qui en administraient dans les cystites radiques chroniques hémorragiques [74]. C'est l'autre innovation des dix dernières années dans le traitement des rectites radiques hémorragiques. Elle agirait par un effet sclérosant sur les lésions hémorragiques [75].

En pratique, la formaline est administrée en tamponnements ou, moins souvent, en irrigations. Un simple lavement évacuateur préalable est suffisant. La procédure est le plus souvent réalisée sous anesthésie locorégionale ou générale. En cas de tamponnements, des compresses imbibées de formaline sont montées sur une pince et appliquées à travers un rectoscope ou des écarteurs. Le contact entre le tampon et la muqueuse rectale est maintenu durant 2 à 3 minutes par application. En cas d'irrigations, le temps de contact avec la muqueuse est à chaque fois de quelques secondes à quelques minutes avec un temps total de 5 à 30 minutes. Certains utilisent alors des sondes de Foley à ballonnet afin de protéger la muqueuse du sigmoïde et/ou du canal anal. Quelle que soit la méthode, la plupart des auteurs préconisent ensuite un rinçage du rectum par du sérum physiologique. Une à trois séances s'avèrent en général suffisantes.

Depuis les tamponnements de formaline réalisés pour la première fois en 1993 par Seow-Choen et al. [76], des études ouvertes cumulant au moins 350 malades ont rapporté des taux d'efficacité de plus de 70 % sur les saignements (tableau VI) [47, 75, 77, 78, 79, 80, 81, 82, 83, 84 et 85]. Depuis les irrigations administrées pour la première fois en 1986 par Rubinstein et al. [86], des études ouvertes cumulant au moins 80 malades ont rapporté des taux d'efficacité de plus de 85 % sur les saignements (tableau VII) [87, 88, 89, 90, 91, 92 et 93]. Ces résultats sont d'autant plus remarquables que les malades traités dans ces séries étaient probablement plus sévères que ceux traités dans les études portant sur l'électrocoagulation au plasma d'argon.

Des complications ont été rapportées. Certaines étaient du même type que celles décrites avec l'électrocoagulation au plasma d'argon : fièvre, ulcération, sténose, microrectie, fistule rectovaginale. D'autres complications plus spécifiques ont été décrites : colites aiguës caustiques, attribuées à des fuites de la formaline vers le haut, et troubles de la continence anale [47, 76, 77, 80, 81, 82, 84, 87, 88, 89, 91 et 92]. En outre, Stern et al. ont décrit deux cancers de la paroi rectale antérieure survenus chez des malades ayant eu une radiothérapie pour un adénocarcinome de prostate et ayant été traités par formaline en tamponnements. Il s'agissait respectivement d'un adénocarcinome diagnostiqué cinq ans et demi après la radiothérapie et deux ans et demi après l'administration de formaline, et d'un carcinome épidermoïde diagnostiqué six ans et demi après la radiothérapie et cinq ans après l'administration de formaline. Les auteurs n'ont certes pu incriminer formellement la formaline dans la survenue de ces deux cas isolés mais, par prudence, ont recommandé de régulièrement surveiller les malades traités par ce produit [85].

L'efficacité du traitement par formaline a été comparée à celle de l'électrocoagulation au plasma d'argon dans le cadre de deux études prospectives, contrôlées, randomisées, réalisées respectivement chez 19 malades [94] et 33 malades [95]. Ces deux essais, seulement disponibles sous forme de résumés, ont montré que les deux techniques avaient des résultats équivalents. Toutefois, nous pensons qu'elles sont complémentaires. En effet, l'électrocoagulation au plasma d'argon semble plus performante en cas d'atteinte radique du haut et du moyen rectum, a fortiori s'il y a une atteinte sigmoïdienne associée (figure 4) [63], alors que le traitement par formaline s'avère intéressant en cas d'atteinte du bas rectum, voire du canal anal sus-pectinéal, qui sont difficiles d'accès en endoscopie. De même, ce traitement est probablement préférable en cas de saignements très abondants (figure 5) qui « absorbent » et rendent inopérant le courant électrique ainsi qu'en cas de rectite radique étendue de façon diffuse [10 et 96].

Oxygénothérapie hyperbare

L'idée de recourir à l'oxygénothérapie hyperbare dans des rectites radiques est venue de son intérêt démontré dans les lésions radio-induites de la vessie ou de la mandibule. Son mode d'action n'est pas univoque mais elle semble surtout corriger l'hypoxie tissulaire [97].

