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Pathologie articulaire et péri-articulaire des membres
Rupture du ligament croisé antérieur (LCA) et lésions méniscales, ligamentaires, associées
 




Rupture aiguë du LCA


Synonymes

Anterior Cruciate Ligament tear (ACL), ACL rupture .

Définition

C’est la rupture post-traumatique, partielle ou complète du LCA.

Clinique

Mécanisme : pivot, essentiellement lors de la pratique des sports (hand-ball, football, ski, tennis, etc.). Chaque fois qu’il se produit une translation antérieure du tibia (traumatisme par choc direct postérieur sur le tibia), une rotation externe du fémur le tibia étant fixé, et un stress en valgus (association avec une atteinte du ligament collatéral médial et parfois du point d’angle postérolatéral [PAPE]). Ou bien un stress en varus rotation interne ou une hyperextension du genou (plus rare).

Sexe : risque accru chez les femmes (4-8).

Craquement (40 %) et hémarthrose initiale (72 %) sont très évocateurs. La douleur peut ne pas être très vive et le sujet reprendre l’activité mais le plus souvent l’instabilité est telle qu’une nouvelle chute survient (Figure 36-1.).



Figure 36-1.


Figure 36-1. Hémarthrose après craquement : rupture du LCA.
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Examen : recurvatum unilatéral, flessum, hémarthrose, à la recherche :

d’un tiroir antérieur, genou à 90° (Figure 36-2.) : il traduit en plus de la rupture du LCA une lésion longitudinale de la corne postérieure du ménisque médial (MM) ou une atteinte du point d’angle postéro-interne (PAPI) ;
d’une laxité antérieure par le signe de Lachman (introduit par Torg en 1976 il est, en fait, pratiqué par Trillat depuis 1963) : tiroir antérieur à 20° de flexion, la translation antérieure du tibia est perceptible, et visible, avec arrêt mou (rupture du LCA) (> 85 % des cas). En cas d’arrêt dur retardé, il traduit une rupture partielle ou une cicatrisation en nourrice du LCA sur le ligament croisé postérieur ou LCP (Figure 36-2.).



Figure 36-2.


Figure 36-2. Examen clinique.
Tiroir antérieur en flexion (a) : il signe la rupture du LCA et de la corne postérieure du MM ou du PAPI. Signe de Lachman-Trillat (bc) : pathognomonique d’une rupture du LCA en cas d’arrêt mou.
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IRM

Examen le plus sensible (Se = 94 %) et le plus spécifique (Spé = 82 %), le seul qui montre les lésions associées, méniscales notamment, qui sont, en elles-mêmes, une indication à stabiliser le genou. De plus les tests méniscaux habituels (douleurs de l’interligne, grinding test , Mac Muray) peuvent être pris en défaut en cas de rupture du LCA, surtout en cas de laxité chronique. L’IRM permet aussi le diagnostic de lésions non accessibles à l’arthroscopie et douloureuses comme les bone bruise et les entorses du ligament collatéral médial.

Séquences dans le plan sagittal, coronal et axial en DP FS. On peut compléter par une séquence T1 sagittale dans le plan du LCA.

Signes directs

Sagittale : disparition du bord antérieur du LCA qui normalement en hyposignal est tendu parallèlement à la ligne de l’échancrure intercondylienne (ligne de Blumensaat). Le LCA est en hypersignal et épaissi (dilacération en plein corps) ou bien effondré dans l’échancrure (Figure 36-3. et Figure 36-4.). Parfois il se met « en nourrice » sur le LCP (Figure 36-5.).



Figure 36-3.


Figure 36-3. Rupture du LCA. Homme, 29 ans, instabilité récente 10 ans après trauma du genou.
IRM DP FS sagittale (ab) : désinsertion fémorale du LCA qui est en hypersignal, perte du parallélisme à la ligne de l’échancrure (flèche), le fragment tibial du LCA est horizontalisé (tête de flèche). Coronale (cd) et sagittale (e) : échancrure vide (flèches) (cd). Atteinte associée de la corne postérieure du MM (de) : hypersignal vertical en « zone rouge » périphérique (têtes de flèche).
b2) 1. Reliquat tibial du LCA horizontalisé. 2. LCP. 3. Cartilage trocléen. 4. Fémur. 5. Tibia. 6. Patella.
c2) 1. Rupture du LCA. 2. LCP. 3. ML. 4. Rupture verticale du MM. 5. LCM. 6. Tendon du biceps. 7. Fragment tibial du LCA.
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Figure 36-4.


