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Fistules rectovaginales acquises de l'adulte
Rectovaginal fistulas in adults
Gastroentérologie Clinique et Biologique
David Manaouil [1], Frédéric Dumont [1], Jean-Marc REgimbeau [1], Hervé Duval [1], Franck Brazier [1], Jean-Louis Dupas [1], Pierre Verhaeghe [1][1] Fédération Médico-Chirurgicale d'Hépato-Gastroentérologie, CHU Amiens Nord, 80054 Amiens.
Tirés à part :
J.-M. RÉGIMBEAU [1][1] Service de Chirurgie Digestive, Hôpital Nord Amiens. Université de Picardie, place Victor Pauchet, 80054 Amiens Cedex 01.
 regimbeau.jean-marc@chu.amiens.fr
DÉFINITION RAPPEL ANATOMIQUE CLASSIFICATIONS ÉTIOLOGIES • Fistules rectovaginales post-obstétricales • Fistules rectovaginales et maladie de Crohn • Fistules rectovaginales post-radiques • Fistules rectovaginales par infection crypto-glandulaire • Fistules rectovaginales post-opératoires • Autres causes - Fistules rectovaginales néoplasiques - Fistules rectovaginales traumatiques - Causes exceptionnelles DIAGNOSTIC • Symptomatologie • Examen clinique • Les examens complémentaires TRAITEMENT • Traitement pré-opératoire • Principes généraux du traitement chirurgical TECHNIQUES CHIRURGICALES • Drainage en séton • Excision et suture • Périnéo-proctotomie • Périnéotomie - Seule - Périnéotomie et suture secondaire ou d'emblée (opération de Musset) • Lambeaux - Lambeaux d'avancement rectal - Lambeau vaginal - Lambeau pédiculé de Martius - Interposition du gracilis • Plasties rectales - Intervention de Parks, intervention de Soave • Chirurgie d'exérèse rectale • Autres techniques INDICATIONS RÉSULTATS • Fistules simples - FRV obstétricales, post-chirurgicales, traumatiques, crypto-glandulaires - Fistules après chirurgie rectale - Fistules cryptiques • Fistules complexes - Maladie de Crohn - Fistules post-radiques - Fistules néoplasiques CONCLUSIONS INTRODUCTION ANATOMY CLASSIFICATIONS ETIOLOGY • Post obstetric fistulas • Crohn's disease • Post-radiation fistulas • Crypto-glandular infection • Post-operative fistulas • Others causes - Neoplastic fistulas - Traumatic fistulas - Rare causes DIAGNOSIS • Symptoms • Clinical Examination • Imaging techniques TREATMENT • Pre operative management • General principles of surgical treatment SURGICAL TECHNIQUES • Seton drainage • Excision and suture • Perineo-proctotomy • Perineotomy • Flaps - Endo rectal flap - Martius graft • Rectoplasty • Rectal resection • Other techniques INDICATIONS AND RESULTS • Simple fistulas - Post obstetrical, post operative, traumatic • Complex fistulas CONCLUSIONS
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Une fistule rectovaginale (FRV) est une communication épithélialisée pathologique entre le vagin et le rectum au travers de la cloison rectovaginale, pouvant survenir sur toute la hauteur de la paroi vaginale postérieure. Les FRV intéressant les 2/3 inférieurs du vagin représentent environ 5 % des fistules d'origine anorectale. De causes multiples, elles sont le plus souvent post-obstétricales, liées à une maladie de Crohn ou post-radiques, moins fréquemment liées à une infection crypto-glandulaire (« fistules anales »), ou post-chirurgicales. Leur localisation à la partie terminale du tube digestif, faisant communiquer tube digestif et appareil génital, les rend invalidantes sur le plan personnel et social. Souvent chroniques et/ou récidivantes, leur traitement est rendu difficile par la grande diversité des étiologies et la multitude des techniques chirurgicales qui peuvent être proposées. Les différents types de FRV, à l'exclusion des FRV congénitales et pédiatriques, leurs traitements, et en particulier les principales techniques chirurgicales, leurs indications et leurs résultats, font l'objet de cette mise au point.