En pratique, les séances sont le plus souvent réalisées, en ambulatoire, de façon quotidienne, dans une chambre hyperbare. Elles durent entre 45 et 120 minutes. La compression varie de 2 à 2,5 atmosphères. Le nombre total de séances est variable car le délai de réponse au traitement est aléatoire et car il n'y a pas de consensus sur un nombre maximal de compressions au-delà duquel le traitement s'avérerait vain.

L'oxygénothérapie hyperbare a été proposée pour la première fois dans une rectite radique chronique hémorragique en 1991 par Charneau et al. [98]. Depuis cette époque, des cas cliniques et des études ouvertes cumulant au moins une centaine de malades ont rapporté des taux d'efficacité de plus de 75 % sur les saignements en 24 à 67 séances de moyenne (extrêmes de 2 à 198) (tableau VIII) [99, 100, 101, 102, 103, 104, 105, 106, 107, 108, 109, 110 et 111].

Des complications ont été rapportées, surtout des otites barotraumatiques, des douleurs thoraciques et des troubles visuels le plus souvent transitoires [103, 105, 108, 109, 110 et 111]. De fait, un examen préalable des tympans est nécessaire et certaines contre-indications (claustrophobie, troubles de la conduction cardiaque, épilepsie mal contrôlée, bronchopathie, pneumothorax, etc.) doivent être respectées.

L'oxygénothérapie hyperbare pourrait être surtout intéressante en cas d'ulcérations hémorragiques et/ou en cas d'atteinte rectosigmoïdienne étendue ayant peu de chance d'être soulagée par les autres traitements. Elle pourrait également être utilisée en cas de cystite radique hémorragique concomitante.

Synthèse

Les tenants de la médecine factuelle ont du être déçus à la lecture de cette revue de la littérature tant les essais contrôlés sont rares et tant l'hétérogénéité des études les rend difficiles à comparer entre elles [112]. Cela étant dit, une synthèse raisonnable semble possible (figure 6).

Avant toute chose, la riposte thérapeutique doit être adaptée à la gêne clinique alléguée par le malade. Ainsi, les lésions endoscopiques asymptomatiques doivent être négligées. De même, l'abstention thérapeutique est justifiée en cas de saignements rares et intermittents, sans retentissement hématologique. C'est d'autant plus raisonnable que leur arrêt spontané est toujours possible [113].

Sinon, le traitement médical peut être envisagé en première intention en raison de sa simplicité de mise en œuvre et de sa bonne tolérance. L'utilisation des topiques est alors logique. En l'occurrence, il convient probablement de privilégier le sucralfate en lavement ou les corticoïdes en mousse.

L'électrocoagulation au plasma d'argon est en général envisagée en deuxième intention après échec du traitement médical. Elle est parfois indiquée d'emblée en cas de saignements plus abondants faisant craindre l'inefficacité du traitement médical [63]. Une à trois séances sont le plus souvent suffisantes.

Dans certains cas, un traitement par formaline peut être utile en complément au niveau du bas rectum et du canal anal sus-pectinéal. Par ailleurs, ce traitement est probablement préférable à l'électrocoagulation au plasma d'argon en cas de saignements très abondants et/ou en cas de rectite radique étendue de façon diffuse.

À ce stade, la majorité des malades doit être soulagée. Cependant, en cas de persistance de saignements malgré les thérapeutiques précédentes, on peut encore essayer certaines drogues orales. On peut également envisager l'oxygénothérapie hyperbare, tout particulièrement en cas d'ulcérations hémorragiques, d'atteinte rectosigmoïdienne étendue et/ou de cystite radique hémorragique concomitante. En effet, tout est permis pour éviter le traitement chirurgical car il est difficile en raison de l'importante fibrose du tissu radique et dangereux par le risque de reprise du processus radique. Il ne doit donc être proposé qu'en dernier recours et/ou dans le cadre particulier des ulcérations creusantes, des sténoses et des fistules ano-recto-génito-urinaires invalidantes [3, 4 et 5].