Figure 36-4. Rupture du LCA. Femme, 34 ans, hand-ball, pivot.
IRM DP FS sagittale (a), coronale (bc), sagittale (d) et axiale (e): le LCA n’est plus visible dans l’échancrure, bone bruise des condyles en hypersignal T2 (flèches) et du plateau tibial externe (tête de flèche). Rupture verticale associée du MM (flèches courtes).
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Figure 36-5.


Figure 36-5. LCA «en nourrice ». Homme, 28 ans, pivot récent au football.
IRM DP FS coronale (a), sagittale (b-e) : échancrure vide et LCA en hypersignal sur le LCP (flèche), LCP verticalisé (têtes de flèche) et bone bruise .
b2) 1. LCA attaché au LCP. 2. Veine fémorale superficielle. 3. Épanchement articulaire. 4. « Bone bruise ».
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Coronale : l’insertion haute du LCA, à la face externe et postérieure de l’échancrure, a disparu (signe de l’échancrure vide). Ce signe se voit aussi dans le plan axial (Figure 36-4.).

Signes indirects

Des contusions osseuses « en miroir » (bone bruise ), hyposignal T1 et hypersignal T2, sur le plateau tibial externe et le condyle externe, accompagnent les ruptures complètes. C’est un excellent signe indirect, très sensible (94 %) (Figure 36-4.).

Une dépression entre la trochlée et les condyles supérieure à 1,5 mm avec hypersignal sous-chondral T2 comme l’existence d’une fracture de Segond (avulsion osseuse de l’insertion tibiale de la capsule latérale) (pathognomonique mais rare) sont aussi des signes de grande valeur mais peu sensibles.

La verticalisation du LCP est un signe peu sensible (Figure 36-5.).

La subluxation du plateau tibial externe en avant du condyle externe (> 5-7 mm) est aussi un signe peu sensible.

L’avulsion de l’épine tibiale antérieure et interne est un bon signe indirect mais il ne se voit que chez l’enfant (3 %) (Figure 36-6.).



Figure 36-6.


Figure 36-6. Signes indirects de rupture.
Avulsion de l’épine tibiale chez un enfant (flèche) (a). Réduction par mise en extension sur le toit de l’échancrure (b). Il existe un risque de pseudarthrose et d’incarcération d’une lésion méniscale associée.
a2) 1. Arrachement de l’épine tibiale. 2. Fémur. 3. Patella. 4. Tibia. 5. Physe. 6. Fibula.
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Le diagnostic de rupture partielle est difficile en IRM, surtout au stade aigu. Il faut confronter l’IRM aux données cliniques (Lachman avec arrêt dur retardé). C’est le faisceau antéromédial du LCA qui cède le plus souvent, les fibres postérolatérales restant attachées au condyle latéral (Figure 36-7.). Mais l’arthroscopie reste le gold standard .



Figure 36-7.


Figure 36-7. Cas 1 : rupture partielle du LCA?
Lachman : arrêt dur retardé. IRM DP FS sagittale (a) et coronale (b) : contusion en hypersignal des fibres antéromédiales (flèches), respect des fibres postérolatérales (têtes de flèche). Le fragment distal du LCA semble toutefois détendu et horizontalisé.
Cas 2 confirmé à l’arthroscopie (c-e). IRM sagittale T2 (cd), axiale T2 (e) : LCA détendu quelques fibres restent visibles, LCA en hypersignal T2 dans l’échancrure.
Cas 3 opéré (f-h) : IRM sagittale (f), axiale (g), coronale (h) : LCA en hypersignal mais restant tendu dans le plan sagittal, pas de solution de continuité apparente à l’arthroscopie LCA distendu en plein corps non rompu.
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Évolution

Les ruptures partielles de moins de 25 % du total des fibres ont un meilleur pronostic. Au-delà de 50 % de fibres rompues, il existe une instabilité.

