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Gastroentérologie Clinique et Biologique
Vol 27, N° 3-C2  - mars 2003
pp. 367-373
Doi : GCB-03-2003-27-3-C2-0399-8320-101019-ART2
Helicobacter pylori et les autres
 

Philippe LEHOURS
[1]  Laboratoire de Bactériologie, CHU Pellegrin, CNR de référence des Campylobacters et Helicobacters, Place Amélie-Raba-Léon, 33076 Bordeaux Cedex

Tirés à part : P. LEHOURS

[2]   Laboratoire de Bactériologie, CHU Pellegrin, CNR de référence des Campylobacters et Helicobaters, Place Amélie-Raba-Léon, 33076 Bordeaux Cedex.

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Helicobacter pylori est sans conteste le chef de file des bactéries du genre Helicobacter . De nombreuses espèces sont maintenant caractérisées et classiquement divisées en deux grands groupes : les Helicobaters gastriques et les Helicobaters entérohépatiques. Dans ces deux groupes, seules certaines espèces ont pu être isolées chez l'homme, les autres étant uniquement rencontrées chez les animaux. La pathogénicité de H. pylori est maintenant bien étudiée. H. pylori est responsable chez l'homme de gastrite, d'ulcère et de deux types de cancer : le carcinome gastrique et le lymphome du MALT. Deux souches ont été séquencées, l'une isolée d'un patient atteint d'ulcère, l'autre associée à une gastrite. Une des caractéristiques la plus frappante de H. pylori réside dans sa diversité génétique. Le rôle des Helicobaters entérohépatiques dans les maladies hépatobiliaires commence à être bien documenté, en particulier pour H. hepaticus dont le génome vient d'être séquencé. À l'inverse, nos connaissances sur la pathogénicité d'autres espèces se heurtent à la difficulté de les isoler et donc d'accéder à leur information génétique. Cependant, des modèles animaux d'infection nous permettent de disposer d'outils pour évaluer une infection naturelle par des bactéries du genre Helicobacter , voire de tester des vaccins anti- Helicobacter .

Abstract
Helicobacter pylori and the others

Since the discovery of H. pylori, several new Helicobacter species have been isolated from man and mainly from animals . Helicobacter species can be broadly grouped according to whether they colonize the gastric or enterohepatic niche . H. pylori is a bacterium of great clinical importance, essentially in the domain of gastroenterology . H. pylori infection is the first chronic infection known to give rise to cancer in man (gastric carcinoma and MALT lymphoma). The pathogenesis of H. pylori is now well studied. Two H. pylori strains have been sequenced: the first one isolated from a patient with gastric ulcer, the second one associated with gastritis. Global analysis of the gene content of H. pylori strains gives insight into the extent of its genetic diversity. Substantial evidence attests to certain extragastric Helicobacter species playing a role in the pathogenesis of enteric, hepatic and bilary disorders, especially for H. hepaticus which have just been sequenced. But isolation of non-pylori Helicobacter species continues to be a major problem, substantially limiting a better understanding of their prevalence and role. Therefore, animal modsels are of interest because of their value for modeling human disease and testing therapeutic strategies such as vaccines.


Depuis 1982, date à laquelle Helicobacter pylori a pu, pour la première fois, être cultivé à partir de biopsies gastriques, de nombreuses autres espèces du genre Helicobacter colonisant la surface des muqueuses digestives de l'homme et des animaux ont été identifiées.

On distingue deux grands groupes d' Helicobaters en fonction de leur niche écologique : les Helicobaters gastriques et les Helicobaters extra-gastriques également nommés entérohépatiques. Sauf exceptions, les Helicobaters gastriques possèdent une uréase, alors que les Helicobaters extra-gastriques en sont en général dépourvus.

Si la pathogénicité de H. pylori est maintenant largement décrite, il n'en est pas de même pour les autres espèces du genre Helicobacter . Toutefois, leur liste ne cesse de s'allonger, et leur importance en pathologie humaine de croître au fur et à mesure que leur implication dans les maladies extra-gastriques, en particulier hépatiques, se confirme.