La cloison recto-vaginale est limitée en haut par le cul-de-sac de Douglas formé par la réflexion du péritoine du rectum à la face postérieure du dôme vaginal et de l'utérus, sa partie basse reposant sur le centre tendineux du périnée et le sphincter anal (figure 1). La face postérieure du cul-de-sac postérieur du vagin puis la paroi postérieure du vagin sont en rapport avec le segment sous péritonéal du rectum par l'intermédiaire de la cloison recto-vaginale, haute de 7 à 8 cm (qui constitue la paroi antérieure et inférieure de la loge rectale). Elle est formée de la paroi vaginale postérieure, épaisse, accolée par l'intermédiaire du mince fascia de la gaine rectale, à la paroi antérieure du rectum dépourvue de méso [1Richardson AC. The rectovaginal septum revisited : its relationship to rectocele and its importance in rectocele repair. Clin Obstet Gynecol 1993 ; 36 : 976-83.
Click here to see the Library]. Dans un plan frontal, la cloison recto-vaginale est concave vers l'arrière, le vagin se moulant sur la convexité de l'ampoule rectale. La cloison recto-vaginale est une zone de faiblesse.
Il existe de nombreuses classifications des FRV en fonction de leur hauteur dans la cloison rectovaginale, de leur rapport avec l'appareil sphinctérien, et de leur cause. Les FRV hautes sont à distinguer de celles plus rares possibles entre le tractus digestif et la filière génitale : les fistules entre vagin et intestin grêle qui peuvent s'observer au cours de la maladie de Crohn [2Givel JC, Hawker P, Allan RN, Alexander-Williams J. Enterovaginal fistulas associated with Crohn's disease. Surg Gynecol Obstet 1982 ; 155 : 494-6.
Click here to see the Library] ou dans le cadre des entérites radiques ; les fistules entre vagin et côlon sigmoïde en cas de diverticulose compliquée ou de pathologie tumorale. Il est possible de distinguer les FRV des fistules ano-vaginales. Ces dernières ont un orifice situé au niveau de la ligne pectinée. Le trajet de ces fistules intéresse en général une part moins importante de l'appareil sphinctérien et le traitement de ces fistules est similaire à celui des FRV basses [3Senagore A. Treatment of anovaginal and rectovaginal fistulas. Semin Colon Rect Surg 1990 ; 1 : 219-23.
Click here to see the Library]. La localisation de la FRV dans la cloison rectovaginale permet de classer les FRV hautes qui font communiquer le tiers supérieur du vagin et ses culs-de-sac avec la partie moyenne de l'ampoule rectale ; dans les FRV basses, l'ouverture vaginale se fait au niveau de la fourchette vulvaire ; dans les FRV moyennes, l'ouverture vaginale se situe entre les deux précédents niveaux. En fonction de son diamètre, la FRV est considérée comme petite (inférieure à 0,5 cm), moyenne (entre 0,5 et 2,5 cm), ou grande (supérieure à 2,5 cm). Les FRV simples sont des fistules basses ou moyennes, de diamètre inférieur à 2,5 cm, d'origine traumatique ou infectieuse. Les FRV complexes sont des fistules hautes ou de diamètre supérieur à 2,5 cm ou dont l'étiologie est une maladie de Crohn, une lésion post-radique ou un cancer, étiologies qui partagent absence de guérison spontanée et risque élevé d'amputation abdominopérinéale (et théoriquement celui de dégénérescence sur trajet fistuleux) [4
Click here to see the Library et 5
Click here to see the Library]. Le type de FRV, au même titre que son étiologie, influence le choix de la technique chirurgicale qui peut être envisagée (abord transanal et/ou vaginal en cas de fistule basse, abord combiné abdominal et périnéal en cas de fistule haute ou complexe). Dans la maladie de Crohn, les FRV correspondent, dans la classification spécifique de Cardiff, à la lettre F [6Hughes LE. Surgical pathology and management of anorectal Crohn's disease. J R Soc Med 1978 ; 71 : 644-51.
Click here to see the Library].