Traitement

Reconstruction par plastie ligamentaire autologue type Kenneth Jones ou DIDT (droit interne [gracilis] – semitendineux) chez les patients jeunes et actifs (< 50 ans).

Diagnostic différentiel : kyste infiltrant dégénératif du LCA
Définition

C’est une dégénérescence mucoïde du ligament. Il n’y a pas de traumatisme connu.

Synonyme

Mucoid degeneration of ACL .

Clinique

Âge : autour de la 5e décennie. La douleur a une topographie poplitée ou postérolatérale. La flexion est limitée aux alentours de 90° alors qu’il n’y a pas d’épanchement . Il n’y a pas d’instabilité .

IRM

Le LCA est énorme (2 ou 3), fusiforme et en hypersignal T2 homogène. Des kystes mucoïdes intraosseux sont régulièrement visibles entre les épines tibiales au pied du LCA. C’est un très bon signe indirect. Le LCA est fissuré dilacéré mais continu comme le montre bien l’arthro-TDM. Un petit corps étranger, pas forcément libre, est parfois visible dans l’échancrure. Le site donneur est la zone kystique, dégénérative, du pied du LCA. On trouve souvent un kyste mucoïde globuleux du LCP associé (Figure 36-8.).



Figure 36-8.


Figure 36-8. Kyste infiltratif du LCA. Homme, 44 ans, douleurs chroniques, pas de trauma.
Radiographie (a) : corps étranger intra-articulaire (flèche). IRM sagittale DP (b), DP FS (cd) : énorme LCA, le CE est visible (flèche). Noter les kystes mucoïdes du pied du LCA (tête de flèche) et le site donneur du CE. Arthro-TDM sagittale et coronale (e-g) : LCA kystique fissuré et CE avec son site donneur. Le CE n’est pas mobile, il reste à sa place sur les radiographies successives (flèche).
a2) 1. Corps étranger. 2. Patella. 3. Condyles fémoraux. 4. Tête de la fibula. 5. « Cicatrice » de la physe.
c2) 1. Énorme LCA dont la limite antérieure est normale. 2. LCP. 3. Veine fémorale. 4. Inflammation épanchement. 5. Ligne de Blumentaat.
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Le traitement est médical : infiltration intra-articulaire.




Associations lésionnelles



Lésion du point d’angle postérolatéral (PAPL ou PAPE)

Le point d’angle postérolatéral correspond au renforcement capsulaire postérolatéral du genou. Son atteinte isolée est rare (1,6 %), elle est le plus souvent associée à celle du pivot central, mais elle compromet la stabilité rotatoire et postérolatérale du genou. Le PAPL est constitué de :

chef latéral du gastrocnémien ;
coque condylienne postérolatérale ;
corne postérieure du ML (ménisque latéral) ;
muscle poplité et son tendon ;
ligament poplitéofibulaire ;
ligament fabellofibulaire ;
ligament poplité arqué et la bandelette iliotibiale.

D’un point de vue fonctionnel, il est indissociable du ligament collatéral latéral (LCL ou ligament collatéral fibulaire).

Clinique

Le PAPL peut être lésé en aigu, lors d’un traumatisme sportif (sports de contact), ou de façon chronique lors d’accidents d’instabilité répétés sur laxité chronique (par rupture ancienne du LCA). La lésion isolée du PAPL est rare. Le plus souvent il existe une rupture associée du pivot central et/ou du plan médial et du MM.

La clinique est pauvre, à la phase aiguë comme tardivement et les différentes manœuvres pour tester le point d’angle sont soit non réalisables (en aigu), soit peu précises (en chronique).

IRM

Le bilan précis ne peut reposer que sur elle.

Séquences DP FS 3 plans.

Les petits ligaments (poplitéofibulaires, fabellofibulaires, arqué) sont difficilement visibles. Mais on peut apprécier les hypersignaux qui correspondent à leurs avulsions.