Un arbre phylogénétique des bactéries du genre Helicobacter est présenté figure 1.

Helicobaters gastriques

De nombreuses espèces appartenant au genre Helicobacter ont pu être cultivées à partir de l'estomac de l'homme et des animaux. Le chef de file est sans conteste H. pylori . Cependant, d'autres espèces ayant également la capacité d'infecter l'homme ou simplement fournissant des modèles d'infection naturelle de leur hôte sont intéressantes à considérer.

Les différentes espèces sont présentées dans le tableau I.

Helicobaters gastriques rencontrés chez l'homme
Helicobacter pylori

La présence de bactéries gastriques spiralées fut rapportée dans la littérature bien avant 1982, date à laquelle Marshall et Warren cultivèrent pour la première fois H. pylori [1].

H. pylori est un bacille hélicoïdal à Gram négatif. Il est mobile par une ciliature polaire, microaérophile et à croissance lente. Il appartient au groupe ε des protéobactéries, bactéries adaptées à la vie dans le mucus digestif et comprenant les genres Helicobacter, Campylobacter, Wolinella et Arcobacter .

H. pylori est strictement inféodé à la muqueuse gastrique humaine. La contamination est inter-humaine et se fait sans doute préférentiellement sur le mode oro-oral. L'infection à H. pylori est très largement répandue, puisque près de 50 % de la population mondiale est infectée par cette bactérie.

Les sujets infectés ont tous une réaction inflammatoire de la muqueuse (gastrite) qui persiste aussi longtemps que la bactérie est présente et une réponse immunitaire humorale et cellulaire dirigée contre la bactérie. La gastrite à Helicobacter peut rester stable ou évoluer, soit vers une maladie ulcéreuse, soit vers une atrophie de la muqueuse pouvant aboutir à un adénocarcinome. H. pylori est l'agent étiologique de la majorité des ulcères gastriques et duodénaux et la première bactérie à avoir été impliquée dans un processus carcinogène : carcinome gastrique et lymphome du MALT [2] [3] [4] [5] [6].

Deux souches de H. pylori ont été entièrement séquencées : la souche 26695 (en 1987) et la souche J99 (en 1999). Ces deux génomes contiennent respectivement 1 667 867 et 1 643 831 paires de bases, avec un GC % de 39. Cinq régions pour la souche 26695 et 9 pour la souche J99 ont un pourcentage en GC plus bas : l'une de ces régions a été identifiée comme un îlot de pathogénicité : l'îlot cag [7], [8]. Cet îlot de pathogénicité ainsi qu'une cytotoxine nommée VacA constituent les deux facteurs de pathogénicité les plus étudiés chez H. pylori . Il semble cependant que l'uréase extrêmement abondante joue un rôle important, de même que vraisemblablement d'autres facteurs de pathogénicité non encore décrits. Ceci est l'objet d'un chapitre spécial de cette revue.

L'uréase est également un élément clé pour le diagnostic de cette bactérie. On peut la détecter directement dans la biopsie (test à l'uréase) ou indirectement (test respiratoire à l'urée marquée). L'antigène uréase est aussi souvent un des antigènes utilisés pour la sérologie.

H. pylori est l'espèce bactérienne présentant la plus grande hétérogénéité [9]. Bien avant le séquençage du génome, la diversité génétique de H. pylori avait été notée en comparant les profils générés par des approches de typage moléculaire, comme par exemple la RAPD (“Random Amplified polymorphic DNA”) [10]. La diversité génétique de H. pylori doit être considérée sous l'angle d'une microdiversité et d'une macrodiversité.

Le niveau de variation nucléotidique (microdiversité) trouvé entre les deux génomes des souches J99 et 26695 fournit une explication au caractère quasi unique de chaque souche de H. pylori quand on utilise les méthodes de typage moléculaire. Cependant, ces variations nucléotidiques étant souvent retrouvées en troisième position du codon, elles sont alors dans la majorité des cas silencieuses. Néanmoins, des variations nucléotidiques peuvent avoir une influence sur la structure secondaire, par exemple de l'ARN et entraîner, en particulier pour les variations du domaine V de l'ARNr 23S, une résistance aux macrolides [11].