Les causes des RFV sont multiples. Leurs proportions respectives sont difficiles à établir car il s'agit souvent de petites séries reflétant l'activité spécifique d'un service ou d'un chirurgien. Les FRV post-obstétricales et celles dues à une maladie de Crohn sont probablement les plus nombreuses représentant 10 à 30 % des FRV. Dans 10 à 20 % des cas, il s'agit de FRV post-radiques. Les FRV provoquées par une infection crypto-glandulaire sont plus rares (5 à 10 %). Les FRV post-chirurgicales semblent tenir une place de plus en plus importante avec le développement des techniques de préservation sphinctérienne et des sutures mécaniques. Les autres causes (cancers, traumatismes...) sont exceptionnelles [5
Click here to see the Library et 7
Click here to see the Library]. Dans notre expérience de 30 malades prises en charge de 1981 à 2001, la FRV était pour 40 % néoplasique, 17 % post-obstétricale, 17 % post-chirurgicale, 13 % dues à une maladie de Crohn et 10 % post-radique.
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| Fistules rectovaginales post-obstétricales |
Les FRV post-obstétricales représentent un tiers des FRV et correspondent à l'étiologie la plus anciennement décrite. Elles surviennent après un accouchement par voie basse compliqué d'une déchirure périnéale du 2e ou 3e degré (cloison rectovaginale et paroi et muqueuse anale rompue). Les facteurs de risque de cette déchirure sont de trois ordres : maternel (primiparité ; conformation du périnée trop fragile, trop résistant, trop court), fœtal (excès de volume fœtal, présentation particulière), et opératoire (extraction instrumentale, manœuvres obstétricales) [8
Click here to see the Library et 9
Click here to see the Library]. L'incidence des FRV d'origine obstétricale est également liée au degré de développement obstétrical du pays. Pour Harris et al., dans une série datant de 1970, cette incidence était de 0,6 % [10Harris RE. An evaluation of the median episiotomy. Am J Obstet Gynecol 1970 ; 106 : 660-5.
Click here to see the Library]. Sur une période de deux ans au Parcland Memorial Hospital de Dallas en 1993, sur 30 000 malades ayant accouché par voie basse, seules deux malades ont développé une FRV [11Goldaber KG, Wendel PJ, McIntire DD, Wendel GD, Jr. Postpartum perineal morbidity after fourth-degree perineal repair. Am J Obstet Gynecol 1993 ; 168 : 489-93.
Click here to see the Library]. En 1996, 1000 FRV ont été opérées à l'hôpital d'Addis Abeba (Ethiopie) [12Goh JT. Genital tract fistula repair on 116 women. Aust N Z J Obstet Gynaecol 1998 ; 38 : 158-61.
Click here to see the Library]. Les FRV post-obstétricales surviennent au niveau des deux tiers inférieurs du vagin [13
Click here to see the Library et 14
Click here to see the Library]. Elles sont la conséquence d'une méconnaissance ou d'une réparation inadéquate d'une déchirure périnéale, qu'il y ait eu ou non une épisiotomie [15Venkatesh KS, Ramanujam PS, Larson DM, Haywood MA. Anorectal complications of vaginal delivery. Dis Colon Rectum 1989 ; 32 : 1039-41.
Click here to see the Library]. Mais c'est surtout l'infection et le lâchage secondaire des sutures qui sont à l'origine de la FRV [5Rothenberger DA, Goldberg SM. The management of rectovaginal fistulae. Surg Clin North Am 1983 ; 63 : 61-79.
Click here to see the Library]. Si les lésions du sphincter anal après accouchement par voie basse sont bien documentées, cette association d'une FRV et d'une rupture du sphincter anal est moins connue [16
Click here to see the Library et 17
Click here to see the Library]. Cette association pourrait expliquer l'incidence élevée (jusqu'à 40 % dans certaines séries) de l'incontinence anale après cure isolée de FRV post-obstétricale [14
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Click here to see the Library et 21
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| Fistules rectovaginales et maladie de Crohn |
Les FRV liées à la maladie de Crohn représentent un tiers des FRV [22
Click here to see the Library, 23
Click here to see the Library et 24
Click here to see the Library]. La classification de Cardiff donne une description standardisée des lésions. Elle prend en compte leur type, leur siège, leur profondeur, leur degré d'activité (aspect translucide, bleuté, brillant des lésions actives) et l'existence d'une atteinte intestinale associée. L'orifice primaire peut être une infection cryptoglandulaire (infection d'une glande d'Hermann et Desfosses) [25Bandy LC, Addison A, Parker RT. Surgical management of rectovaginal fistulas in Crohn's disease. Am J Obstet Gynecol 1983 ; 147 : 359-63.