Un hypersignal T2 de l’extrémité supérieure de la fibula doit attirer l’attention sur le PAPE. Un hypersignal plus étendu (tête de la fibula, bord postérolatéral de l’extrémité proximale de la fibula) correspond le plus souvent à une lésion du LCL, du tendon du biceps ou du tendon conjoint. Un hypersignal limité de l’apex de la fibula évoque une lésion des petits ligaments (Figure 36-9.).



Figure 36-9.


Figure 36-9. Lésion du PAPE associée à la rupture du LCA. Homme, 17 ans.
IRM T1 sagittale (a), DP FS coronale (bc), axiale (ef) : contusion-impaction de la partie antérieure du condyle fémoral médial et de la partie antérieure du plateau tibial médial (flèches) : cette lésion évoque une atteinte du PAPE. Rupture basse du LCL (tête de flèche). L’hypersignal extensif de la tête de la fibula, en dedans du biceps, qui est normal, évoque la rupture du LCL et des petits ligaments (flèche courte).
c2) 1. Œdème de la tête de la fibula. 2. Épanchement remplaçant l’extension basse du LCL. 3. LCL. 4. T. biceps. 5. ML. 6. LCP. 7. MM.
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Une étude récente de Theodorou et al. a montré que la pertinence de l’IRM pour la détection des lésions de la bandelette iliotibiale, du tendon du biceps, du tendon du gastrocnémien, du tendon poplité, du LCL, du LCA, du LCP, du ML du MM et des lésions ostéochondrales variait entre 80 et 100 %.


Lésions des freins ménisco-tibiaux du ménisque latéral

En cas de rupture du LCA, une rupture de l’attache méniscotibiale du ML existe dans 9,8 % des cas, associée à une fissure radiale ou complexe du ménisque et à une expulsion méniscale. Cette lésion est aussi associée à une plus grande prévalence d’absence du ligament méniscofémoral




Lésions méniscales



Rupture

Le ménisque médial est le plus touché (23 %) et 12 % de lésions méniscales latérales. Il s’agit d’une lésion traumatique stéréotypée qui part de la périphérie méniscale et qui fissure son axe longitudinal jusqu’au bord libre. La corne antérieure n’est jamais atteinte isolément.

La sensibilité de l’IRM pour les lésions latérales est médiocre (57 %).

IRM

Elle apparaît verticale (par rapport au plan du plateau tibial) ou oblique sur les coupes coronales et sagittales en hypersignal T2. Elle ne change pas de direction .

Elle touche la corne postérieure du ménisque médial dans la zone rouge (tiers externe) vascularisée, périphérique, du ménisque ce qui explique, chez ces sujets jeunes, la possibilité de réparation spontanée (Figure 36-10.).



Figure 36-10.


Figure 36-10. Rupture traumatique verticale du MM.
IRM DP FS coronale (a), sagittale (b) : rupture longitudinale (verticale) du MM (flèches) accompagnant une rupture du LCA (tête de flèche). La lésion siège en zone rouge.
b2) 1. Rupture verticale. 2. Corne post du MM. 3. Insertion du M. gastrocnémien médial. 4. Tendons. 5. Liquide articulaire.
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Complication : l’anse de seau
Définition

C’est une fissure verticale longitudinale post-traumatique qui débute en arrière et se continue vers l’avant. Le fragment méniscal reste longtemps attaché, en avant et en arrière, au reste du ménisque puis il se libère. L’anse de seau atteint surtout le MM (5).

Clinique

Le fragment méniscal se luxe en flexion dans l’échancrure expliquant le maître symptôme de l’anse de seau qui est le blocage . Le patient ou le chirurgien peuvent débloquer le genou par des manœuvres de flexion rotation extension.

IRM

Sagittale  : signe du « double croisé postérieur ». Le fragment luxé dans l’échancrure, volumineux, apparaît en avant du LCP (Figure 36-11.). La partie de l’anse de seau repliée sur la corne antérieure donne une « mégacorne antérieure » ou le signe du double delta (Figure 36-12.).



Figure 36-11.