La macrodiversité se base sur la présence, l'absence ou l'existence à une position différente entre les souches de segments polymorphes tels que des gènes spécifiques de souche, des éléments transposables, tout ou partie de régions chromosomales et de gènes. Pour pouvoir aligner les régions homologues des deux souches de référence, il a fallu inverser et/ou transposer dix segments, de taille variable entre 1 et 83 kpb de la séquence de la souche J99 [12]. Cependant, 1267 ORF sont positionnées entre les deux mêmes ORF, indiquant que l'ordre des gènes dans les deux génomes est très conservé. Des gènes spécifiques de souches existent. Sur la base de la comparaison des ORF identifiés, ces gènes seraient au nombre de 117 dans la souche 26695 et de 89 dans la souche J99, ce qui correspond à 6,7 % de la capacité codante du génome. Une grande partie de ces gènes spécifiques de souche est localisée dans des régions à bas pourcentage de G+C.

Divers mécanismes génétiques permettent d'expliquer cette grande hétérogénéité chez H. pylori . Le taux élevé de variations nucléotidiques retrouvé au sein des souches de H. pylori peut résulter de l'accumulation de mutations spontanées. Puisque la plupart d'entre elles n'affectent pas le phénotype (variations silencieuses), ces mutations ne subissent pas de sélection négative.

La recombinaison jouerait un rôle prépondérant dans l'évolution de la structure génétique des populations de H. pylori . La fréquence de recombinaison par rapport à celle de la mutation a pu être estimée grâce à l'utilisation d'un test d'homoplasie sur trois fragments de gènes (flaA, flaB et vacA) [13].

L'acquisition d'ADN étranger (d'origine endogène ou exogène à l'espèce) peut être considérée comme un troisième mécanisme de génération de diversité. Les segments d'ADN dont on soupçonne une origine étrangère sont ceux qui possèdent un pourcentage en G+C différent par rapport au reste du génome, l'îlot de pathogénicité cag et la région de plasticité par exemple.

Sur la base de la comparaison du génome des deux souches de référence, il semble cohérent de conclure que l'organisation générale du génome, l'ordre des gènes et les séquences protéiques théoriques sont assez similaires. Cependant, cette conclusion ne peut être généralisée à toute l'espèce, car elle est tirée de la comparaison entre deux souches qui ont presque la même origine géographique, car elles ont été isolées de deux pays anthropologiquement très liés : l'Angleterre et les Etats-Unis. Or, la comparaison des souches issues de différents pays a montré que certains génotypes étaient répartis différemment selon les régions du monde. La quasi-totalité des souches orientales possèdent l'îlot de pathogénicité cag et les allèles toxinogènes du gène vacA contre la moitié des souches européennes ou nord-américaines [14], [15].

Deux modèles génétiques ont été avancés pour expliquer les différences géographiques entre souches : la dérive génétique et la sélection [16]. Selon le modèle de la dérive génétique, les souches de H. pylori , suivant la migration humaine, ont été séparées en 2 groupes (les souches asiatiques et les souches occidentales) et ont évolué indépendamment. Ce modèle vient d'être validé par Suerbaum et al . Ces travaux montrent qu'il est possible de subdiviser H. pylori en 7 populations et sous-populations ayant chacune une distribution géographique particulière et ainsi de proposer un modèle de suivi des migrations humaines.

Le modèle de la sélection repose sur l'hypothèse que, au cours du temps, chaque souche de H. pylori a adapté son génotype à celui de l'hôte.

D'un point de vue clinique, la question d'actualité est la relation entre la diversité et la physiopathologie des souches de H. pylori . Cette diversité pourrait avoir une influence sur la pathogénicité de certaines souches ou avoir un rôle dans la capacité de survie de la bactérie dans l'hôte.