Click here to see the Library] ou une fissuration-ulcération (mécanisme spécifique traduisant le caractère transmural de l'inflammation) anale ou rectale. La FRV peut s'intégrer dans une fistule anopérinéale complexe et est alors associée à d'autres trajets fistuleux (intersphinctérien, trans-sphinctérien, supra-sphinctérien ou extra-sphinctérien), avec une éventuelle extension en fer à cheval ou vers l'espace intramural [27Pescatori M, Interisano A, Basso L, Arcana F, Buffatti P, Di Bella F, et al. Management of perianal Crohn's disease. Results of a multicenter study in Italy. Dis Colon Rectum 1995 ; 38 : 121-4.
Click here to see the Library]. Dans une série de 90 FRV, 45 % étaient extra ou supra-sphinctériennes, 52 % étaient trans-sphinctériennes et 3 % étaient superficielles [23Radcliffe AG, Ritchie JK, Hawley PR, Lennard-Jones JE, Northover JM. Anovaginal and rectovaginal fistulas in Crohn's disease. Dis Colon Rectum 1988 ; 31 : 94-9.
Click here to see the Library]. L'association à d'autres lésions spécifiques anopérinéales doit évoquer le diagnostic de maladie de Crohn. Les tissus péri-fistuleux sont indurés et de teinte bleutée. Comme toute lésion anopérinéale de la maladie de Crohn, les FRV peuvent apparaître comme les seuls signes de MC dans 5 % à 36 % des cas, mais des manifestations intestinales surviennent dans un délai inférieur à 1 an chez 60 % de ces malades [28Hellers G, Bergstrand O, Ewerth S, Holmstrom B. Occurrence and outcome after primary treatment of anal fistulae in Crohn's disease. Gut 1980 ; 21 : 525-7.
Click here to see the Library]. Leur incidence est influencée par la localisation intestinale de la maladie de Crohn, plus fréquente lorqu'il existe des lésions intestinales distales [28Hellers G, Bergstrand O, Ewerth S, Holmstrom B. Occurrence and outcome after primary treatment of anal fistulae in Crohn's disease. Gut 1980 ; 21 : 525-7.
Click here to see the Library]. Elles sont alors plus graves, l'atteinte rectale s'accompagnant souvent de lésions suppurantes [29Ecker KW, Lindemann W, Schmid T. Anorectal Crohn's disease. Clinical classification on the basis of local infections. Coloproctology 1993 ; 15 : 339-44.
Click here to see the Library]. Enfin, ces fistules surviennent sur un rectum au potentiel de cicatrisation altéré par la maladie et l'usage fréquent de corticoïdes [14
Click here to see the Library et 30
Click here to see the Library]. De rares cas de cancers sur le trajet de FRV ont été rapportés [4Buchmann P, Allan RN, Thompson H, Alexander-Williams J. Carcinoma in a rectovaginal fistula in a patient with Crohn's disease. Am J Surg 1980 ; 140 : 462-3.
Click here to see the Library]. L'atteinte rectale et l'activité de la maladie vont compliquer la prise en charge de la FRV [5
Click here to see the Library et 23
Click here to see the Library].
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| Fistules rectovaginales post-radiques |
La survenue d'une FRV post-radique s'observe après irradiation pelvienne réalisée pour le traitement d'un cancer du vagin, du col de l'utérus, de l'endomètre, ou du canal anal et du rectum. Les lésions séquellaires de l'irradiation nécessiteront un traitement spécifique chez 5 % de l'ensemble des malades irradié. Le taux de FRV après irradiation varie de 0,3 % à 1-3 % [31
Click here to see the Library, 32
Click here to see the Library et 33
Click here to see the Library]. En cas d'irradiation, des lésions intimales surviennent sur les petits vaisseaux, avec fibrose et une hyalinisation des vaisseaux pariétaux [34Aartsen EJ, Sindram IS. Repair of the radiation induced rectovaginal fistulas without or with interposition of the bulbocavernosus muscle (Martius procedure). Eur J Surg Oncol 1988 ; 14 : 171-7.