Conclusion

Le traitement curatif des rectites radiques chroniques hémorragiques s'est considérablement amélioré ces dix dernières années. Ainsi, les topiques de sucralfate ou de corticoïdes ainsi que l'électrocoagulation au plasma d'argon, éventuellement complétée par un traitement par formaline, permettent désormais de soulager la plupart des malades. Il persiste toutefois des situations délicates qui rappellent que la prévention de ces lésions radiques est capitale. En l'occurrence, l'effet radioprotecteur de certaines drogues administrées pendant la radiothérapie (notamment le misoprostol, le sucralfate ou l'amifostine) reste à confirmer. En revanche, les progrès technologiques ont permis l'avènement de nouvelles techniques d'irradiation comme la radiothérapie conformationnelle tridimensionnelle ou la radiothérapie en modulation d'intensité qui devraient diminuer la prévalence des complications radiques chroniques. Ces techniques modernes sont en effet moins toxiques que la radiothérapie conventionnelle en diminuant le volume de rectum irradié et en épargnant de mieux en mieux les tissus sains de voisinage, tout en étant plus précises sur les tissus cibles [114, 115 et 116].

Références

[1]
Henri de Mondeville. In : Bertet Régis. Petite histoire de la Médecine. L'Harmattan, 2005 : 71.
[2]
Otchy DP, Nelson H. Radiation injuries of the colon and rectum. Surg Clin North Am 1993 ; 73 : 1017-35.
[3]
Hayne D, Vaizey CJ, Boulos PB. Anorectal injury following pelvic radiotherapy. Br J Surg 2001 ; 88 : 1037-48.
[4]
Reis ED, Vine AJ, Heimann T. Radiation damage to the rectum and anus : pathophysiology, clinical features and surgical implications. Colorectal Dis 2002 ; 4 : 2-12.
[5]
Johnston MJ, Robertson GM, Frizelle FA. Management of late complications of pelvic radiation in the rectum and anus : a review. Dis Colon Rectum 2003 ; 46 : 247-59.
[6]
Gambacorta MA, Manfrida S, D'Agostino G, Digesu C, D'Onofrio I, Rosato H, et al. Impact of dose and volume on rectal tolerance. Rays 2005 ; 30 : 181-7.
[7]
Chutkan R, Lipp A, Wawe J. The argon plasma coagulator : a new and effective modality for treatment of radiation proctitis. Gastrointest Endosc 1997 ; 45 : AB27.
[8]
Wachter S, Gerstner N, Goldner G, Potzi R, Wambersie A, Potter R. Endoscopic scoring of late rectal mucosal damage after conformal radiotherapy for prostatic carcinoma. Radiother Oncol 2000 ; 54 : 11-9.
[9]
Canard JM, Vedrenne B, Bors G, Claude P, Bader R, Sondag D. Résultats à long terme du traitement des rectites radiques hémorragiques par la coagulation au plasma d'argon. Gastroenterol Clin Biol 2003 ; 27 : 455-9.
Zinicola R, Rutter MD, Falasco G, Brooker JC, Cennamo V, Contini S, et al. Haemorrhagic radiation proctitis : endoscopic severity may be useful to guide therapy. Int J Colorectal Dis 2003 ; 18 : 439-44.
Ben-Soussan E, Antonietti M, Savoye G, Herve S, Ducrotte P, Lerebours E. Argon plasma coagulation in the treatment of hemorrhagic radiation proctitis is efficient but requires a perfect colonic cleansing to be safe. Eur J Gastroenterol Hepatol 2004 ; 16 : 1315-8.
Chi KD, Ehrenpreis ED, Jani AB. Accuracy and reliability of the endoscopic classification of chronic radiation-induced proctopathy using a novel grading method. J Clin Gastroenterol 2005 ; 39 : 42-6.
de Parades V, Bauer P, Girodet J, Marteau P, Parisot C, Atienza P. Traitement non chirurgical des rectites radiques chroniques. Gastroenterol Clin Biol 1998 ; 22 : 688-96.
Williams HR, Vlavianos P, Blake P, Dearnaley DP, Tait D, Andreyev HJ. The significance of rectal bleeding after pelvic radiotherapy. Aliment Pharmacol Ther 2005 ; 21 : 1085-90.