Helicobacter heilmannii

Helicobacter heilmannii a été observé pour la première fois en 1987 au niveau de biopsies gastriques humaines. H. heilmannii a été rapidement distingué de H. pylori de par sa taille plus grande, une morphologie plus spiralée, une mobilité particulière dite « en tire-bouchon » [17]. Cette espèce a été initialement désignée Gastrospirillum hominis , puis rangée dans le genre Helicobacter . Cependant, il semble exister une grande hétérogénéité au sein de cette espèce. On distinguait très récemment H. heilmannii type 1 et H. heilmannii type 2. H. heilmannii type 1 correspondrait en fait à la véritable espèce H. heilmannii , alors que le type 2 correspondrait à une espèce cultivable proche de H. felis, H. salomonis et H. bizzozeronii [18].

Contrairement à H. felis, H. heilmannii ne possède pas de fibres périplasmiques. Il est pour l'instant impossible de cultiver H. heilmannii in vitro . Il est possible cependant de le cultiver en l'inoculant dans l'estomac de la souris. L'activité uréasique de H. heilmannii n'est pas toujours mise en évidence à partir de tissus infectés du fait d'une masse bactérienne faible. Cependant, à l'aide d'amorces dégénérées conçues à partir du génome de H. pylori , des séquences d'ADN présentant des homologies, respectivement de 82 et 92 %, avec les sous-unité UreA et UreB de H. felis ont été identifiées [19].

La prévalence de l'infection à H. heilmannii chez l'homme est faible : on l'estime à 0,5 % [20]. A contrario , l'infection à H. heilmannii est très commune chez le chien, le chat, le porc et les primates [21] [22] [23] [24]. On admet donc que l'infection humaine à H. heilmannii est une zoonose. La faible prévalence de l'infection chez l'homme pourrait être due soit à une mauvaise adaptation de cette espèce à l'estomac de l'homme, voire à une compétition avec H. pylori : les infections mixtes sont en effet rarissimes.

Comparée à l'infection à H. pylori , l'infection à H. heilmannii de l'homme est paucibacillaire et antrale. H. heilmannii reste localisé dans le mucus gastrique et n'adhère pas aux cellules muqueuses. L'infection à H. heilmannii se traduit néanmoins toujours par l'apparition d'une gastrite, cependant moins inflammatoire que celle à H. pylori . Elle peut également rester asymptomatique. L'évolution naturelle de l'infection peut conduire à l'apparition d'un ulcère, d'un adénocarcinome, voire d'un lymphome gastrique du MALT. Récemment, une rémission d'un lymphome du MALT a pu être obtenue pour 5 patients à l'aide du traitement d'éradication utilisé pour H. pylori [25].

Helicobaters gastriques rencontrés chez les animaux
Helicobacter mustelae

Helicobacter mustelae a été pour la première fois isolé par Fox et al . de l'estomac d'un furet (Mustela putorius) présentant un ulcère gastrique, mais également à partir d'estomacs sans lésions ulcéreuses [26]. H. mustelae ne se présente pas sous la forme d'une bactérie spiralée, mais sous celle d'un bacille court. Sa position sur l'arbre phylogénétique le place près des Helicobaters extra-gastriques infectant le côlon et le tractus hépatobiliaire.

Bien que de H. mustelae soit spécifique du furet, il représente un modèle animal d'infection naturelle par un Helicobater gastrique très intéressant. Comme H. pylori, H. mustelae produit une uréase et adhère très fortement aux cellules épithéliales gastriques. Il est également possible d'observer des images d'endocytose. Cependant, il y a peu de bactéries libres au niveau du mucus, mais des quantités importantes dans les cryptes.

Helicobacter felis

Helicobacter felis a été pour la première fois cultivé en 1988 par Lee et al. à partir de l'estomac du chat et du chien [27].

H. felis a une structure hélicoïdale et est entouré de fibres périplasmiques disposées par paires, ce qui a permis très rapidement de le distinguer de H. heilmannii .

H. felis est l'espèce la plus fréquemment rencontrée chez le chien et le chat, en particulier domestiques. Cependant, H. felis est rarement transmis à l'homme et correspond alors dans ce cas à une zoonose [28], [29].