Figure 36-11. Anse de seau du MM.
IRM sagittale DP FS : «double LCP » correspondant à un gros fragment méniscal dans l’échancrure en hyposignal (flèche).
1. Volumineux fragment méniscal. 2. LCP. 3. Épanchement. 4. Cartilage d’encroûtement.
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Figure 36-12.


Figure 36-12. Anse de seau du MM.
IRM DP FS sagittale : «double delta ». Gros fragment replié en avant (flèche). Pan coupé méniscal (tête de flèche) et perte du «nœud papillon » normal.
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Perte de la continuité méniscale normale (disparition du « papillon » méniscal).

Le MM résiduel est petit et de signal diminué.

Coronale  : présence d’un troisième élément dans l’échancrure en hyposignal en plus du LCA et du LCP. C’est le fragment méniscal libre. Le ménisque résiduel apparaît « en pan coupé », petit (Figure 36-13.).



Figure 36-13.


Figure 36-13. Anse de seau du MM.
IRM coronale DP FS : 3e élément en hyposignal dans l’échancrure c’est le fragment libre (flèches). Il ne faut pas confondre ce fragment avec le frein méniscal normal.
b2) 1. Volumineux fragment méniscal. 2. LCP. 3. LCA. 4. Reliquat de CP du MM. 5. Œdème tibial.
c2) 1. Fragment méniscal. 2. CA du MM. 3. CA du ML. 4. Frein ménisco-fémoral. 5. TFL.
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Axiale  : plan très utile à l’analyse de l’anse de seau car elle se forme électivement dans ce plan. Le fragment méniscal apparaît sinueux dans l’échancrure et replié sur lui-même (Figure 36-14. et Figure 36-15.).



Figure 36-14.


Figure 36-14. Anse de seau du MM. Homme, 44 ans, mouvement de valgus flexion rotation externe après accroupissement il y a 15 jours.
IRM DP FS axiale (a), coronale (b), sagittale (cd) : fragment replié et libre dans l’échancrure (flèches). Reliquat méniscal interne tronqué (tête de flèche) et hydarthrose.
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Figure 36-15.


Figure 36-15. Anse de seau du ménisque latéral. Femme, 62 ans, accroupissement prolongé. Blocage.
IRM DP FS axiale (a-c) : ML amputé (flèche), fragment libre en avant et dans l’échancrure (têtes de flèche), coronale (d) : fragment libre antérieur, sagittale (e) : il ne faut pas confondre le fragment libre adjacent au LCA avec une rupture de ce ligament.
b2) 1. Fragment libre méniscal. 2. LCP. 3. Veine. 4. Condyle médial. 5. Ligament patellaire.
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Contusion méniscale

Accompagne une contusion osseuse touche la corne postérieure du MM. Elle se traduit par un hypersignal non linéaire qu’il ne faudra pas confondre avec une rupture.




Lésions périphériques



Atteinte associée du ligament collatéral médial

Elle est fréquente (24 %).

Synonyme

Tibial collateral ligament tear .

Définition

C’est la distension ou la rupture des deux faisceaux (superficiel et profond) du ligament, secondaire à un stress en valgus. En général la rupture est haute, à l’insertion fémorale.

Clinique

Douleur interne en valgus (grade I) avec laxité (grade II et III) en extension et surtout à 20° de flexion. Une laxité interne en extension se voit en cas de rupture du LCA et du LCM. Une rupture isolée du LCM ne donne pas de laxité interne en extension.

IRM

DP FS axiale et coronale.

Épaississement et hypersignal du ligament ± interruption des fibres (Figure 36-16. et Figure 36-17.).



Figure 36-16.


Figure 36-16. Entorse du LCM isolée grade II.
IRM DP FS coronale (ab) et axiale (cd) : hypersignal en dedans du LCM et discret hypersignal intratendineux (têtes de flèches). Pas de rupture totale des fibres. Le plan axial est très utile pour l’analyse, le LCM s’insère sur l’épicondyle médial (flèche).
c2) 1. Rétinaculum patellaire. 2. Ligament collatéral tibial (LCM) rompu. 3. Tendon du Sartorius. 4. Tendon du demitendineux. 5. Tendon du gracile. 6. Tendon du gastrocnémien latéral. 7. Tendon du semimembraneux. 8. Fascia lata. 9. Tendon du biceps. 10. M. gastrocnémien latéral.
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Figure 36-17.