Goldstein F, Khoury J, Thornton JJ. Treatment of chronic radiation enteritis and colitis with salicylazosulfapyridine and systemic corticosteroids. Am J Gastroenterol 1976 ; 65 : 201-8.
Ben Bouali A, Varlan E. Intérêt de l'association salazopyrine comprimé-lavement dans les colites radiques. Med Chir Dig 1984 ; 13 : 559-65.
Triantafillidis JK, Dadioti P, Nicolakis D, Mericas E. High doses of 5aminosalicylic acid enemas in chronic radiation proctitis : comparaison with betamethasone enemas. Am J Gastroenterol 1990 ; 85 : 1537-8.
Gul YA, Prasannan S, Jabar FM, Shaker AR, Moissinac K. Pharmacotherapy for chronic hemorrhagic radiation proctitis. World J Surg 2002 ; 26 : 1499-502.
Manojlovic N, Babic D. Radiation-induced rectal ulcer : prognostic factors and medical treatment. Hepato-Gastroenterology 2004 ; 51 : 447-50.
Rougier Ph, Zimmermann P, Pignon JP, Kac J, Crespon B, Zrihen E, et al. Rectites radiques : efficacité comparée de deux types de corticoïdes administrés localement. Med Chir Dig 1992 ; 21 : 91-3.
Kochhar R, Sharma SC, Gupta BB, Mehta SK. Rectal sucralfate in radiation proctitis. Lancet 1988 ; 2 : 400.
Ladas SD, Raptis SA. Sucralfate enemas in the treatment of chronic postradiation proctitis. Am J Gastroenterol 1989 ; 84 : 1587-9.
Kochhar R, Mehta SK, Aggarwal R, Dhar A, Patel F. Sucralfate enema in ulcerative rectosigmoid lesions. Dis Colon Rectum 1990 ; 33 : 49-51.
Stockdale AD, Biswas A. Long-term control of radiation proctitis following treatment with sucralfate enemas. Br J Surg 1997 ; 84 : 379.
Melko GP, Turco TF, Phelan TF, Sauers NM. Treatment of radiation-induced proctitis with sucralfate enemas. Ann Pharmacother 1999 ; 33 : 1274-6.
Kochhar R, Sriram PV, Sharma SC, Goel RC, Patel F. Natural history of late radiation proctosigmoiditis treated with topical sucralfate suspension. Dig Dis Sci 1999 ; 44 : 973-8.
Kochhar R, Patel F, Dhar A, Sharma SC, Ayyagari S, Aggarwal R, et al. Radiation-induced proctosigmoiditis. Prospective, randomized, double-blind controlled trial of oral sulfasalazine plus rectal steroids versus rectal sucralfate. Dig Dis Sci 1991 ; 36 : 103-7.
Baum CA, Biddle WL, Miner PB. Failure of 5-aminosalicylic acid enemas to improve chronic radiation proctitis. Dig Dis Sci 1989 ; 34 : 758-60.
Mamel JJ, Chen M, Combs W, Tanabe I. Short chain fatty acids (SCFA) enemas are useful for the treatment of chronic radiation proctitis (CRP). Gastroenterology 1995 ; 108 : A305.
Al-Sabbagh R, Sinicrope FA, Sellin JH, Shen Y, Roubein L. Evaluation of short-chain fatty acid enemas : treatment of radiation proctitis. Am J Gastroenterol 1996 ; 91 : 1814-6.
Talley NA, Chen F, King D, Jones M, Talley NJ. Short-chain fatty acids in the treatment of radiation proctitis. A randomized, double-blind, placebo-controlled, cross-over pilot trial. Dis Colon Rectum 1997 ; 40 : 1046-50.
Pinto A, Fidalgo P, Cravo M, Midoes J, Chaves P, Rosa J, et al. Short chain fatty acids are effective in short-term treatment of chronic radiation proctitis : randomized, double-blind, controlled trial. Dis Colon Rectum 1999 ; 42 : 788-95 ; discussion 795-6.
Merle V, Ducrotté P, Lerebours E, Colin R. Efficacité de la cholestyramine à forte dose dans une rectite radique hémorragique. Gastroenterol Clin Biol 1991 ; 15 : 657-8.
Niv Y, Henkin Y. Estrogen-progestin therapy and coronary heart disease in radiation-induced rectal telangiectases. J Clin Gastroenterol 1995 ; 21 : 295-7.
Wurzer H, Schafhalter-Zoppoth I, Brandstatter G, Stranzl H. Hormonal therapy in chronic radiation colitis. Am J Gastroenterol 1998 ; 93 : 2536-8.