Les données disponibles concernant la pathogénicité de H. felis chez le chien ne permettent pas de l'impliquer clairement dans une symptomatologie gastrique particulière. H. felis possède lui aussi une uréase forte. Un modèle animal utilisant la souris a permis de montrer que H. felis possède un tropisme gastrique similaire à celui de H. pylori . L'infection est accompagnée d'une réponse inflammatoire prédominant dans le corpus [30]. Certains auteurs ont alors suggéré que H. felis puisse stimuler une réponse auto-immune. Un mécanisme similaire a été proposé pour H. pylori basé sur le mimétisme entre le lipopolysaccharide (LPS) bactérien et les antigènes Lewis de l'hôte.

Le modèle de la souris infectée par H. felis a été très utilisé comme modèle pour tester les vaccins conçus contre H. pylori . Un vaccin oral composé d'uréase et d'un adjuvant de l'immunité locale a montré un effet curatif chez les souris infectées [31]. Ces résultats offrent une perspective intéressante à l'élaboration d'un vaccin chez l'homme.

Autres Helicobacters

Helicobacter bizzozeronii et Helicobacter salomonis ont été initialement cultivés à partir de biopsies gastriques de chien [32], [33]. H. bizzozeronii est morphologiquement très proche de H. heilmannii , alors que H. salomonis se présente sous la forme d'un bacille plus court et moins spiralé. L'analyse des séquences de l'ARNr 16S de ces deux espèces montre une homologie de 99 %.

L'infection à Helicobacter acinonychis est fréquemment rencontrée chez les guépards présentant une gastrite chronique [34]. Au niveau morphologique et biochimique, H. acinonychis est très proche de H. pylori . L'analyse de l'ARNr 16S révèle en particulier 97,4 % d'homologie avec H. pylori .

Helicobacter nemestrinae a été isolé du macaque (Macaca nemestrina) [35]. Il est tellement proche de H. pylori que l'on considère aujourd'hui qu'il s'agit de la même espèce.

Helicobacter suncus a été isolé de biopsies gastriques de musaraigne (Suncus murinus) atteint de gastrite chronique [36]. L'analyse de l'ARNr 16S de cette espèce la place proche des Helicobaters des oiseaux. L'espèce H. suncus n'est cependant pas encore totalement validée.

Récemment, un nouvel Helicobater a été proposé : Candidatus Helicobacter bovis . Ce nouvel Helicobater serait associé chez les bovins à des lésions ulcéreuses observées au niveau de la panse abdominale (équivalentes chez les bovins à l'estomac de l'homme) [37].

Helicobaters entérohépatiques

Les Helicobaters extra-gastriques représentent un groupe plus important en nombre de taxons que les Helicobaters gastriques. Ces espèces dites entérohépatiques ont comme habitat la muqueuse intestinale. En général, ils ne colonisent pas la muqueuse gastrique, mais, en revanche, peuvent coloniser le foie et les voies biliaires de l'homme.

Parmis les 31 espèces d' Helicobaters décrites, 22 sont principalement associées à l'intestin. L'intérêt des ces espèces dans les maladies digestives extra-gastriques (hépatiques, par exemple) ne cesse de croître. De plus, un grand nombre d'isolats rattachés au genre Helicobacter n'ont pas encore été nommés précisément. Les différentes espèces sont présentées dans le tableau II.

Helicobaters entérohépatiques pouvant être rencontrés chez l'homme
Helicobacter cinaedi et Helicobacter fennelliae

Initialement classés dans le genre Campylobacter, Helicobacter cinaedi et H. fennelliae sont morphologiquement proches de H. hepaticus , ils n'ont cependant pas d'uréase. Il est possible d'isoler ces Helicobaters chez certains animaux, notamment le hamster. Chez l'homme, H. cinaedi et H. fennelliae ont été d'abord isolés d'écouvillonnages rectaux provenant d'homosexuels masculins [38]. H. cinaedi a été par la suite associé à des épisodes de gastro-entérites [39]. H. cinaedi et H. fennelliae peuvent être à l'origine de bactériémies, notamment chez des patients immunodéprimés ou fragilisés [40], [41]. Ces bactériémies peuvent se compliquer de cellulite ou d'arthrite septique [42].