Figure 36-17. Entorse du LCM grade III et rupture aiguë du LCA.
IRM DP FS sagittale (a), coronale (bc) et axiale (d) : hypersignal du LCA (flèche). Le LCM est détendu, avec laxité distale et en hypersignal (têtes de flèches), inflammation importante des parties molles. Contusions multiples (flèches courtes).
b2) 1. LCT (LCM) rompu. 2. Œdème osseux et des parties molles. 3. MM. 4. TFL.
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La classification est la suivante :

grade I : hypersignal non liquidien des tissus mous et du LCM qui est épaissi ;
grade II : hypersignal T2 dans le LCM mais le tendon reste continu, pas de rétraction ;
grade III : solution de continuité du LCM et rétraction proximale ou distale.

Évolution

La guérison est la règle, même dans les stades évolués, lorsqu’il s’agit d’une lésion isolée.

Traitement

La rupture du LCM associée à celle du LCA relève de la reconstruction du LCA ± réparation du LCM.

Diagnostic différentiel
Luxation patellaire latérale

Elle est souvent réduite lorsque le sujet se présente à l’IRM. Elle peut être aiguë, macrotraumatique ou en rapport avec une insuffisance rotulienne objective (IRO) et entraîner une instabilité rotulienne récidivante.

Clinique

Mécanisme : valgus flexion rotation externe. La rotule se luxe en dehors et l’aileron rotulien interne (rétinaculum patellaire médian, RPM) se rompt (Figure 36-18.). Il existe une hémarthrose (Figure 36-19.).



Figure 36-18.


Figure 36-18. Luxation de la rotule.
Mécanisme clinique : valgus flexion rotation externe rupture de l’aileron interne (RPM), contusion face externe de la trochlée et facette rotulienne interne.
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Figure 36-19.


Figure 36-19. Luxation de la rotule.
Clinique : hémarthrose.
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Radiographie standard

Rechercher les fractures associées (crête rotulienne médiane, berge externe de la trochlée) (Figure 36-20.).



Figure 36-20.


Figure 36-20. Luxation de la rotule.
Fractures associées : crête médiane de la rotule (flèches) et de la facette trochléenne latérale (tête de flèche). Vue peropératoire d’une fracture de la crête médiane (flèche).
b2) 1. Gros fragment trochléen. 2. Patella. 3. Trochlée.
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IRM

Elle permet de corriger un faux diagnostic d’entorse interne récidivante : l’atteinte de la partie postérieure du RPM dont l’insertion se confond avec celle du LCM peut simuler une entorse du LCM sur les coupes coronales notamment. Trois signes permettent de porter, a posteriori , le diagnostic de luxation rotulienne, les coupes axiales sont les plus intéressantes :

contusion en hypersignal de la facette rotulienne interne ;
hypersignal du RPM, plus antérieur que le LCM. Les coupes coronales postérieures montrent la normalité du LCM ;
contusion de la berge trochléenne externe (Figure 36-21.).



Figure 36-21.


Figure 36-21. Instabilité patellaire objective.
Homme, 22 ans, venant pour le 6e épisode «d’entorse interne ». IRM DP FS axiale (ab) et sagittale (c) : contusions typiques de la face interne de la rotule et de la berge externe de la trochlée (flèches).
Autre exemple de luxation patellaire aiguë réduite à l’arrivée à l’IRM (d-h). Fille, 16 ans. IRM DP FS axiale (d-f) : hémarthrose avec 2 niveaux liquide-liquide (hématies en bas, sérum en haut). Contusions typiques de la rotule (médiale) et de la trochlée (latérale) (flèches). Coronale (gh) : les coupes antérieures simulent une entorse interne (hypersignal périligamentaire), les coupes plus postérieures montrent l’intégrité du LCM (tête de flèche).
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Traitement

Immobilisation en légère flexion 4-6 semaines.