Craanen ME, van Triest B, Verheijen RH, Mulder CJ. Thalidomide in refractory haemorrhagic radiation induced proctitis. Gut 2006 ; 55 : 1371-2.
Kennedy M, Bruninga K, Mutlu EA, Losurdo J, Choudhary S, Keshavarzian A. Successful and sustained treatment of chronic radiation proctitis with antioxidant vitamins E and C. Am J Gastroenterol 2001 ; 96 : 1080-4.
Ehrenpreis ED, Jani A, Levitsky J, Ahn J, Hong J. A prospective, randomized, double-blind, placebo-controlled trial of retinol palmitate (vitamin A) for symptomatic chronic radiation proctopathy. Dis Colon Rectum 2005 ; 48 : 1-8.
Cavcic J, Turcic J, Martinac P, Jelincic Z, Zupancic B, Panijan-Pezerovic R, et al. Metronidazole in the treatment of chronic radiation proctitis : clinical trial. Croat Med J 2000 ; 41 : 314-8.
Leuchter RS, Petrilli ES, Dwyer RM, Hacker NF, Castaldo TW. Nd : Yag laser therapy of rectosigmoid bleeding due to radiation injury. Obstet Gynecol 1982 ; 59(Suppl) : 65S-7S.
Ahlquist DA, Gostout CJ, Viggiano TR, Pemberton JH. Laser therapy for severe radiation-induced rectal bleeding. Mayo Clin Proc 1986 ; 61 : 927-31.
Alexander TJ, Dwyer RM. Endoscopic Nd : YAG laser treatment of severe radiation injury of the lower gastrointestinal tract : long-term follow-up. Gastrointest Endosc 1988 ; 34 : 407-11.
Jacobs M. YAG laser treatment for radiation proctitis. Gastrointest Endosc 1989 ; 35 : 355-6.
Lucarotti ME, Mounford RA, Bartolo DCC. Surgical management of intestinal radiation injury. Dis Colon Rectum 1991 ; 34 : 865-9.
Combes R, Hajal K, See A, Danne O, Bouvry M. Rectite radique hémorragique. Traitement par laser. Presse Med 1993 ; 22 : 1234.
Viggiano TR, Zighelboim J, Ahlquist DA, Gostout CJ, Wang KK, Larson MV. Endoscopic Nd : YAG laser coagulation of bleeding from radiation proctopathy. Gastrointest Endosc 1993 ; 39 : 513-7.
Chapuis P, Dent O, Bokey E, Galt E, Zelas P, Nicholls M, et al. The development of a treatment protocol for patients with chronic radiation-induced rectal bleeding. Aust N Z J Surg 1996 ; 66 : 680-5.
Carbatzas C, Spencer GM, Thorpe SM, Sargeant LR, Bown SG. Nd : YAG laser treatment for bleeding from radiation proctitis. Endoscopy 1996 ; 28 : 497-500.
Buchi KN, Dixon JA. Argon laser treatment of hemorrhagic radiation proctitis. Gastrointest Endosc 1987 ; 33 : 27-30.
O'Connor JJ, Strickland KI, Burleson D. Argon laser treatment of radiation proctitis. Gastrointest Endosc 1988 ; 34 : 489.
O'Connor JJ. Argon laser treatment of radiation proctitis. Arch Surg 1989 ; 124 : 749.
Taylor JG, Di Sario JA, Buchi KN. Argon laser therapy for hemorrhagic radiation proctitis : long-term results. Gastrointest Endosc 1993 ; 39 : 641-4.
Buchi KM. Radiation proctitis : therapy and prognosis. JAMA 1991 ; 265 : 1180.
Maunoury V, Brunetaud JM, Cortot A. Bipolar electrocoagulation treatment for hemorrhagic radiation injury of the lower digestive tract. Gastrointest Endosc 1991 ; 37 : 492-3.
Jensen DM, Machicado GA, Cheng S, Jensen ME, Jutabha R. A randomized prospective study of endoscopic bipolar electrocoagulation and heater probe treatment of chronic rectal bleeding from radiation telangiectasia. Gastrointest Endosc 1997 ; 45 : 20-5.
Maroy B. Traitement endoscopique d'une rectite radique hémorragique et ulcérée rebelle par une nouvelle technique d'électrocoagulation. Gastroenterol Clin Biol 1998 ; 22 : 556-7.
Grund KE, Storek D, Farin G. Endoscopic argon plasma coagulation (APC) first clinical experiences in flexible endoscopy. Endosc Surg 1994 ; 2 : 42-6.
Vargo JJ. Clinical applications of the argon plasma coagulator. Gastrointest Endosc 2004 ; 59 : 81-8.