Helicobacter canis

Helicobacter canis a été initialement isolé à partir de selles de chiens diarrhéiques [43]. Les chats peuvent également être infectés par H. canis . Cependant, le tube digestif des chats est capable d'héberger simultanément de nombreux autres pathogènes entériques potentiels, ce qui rend l'évaluation du rôle pathogène de H. canis difficile à évaluer. H. canis a pu être cultivé des selles d'un enfant de 5 ans et demi souffrant de gastro-entérite. Cette description est restée isolée, ce qui ne permet pas à ce jour de conclure précisément sur son rôle pathogène chez l'homme [44].

Helicobacter pametensis, Helicobacter pullorum et Helicobacter canadensis

Helicobacter pametensis et Helicobacter pullorum infectent les oiseaux et les mammifères (le porc, en particulier). Helicobacter canadensis possède vraisemblablement un réservoir aviaire.

H. pullorum a été associé chez l'homme à des cas de gastro-entérite [45]et également à un épisode diarrhéique accompagné d'une élévation des transaminases hépatiques et d'une hépatomégalie [46]. Il est fort probable que les infections humaines seraient de véritables zoonoses.

Helicobacter rappini (« Flexispira rappini »)

Helicobacter rappini représente un groupe hétérogène au même titre que H. heilmannii . Le genre Flexispira n'ayant jamais été validé, on parle maintenant de Helicobacter rappini. Cette bactérie a été isolée de fragments de foetus de moutons avortés [47]. Chez l'homme, des cas de diarrhées [48]et de bactériémies [49], [50]ont été décrits.

Depuis ces descriptions, d'autres isolats chez l'homme ou chez l'animal ont été rapportés sans pour autant avoir été rattachés avec précision à H. rappini , ce qui va dans le sens d'une hétérogénéité de ce groupe d' Helicobaters et laisse supposer dans l'avenir la description de nouvelles espèces.

Helicobacter bilis

Helicobacter bilis a été isolé du foie, de la vésicule biliaire, du caecum, du côlon et de la rate chez des souris de différentes lignées, âgées de 19 à 27 mois et atteintes d'hépatite chronique et/ou d'hépatome [51]. Ultérieurement, cette bactérie a été isolée de souris non consanguines, de hamsters, de gerbilles et de chiens cliniquement sains. Des séquences d'ADN spécifiques de H. bilis ont été mises en évidence dans la bile et dans la vésicule biliaire de malades atteints de cholécystite chronique [52].

L'habitat normal de H. bilis semble donc être l'intestin où cette espèce n'est responsable d'aucun pouvoir pathogène. Toutefois, chez des souris scid (ces animaux sont dépourvus de lymphocytes B et T), une co-infection par H. bilis et H. rodentium a été associée à des diarrhées sévères ainsi qu'au développement d'hépatite chronique active. Pour des raisons encore inconnues, H. bilis peut coloniser le foie, mais sa présence, même à la périphérie des lésions hépatiques, ne suffit pas à affirmer que cette espèce est pathogène.

Helicobaters entérohépatiques uniquement rencontrés chez les animaux
Helicobacter hepaticus

Helicobacter hepaticus a été découvert suite à l'observation de la survenue d'une fréquence anormalement élevée de carcinomes hépatocellulaires (CHC) chez certaines lignées de souris (A/JCr) au NIH en 1992 [53]. On sait actuellement que ces bactéries sont des bactéries microaérobies du genre Helicobacter qui résident normalement dans l'intestin des souris et qui, dans certaines circonstances, peuvent coloniser le foie où elles sont à l'origine d'une hépatite chronique qui, à la longue, conduit au carcinome [54].

Bien que H. hepaticus soit présent au niveau hépatique, il n'est pas facile à détecter, notamment par culture. On peut cependant supposer que le mécanisme de colonisation hépatique corresponde à une remontée des voies biliaires. Cette hypothèse est appuyée par l'isolement d'une souche de H. pylori d'une biopsie de foie d'un patient de 23 ans atteint de cirrhose secondaire à une maladie de Wilson.