Click here to see the Library]. Ces lésions vasculaires entraînent une hypoxie par hypovascularisation à l'origine d'une hypocellularité des tissus irradiés. Les lésions radiques résultent donc d'une artérite oblitérante favorisée par des antécédents d'HTA et de diabète [31
Click here to see the Library, 33
Click here to see the Library et 35
Click here to see the Library]. Ces lésions d'artérite n'ont pas tendance à s'améliorer et pourraient, pour certains, s'aggraver avec le temps [36Williams JA, Jr., Clarke D, Dennis WA, Dennis EJ, III, Smith ST. The treatment of pelvic soft tissue radiation necrosis with hyperbaric oxygen. Am J Obstet Gynecol 1992 ; 167 : 412-5.
Click here to see the Library]. Les FRV post-radiques sont le plus souvent situées dans la partie haute de la cloison recto-vaginale, circonscrites par des tissus nécrotiques et scléreux tolérant mal les gestes chirurgicaux [37
Click here to see the Library et 38
Click here to see the Library]. Il existe de façon fréquente une sténose vaginale et une rectite radique qui vont compliquer le geste chirurgical et le résultat fonctionnel [34Aartsen EJ, Sindram IS. Repair of the radiation induced rectovaginal fistulas without or with interposition of the bulbocavernosus muscle (Martius procedure). Eur J Surg Oncol 1988 ; 14 : 171-7.
Click here to see the Library]. Le délai d'apparition moyen est de 1 à 2 ans, mais peut atteindre plusieurs dizaines d'années. La survenue rapide d'une FRV après irradiation, peut être en rapport avec la nécrose d'une tumeur envahissant la cloison rectovaginale [5
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Click here to see the Library et 38
Click here to see the Library].
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| Fistules rectovaginales par infection crypto-glandulaire |
Elles représentent moins de 10 % des FRV. Tout processus infectieux se développant au niveau de la cloison recto-vaginale peut être à l'origine d'une FRV (abcès périnéal, diverticulose, tuberculose, granulome vénérien, bartholinite, abcès pelvien drainé par le vagin), mais l'infection d'une crypte apparaît comme la plus fréquente de ces causes infectieuses. C'est l'infection d'une glande d'Hermann et Desfosses qui est à l'origine de la fistule (orifice primaire). Ces glandes prédominent à la partie postérieure de la ligne pectinée et les complications antérieures sont donc rares, comparées au nombre de fistules anopérinéales [39Tuxen PA, Castro AF. Rectovaginal fistula in Crohn's disease. Dis Colon Rectum 1979 ; 22 : 58-62.
Click here to see the Library]. L'infection va se propager au travers du sphincter interne, traverser une part plus ou moins importante du sphincter externe, former un abcès, qui va s'ouvrir dans le vagin, créant un orifice secondaire. L'abcès peut se collecter au voisinage de la base d'une grande lèvre simulant une bartholinite aiguë [13
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| Fistules rectovaginales post-opératoires |
Les FRV post-opératoires s'observent après chirurgie gynécologique et colorectale [5
Click here to see the Library, 14
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Click here to see the Library]. La chirurgie du rectum est devenue l'une des causes principales en raison du développement des techniques d'épargne sphinctérienne. Les anastomoses digestives mécaniques sont la principale cause de FRV post-opératoires après chirurgie colorectale quel que soit le procédé de rétablissement de continuité (anastomose colorectale, colo-anale ou iléo-anale) [24Frileux P, Berger A, Zinzindohoue F, Cugnenc PH, Parc R. Fistules recto-vaginales de l'adulte. Ann Chir 1994 ; 48 : 412-20.