Védrenne B, Canard JM, Denis B, Gay G, Sautereau D, Letard JC, et al. Traitement endoscopique des rectites radiques. Acta Endoscopica 2005 ; 35 : 703-4.
Tjandra JJ, Sengupta S. Argon plasma coagulation is an effective treatment for refractory hemorrhagic radiation proctitis. Dis Colon Rectum 2001 ; 44 : 1759-65.
Canard JM, Vedrenne B. Clinical application of argon plasma coagulation in gastrointestinal endoscopy : has the time come to replace the laser ? Endoscopy 2001 ; 33 : 353-7.
Fantin AC, Binek J, Suter WR, Meyenberger C. Argon beam coagulation for treatment of symptomatic radiation-induced proctitis. Gastrointest Endosc 1999 ; 49 : 515-8.
Silva RA, Correia AJ, Dias LM, Viana HL, Viana RL. Argon plasma coagulation therapy for hemorrhagic radiation proctosigmoiditis. Gastrointest Endosc 1999 ; 50 : 221-4.
Tam W, Moore J, Schoeman M. Treatment of radiation proctitis with argon plasma coagulation. Endoscopy 2000 ; 32 : 667-72.
Kaassis M, Oberti E, Burtin P, Boyer J. Argon plasma coagulation for the treatment of hemorrhagic radiation proctitis. Endoscopy 2000 ; 32 : 673-6.
Rolachon A, Papillon E, Fournet J. L'électrocoagulation au plasma d'argon est-elle un traitement efficace des malformations vasculaires digestives et des rectites radiques ? Gastroenterol Clin Biol 2000 ; 24 : 1205-10.
Smith S, Wallner K, Dominitz JA, Han B, True L, Sutlief S, et al. Argon plasma coagulation for rectal bleeding after prostate brachytherapy. Int J Radiat Oncol Biol Phys 2001 ; 51 : 636-42.
Taieb S, Rolachon A, Cenni JC, Nancey S, Bonvoisin S, Descos L, et al. Effective use of argon plasma coagulation in the treatment of severe radiation proctitis. Dis Colon Rectum 2001 ; 44 : 1766-71.
Villavicencio RT, Rex DK, Rahmani E. Efficacy and complications of argon plasma coagulation for hematochezia related to radiation proctopathy. Gastrointest Endosc 2002 ; 55 : 70-4.
Venkatesh KS, Ramanujam P. Endoscopic therapy for radiation proctitis-induced hemorrhage in patients with prostatic carcinoma using argon plasma coagulator application. Surg Endosc 2002 ; 16 : 707-10.
Ravizza D, Fiori G, Trovato C, Crosta C. Frequency and outcomes of rectal ulcers during argon plasma coagulation for chronic radiation-induced proctopathy. Gastrointest Endosc 2003 ; 57 : 519-25.
Sebastian S, O'Connor H, O'Morain C, Buckley M. Argon plasma coagulation as first-line treatment for chronic radiation proctopathy. J Gastroenterol Hepatol 2004 ; 19 : 1169-73.
Dees J, Meijssen MA, Kuipers EJ. Argon plasma coagulation for radiation proctitis. Scand J Gastroenterol 2006 ; 41(Suppl 243) : 175-8.
Donahue LA, Frank IN. Intravesical formalin for hemorrhagic cystitis : analysis of therapy. J Urol 1989 ; 141 : 809-12.
Biswal BM, Lal P, Rath GK, Shukla NK, Mohanti BK, Deo S. Intrarectal formalin application, an effective treatment for grade III haemorrhagic radiation proctitis. Radioth Oncol 1995 ; 35 : 212-5.
Seow-Choen F, Goh HS, Eu KW, Ho YH, Tay SK. A simple and effective treatment for hemorrhagic radiation proctitis using formalin. Dis Colon Rectum 1993 ; 36 : 135-8.
Mathai V, Seow-Choen F. Endoluminal formalin therapy for haemorrhagic radiation proctitis. Br J Surg 1995 ; 82 : 190.
Salvati EP. Invited commentary on application of formaldehyde for treatment of hemorrhagic radiation-induced proctitis. World J Surg 1996 ; 20 : 1094-5.
Ismail MA, Qureshi MA. Formalin dab for haemorrhagic radiation proctitis. Ann R Coll Surg Engl 2002 ; 84 : 263-4.
Chautems RC, Delgadillo X, Rubbia-Brandt L, Deleaval JP, Marti MC, Roche B. Formaldehyde application for haemorrhagic radiation-induced proctitis : a clinical and histological study. Colorectal Dis 2003 ; 5 : 24-8.