Œdème

Un œdème autour du LCM peut se rencontrer dans l’arthrose, un simple traumatisme récent, une lésion du MM ou une expulsion arthrosique, voire un syndrome douloureux rotulien. Ce signe n’est donc pas spécifique d’une entorse du LCM.


Atteinte associée du ligament collatéral latéral
Synonymes

Lateral collateral ligament tear , fibular collateral ligament tear.

Définition

Distension ou rupture partielle ou complète du LCL après un stress en varus ± associée à une rotation externe.

Clinique

Douleur postérolatérale avec laxité en varus. Il existe une instabilité rotatoire postérolatérale si d’autres structures du PAPE sont lésées. Épanchement intra-articulaire en cas de lésion intra-articulaire (le LCL est extra-articulaire et non adhérent au ménisque latéral).

IRM

DP FS coronale et axiale ± sagittale. La classification est la même que pour le LCL.

Hypersignal des fibres qui sont plus ou moins discontinues et épaissies . La rupture est plutôt proximale (Figure 36-22.).



Figure 36-22.


Figure 36-22. Entorse du LCL grade III.
IRM DP FS coronale (a) et sagittale (b) : ligament détendu en distal (a), épaissi et en hypersignal (b) (flèches).
Autre exemple. IRM DP FS coronale (c) et axiale (d) : LCL en hypersignal proximal, épaissi (flèches). Contusion de l’épicondyle latéral associée (tête de flèche) et rupture verticale traumatique du MM associée à une rupture du LCA et contusion du plateau tibial externe.
a2) 1. LCL rompu. 2. Tendon du poplité. 3. ML. 4. LCP.
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Évolution

Les lésions du LCL guérissent plus lentement que celle du LCM. Les phases et étapes de la cicatrisation sont les mêmes pour tous les ligaments :

stade 1 : inflammatoire (3 premiers jours). Les fibroblastes produisent du collagène type III ;
stade 2 : réparation et régénération (6 semaines). Le collagène de type I remplace le type III ;
stade 3 : remodelage (jusqu’à 1 an après le trauma).

Traitement

Rupture isolée : conservateur (attelle en extension 2 semaines).

En cas de lésion associée : chirurgie réparatrice.




Rupture chronique du ligament croisé antérieur


Définition

Il s’agit le plus souvent d’une rupture ancienne, non réparée, en raison de l’âge ou du terrain non sportif.

Clinique

Un accident d’instabilité peut survenir secondairement. Signe de Lachman et tiroir antérieur sont présents.

IRM

DP FS axiale, coronale et sagittale.

Le LCA cicatriciel est épais ou au contraire aminci, de signal hétérogène, augmenté en T1 et T2, détendu par rapport à la ligne de l’échancrure (Figure 36-23.).



Figure 36-23.


Figure 36-23. Rupture chronique du LCA.
IRM DP FS coronale (ab), sagittale (c) : LCA aminci de signal hétérogène détendu (flèches).
Autre exemple de rupture chronique. IRM sagittale (d) et coronale (e) : accident récent d’instabilité, contusion (tête de flèche) hémarthrose. LCA épais irrégulier (flèches).
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POUR EN SAVOIR PLUS

Blankenbaker DG, De Smet AA, Fine JP. Is intra-articular pathology associated with MCL edema on MRI of the non-traumatic knee. Skeletal Radiol 2005 ; 34 (8) : 462-7.
Boutry N, Dupont D, Morillon P et al. Lésions du point d’angle postérolatéral associées à celles du pivot central. In : Le genou. Getroa-Gel opus XXXIII. Sauramps Médical, Montpellier, 2006 : 263-70.
Bretlau T, Tuxoe J, Larsen L et al. Bone bruise in the acutely injured knee. Knee Surg 2002 ; 10 : 96-101.
Brody JM, Lin HM, Hulstyn MJ, Tung GA. Lateral meniscus root tear and meniscus extrusion with anterior cruciate ligament tear. Radiology 2006 ; 239 (3) : 805-10.
Chen WT, Shih TT, Tu HY et al. Partial and complete tear of the anterior cruciate ligament. Acta Radiol 2002 ; 43 (5) : 511-6.
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