Les lésions observées seraient dues à des phénomènes toxiques [55]ou à des processus auto-immuns, plutôt qu'à une virulence de la bactérie [56]. Des travaux ont montré la présence d'une toxine de H. hepaticus appelée CDT (cytolethal distending toxin). Trois gènes codant pour des protéines appartenant à la famille des CDT ont été séquencés chez H. hepaticus [57]. Cette toxine cause des distorsions cellulaires progressives, une accumulation des filaments d'actine du cytosquelette, un arrêt du cycle cellulaire en phase de transition G2/M et parfois la mort cellulaire [58]. Des protéines analogues sont également décrites chez d'autres bactéries pathogènes [59].

Des souris déficientes en IL-10, expérimentalement infectées par H. hepaticus , ont permis de développer un modèle animal de maladie inflammatoire de l'intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique) [60], [61]où une forte réponse immune de type Th1 est présente. Ces données ont permis de démontrer que les maladies inflammatoires de l'intestin apparaissent en réponse à des agents bactériens présents dans la flore digestive.

Helicobacter muridarum

Helicobacter muridarum colonise la muqueuse intestinale du rat et de la souris. Chez les souris âgées, cette bactérie peut gagner l'estomac et elle semble être à l'origine de gastrites chroniques [62].

Helicobacter trogontum

Helicobacter trogontum a été isolé chez des rats de laboratoire de souche Wistar et de souche Holtzman [63]. Les souches de H. trogontum ont pour origine la muqueuse du côlon, mais il semble que cette espèce puisse coloniser d'autres portions du tube digestif, car des bactéries, morphologiquement similaires, ont été observées dans le canal biliaire de rats infectés expérimentalement par Fasciola hepatica [64]. Expérimentalement, l'inoculation de souris axéniques par intubation gastrique permet d'isoler la bactérie du cæcum et du côlon et, parfois, de la muqueuse gastrique. Les animaux présentent une inflammation de la lamina propria et un infiltrat de cellules inflammatoires. De plus, il a été observé dans le foie de deux animaux. Cette dernière observation suggère que H. trogontum puisse excréter un facteur cytotoxique soluble pouvant provoquer des lésions hépatiques.

Helicobacter typhlonicus

Les premières souches de H. typhlonicus ont été isolées simultanément par deux équipes différentes, des fèces d'une souris BALB/c cliniquement saine [65]et de l'intestin de souris déficientes en IL-10 (souris knock-out IL-10–/–) [66]présentant une inflammation intestinale. L'inoculation expérimentale à des souris immunodéficientes induit le développement de lésions inflammatoires du gros intestin. En revanche, l'infection de souris immunocompétentes ne conduit qu'à une synthèse d'IgG.

Helicobacter cholecystus

Helicobacter cholecystus a été isolé de vésicules biliaires de hamster présentant une cholangiofibrose et une pancréatite centrolobulaire [67].

Conclusion

Depuis la découverte de H. pylori , l'intérêt tant scientifique que médical pour cette bactérie, mais également pour les nouvelles espèces du genre Helicobacter , ne cesse de grandir. Ces bactéries sont parfaitement adaptées aux muqueuses gastriques ou intestinales de l'homme et des animaux. Les facteurs de pathogénicité de H. pylori commencent à être connus, d'autant plus que deux souches ont été séquencées. Des données récentes mettent l'accent sur l'implication probable des autres espèces d' Helicobacter dans les maladies inflammatoires de l'intestin et dans les maladies hépatiques. La compréhension de la pathogénicité de ces bactéries se heurte à la difficulté de les cultiver. Dans l'avenir, les équipes désireuses d'approfondir ces données parfois perçues comme provocatrices devront mettre l'accent sur la mise au point de techniques de culture adaptée, afin d'avoir accès à l'information génétique de ces nouvelles espèces. Des méthodes de détection moléculaire de ces Helicobaters ont été proposées. Néanmoins, il est possible que la bile ou les biopsies de foie contiennent de puissants inhibiteurs de la PCR et les amorces utilisées peuvent influencer la sensibilité et la spécificité des résultats obtenus.

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