Parikh S, Hughes C, Salvati EP, Eisenstat T, Oliver G, Chinn B, et al. Treatment of hemorrhagic radiation proctitis with 4 percent formalin. Dis Colon Rectum 2003 ; 46 : 596-600.
de Parades V, Etienney I, Bauer P, Bourguignon J, Meary N, Mory B, et al. Formaline application for chronic hemorrhagic radiation proctitis. An effective but not risk-free procedure : a prospective study of 33 patients. Dis Colon Rectum 2005 ; 48 : 1535-41.
Vyas FL, Mathai V, Selvamani B, John S, Banerjee Jesudason SR. Endoluminal formalin application for haemorrhagic radiation proctitis. Colorectal Dis 2006 ; 8 : 342-6.
Haas EM, Bailey HR, Farragher I. Application of 10 percent formalin for the treatment of radiation-induced hemorrhagic proctitis. Dis Colon Rectum 2007 ; 50 : 213-7.
Stern DR, Steinhagen RM. Anorectal cancer following topical formalin application for haemorrhagic radiation proctitis. Colorectal Dis 2007 ; 9 : 275-8.
Rubinstein E, Ibsen T, Rasmussen RB, Reimer E, Sorensen BL. Formalin treatment of radiation-induced hemorrhagic proctitis. Am J Gastroenterol 1986 ; 81 : 44-5.
Saclarides TJ, King DG, Franklin JL, Doolas A. Formalin instillation for refractory radiation-induced hemorrhagic proctitis. Dis Colon Rectum 1996 ; 39 : 196-9.
Counter SF, Froese DP, Hart MJ. Prospective evaluation of formalin therapy for radiation proctitis. Am J Surg 1999 ; 177 : 396-8.
Pikarsky AJ, Belin B, Efron J, Weiss EG, Nogueras JJ, Wexner SD. Complications following formalin installation in the treatment of radiation induced proctitis. Int J Colorectal Dis 2000 ; 15 : 96-9.
Ouwendijk R, Tetteroo GW, Bode W, de Graaf EJ. Local formalin instillation : an effective treatment for uncontrolled radiation-induced hemorrhagic proctitis. Dig Surg 2002 ; 19 : 52-5.
Luna-Perez P, Rodriguez-Ramirez SE. Formalin instillation for refractory radiation-induced hemorrhagic proctitis. J Surg Oncol 2002 ; 80 : 41-4.
Tsujinaka S, Baig MK, Gornev R, de la Garza C, Hwang JK, Sands D, et al. Formalin instillation for hemorrhagic radiation proctitis. Surg Innov 2005 ; 12 : 123-8.
Cullen SN, Frenz M, Mee A. Treatment of haemorrhagic radiation-induced proctopathy using small volume topical formalin instillation. Aliment Pharmacol Ther 2006 ; 23 : 1575-9.
Hayes J, Tam W, Moore J, Schoeman Adelaide M. A prospective, randomised trial comparing argon plasma coagulation with topical formalin application in the treatment of radiation proctitis. Dis Colon Rectum 2002 ; 45 : A12-A13 (abstract).
Musunuri AS, Prabhakar B, Rao PK, Shrivastav R. Topical formalin vs argon plasma coagulation for radiation proctitis. Experience of a tertiary referral hospital in South India. Gastrointestinal Endoscopy 2006 ; 63 : AB205.
Tagkalidis PP, Tjandra JJ. Chronic radiation proctitis. ANZ J Surg 2001 ; 71 : 230-7.
Bennett MH, Feldmeier J, Hampson N, Smee R, Milross C. Hyperbaric oxygen therapy for late radiation tissue injury. Cochrane Database Syst Rev 2005 ; 3 : CD005005.
Charneau J, Bouachour G, Person B, Burtin P, Ronceray J, Boyer J. Severe hemorrhagic radiation proctitis advancing to gradual cessation with hyperbaric oxygen. Dig Dis Sci 1991 ; 36 : 373-5.
Moulin C, Li V, Loizzo F, Faudemay C, Hostein J. Intérêt de l'oxygène hyperbare dans le traitement à visée hémostatique des rectosigmoïdites radiques chroniques. Gastroenterol Clin Biol 1993 ; 17 : 520.
Nakada T, Kubota Y, Sasagawa I, Suzuki H, Yamaguchi T, Ishigooka M, et al. Therapeutic experience of hyperbaric oxygenation in radiation colitis. Report of a case. Dis Colon Rectum 1993 ; 36 : 962-5.
Hamour AA, Denning DW. Hyperbaric oxygen therapy in a woman who declined colostomy. Lancet 1996 ; 348 : 197.
Warren DC, Feehan P, Slade JB, Cianci PE. Chronic radiation proctitis treated with hyperbaric oxygen. Undersea Hyper Med 1997 ; 24 : 181-4.
Woo TCS, Joseph D, Oxer H. Hyperbaric oxygen treatment for radiation proctitis. Int J Radiation Oncology Biol Phys 1997 ; 38 : 619-22.
Carl UM, Peusch-Dreyer D, Frieling T, Schmitt G, Hartmann KA. Treatment of radiation proctitis with hyperbaric oxygen : what is the optimal number of HBO treatments ? Strahlenther Onkol 1998 ; 174 : 482-3.
Gouëllo JP, Bouachour G, Person B, Ronceray J, Cellier P, Alquier P. Intérêt de l'oxygénothérapie hyperbare dans la pathologie digestive post-radique. 36 observations. Presse Med 1999 ; 28 : 1053-7.
Kitta T, Shinohara N, Shirato H, Otsuka H, Koyanagi T. The treatment of chronic radiation proctitis with hyperbaric oxygen in patients with prostate cancer. BJU Int 2000 ; 85 : 372-4.
Mayer R, Klemen H, Quehenberger F, Sankin O, Mayer E, Hackl A, et al. Hyperbaric oxygen : an effective tool to treat radiation morbidity in prostate cancer. Radiother Oncol 2001 ; 61 : 151-6.
Fink D, Chetty N, Lehm JP, Marsden DE, Hacker NF. Hyperbaric oxygen therapy for delayed radiation injuries in gynecological cancers. Int J Gynecol Cancer 2006 ; 16 : 638-42.
Jones K, Evans AW, Bristow RG, Levin W. Treatment of radiation proctitis with hyperbaric oxygen. Radiother Oncol 2006 ; 78 : 91-4.
Dall'Era MA, Hampson NB, Hsi RA, Madsen B, Corman JM. Hyperbaric oxygen therapy for radiation induced proctopathy in men treated for prostate cancer. J Urol 2006 ; 176 : 87-90.
Girnius S, Cersonsky N, Gesell L, Cico S, Barrett W. Treatment of refractory radiation-induced hemorrhagic proctitis with hyperbaric oxygen therapy. Am J Clin Oncol 2006 ; 29 : 588-92.
Denton AS, Andreyev HJ, Forbes A, Maher EJ. Systematic review for non-surgical interventions for the management of late radiation proctitis. Br J Cancer 2002 ; 87 : 134-43.
O'Brien PC, Hamilton CS, Denham JW, Gourlay R, Franklin CI. Spontaneous improvement in late rectal mucosal changes after radiotherapy for prostate cancer. Int J Radiat Oncol Biol Phys 2004 ; 58 : 7580.
Roach M. Reducing the toxicity associated with the use of radiotherapy in men with localized prostate cancer. Urol Clin North Am 2004 ; 31 : 353-66.
Hennequin C, Quero L, Soudi H, Sergent G, Maylin C. Radiothérapie conformationnelle du cancer de la prostate : technique et résultats. Ann Urol 2006 ; 40 : 233-40.
Abbasakoor F, Vaizey CJ, Boulos PB. Improving the morbidity of anorectal injury from pelvic radiotherapy. Colorectal Dis 2006 ; 8 : 2-10.
REMERCIEMENTS

Le premier auteur remercie Marie Pierre Lang pour ses conseils avisés et Clara pour sa patience.





© 2007 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
EM-CONSULTE.COM is registrered at the CNIL, déclaration n° 1286925.
As per the Law relating to information storage and personal integrity, you have the right to oppose (art 26 of that law), access (art 34 of that law) and rectify (art 36 of that law) your personal data. You may thus request that your data, should it be inaccurate, incomplete, unclear, outdated, not be used or stored, be corrected, clarified, updated or deleted.
Personal information regarding our website's visitors, including their identity, is confidential.
The owners of this website hereby guarantee to respect the legal confidentiality conditions, applicable in France, and not to disclose this data to third parties.
Close
Article Outline