Click here to see the Library]. La FRV fait suite à l'évacuation dans le vagin, d'un abcès se développant à la face antérieure de l'anastomose ou à un agrafage complet ou partiel de la paroi postérieure du vagin. Nakagoe et al. rapportent 4 FRV postopératoires sur une série de 140 malades ayant eu une anastomose colorectale basse sans radiothérapie pré-opératoire [46Nakagoe T, Sawai T, Tuji T, Nanashima A, Yamaguchi H, Yasutake T, et al. Successful transvaginal repair of a rectovaginal fistula developing after double-stapled anastomosis in low anterior resection : report of four cases. Surg Today 1999 ; 29 : 443-5.
Click here to see the Library]. Les FRV survenant après anastomose iléo-anale surviennent chez 2 à 6 % des malades. Elles sont le plus souvent observées en cas de désunion de l'anastomose sur la face antérieure du réservoir iléal et dans la maladie de Crohn [47Paye F, Penna C, Chiche L, Tiret E, Frileux P, Parc R. Pouch-related fistula following restorative proctocolectomy. Br J Surg 1996 ; 83 : 1574-7.
Click here to see the Library].
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Fistules rectovaginales néoplasiques |
D'origine colique, rectale, cervicale, utérine, ou vaginale, les lésions néoplasiques sources de fistules rectovaginales, sont soit primitives, soit liées à une récidive tumorale ou à des métastases. Il s'agit alors d'une forme évoluée de la maladie [24Frileux P, Berger A, Zinzindohoue F, Cugnenc PH, Parc R. Fistules recto-vaginales de l'adulte. Ann Chir 1994 ; 48 : 412-20.
Click here to see the Library].
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Fistules rectovaginales traumatiques |
Ces fistules traumatiques très rares sont volontiers plus hautes que les fistules obstétricales, toujours basses. Tous les traumatismes du vagin peuvent entraîner une FRV. Il peut s'agir de traumatismes coïtaux, de corps étrangers ou de mécanisme d'empalement [13
Click here to see the Library, 48
Click here to see the Library et 49
Click here to see the Library]. Les fracas du bassin peuvent aussi léser la cloison recto-vaginale [50Shafik A. Non-surgical repair of rectovaginal fistulae. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol 1996 ; 67 : 17-20.
Click here to see the Library]. Il peut s'agir de traumatismes rectaux répétés par usage de canule à lavement ou de biopsies réalisées sur un rectum radique.
La survenue d'une FRV au cours d'une recto-colite hémorragique (RCH) est très contestée. Pour beaucoup, une RCH avec FRV est une véritable maladie de Crohn. En effet, le nombre de cas de FRV sur RCH a diminué avec le temps et une meilleure définition diagnostique de la maladie de Crohn [24
Click here to see the Library, 51
Click here to see the Library et 52
Click here to see the Library]. Leucémie, tuberculose, lymphogranulomatose, ulcération après prise prolongée de suppositoires d'ergotamine ou de dextropropoxyphène et paracétamol (Diantalvic®), maladie de Behçet, endométriose de la cloison recto-vaginale, fécalome sont des causes classiques mais exceptionnelles de FRV [53
Click here to see the Library et 54
Click here to see the Library].
Parfois pauci-symptomatique la FRV se manifeste par un passage de selles ou de gaz par le vagin, une vaginite chronique ou récidivante ou une dysparéunie. À la phase aiguë, les tissus sont douloureux, tendus et inflammatoires [5
Click here to see the Library et 13
Click here to see the Library]. Les fistules radiques sont habituellement plus douloureuses [36
Click here to see the Library, 37
Click here to see the Library et 55
Click here to see the Library]. Les symptômes varient en fonction du siège et de la taille de la FRV. En cas de maladie de Crohn ou de rectite radique, la présence d'une diarrhée aggrave la symptomatologie [23
Click here to see the Library, 56
Click here to see the Library et 57
Click here to see the Library]. S'il existe un abcès d'origine crypto-glandulaire, la malade peut décrire une sensation de masse douloureuse soulagée par l'émission de pus par le vagin.
L'examen clinique demande une bonne expérience pour apprécier l'ensemble des lésions. L'examen proctologique en position gynécologique est considéré comme le meilleur moyen d'exploration, réalisé au mieux sous anesthésie générale [35
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Click here to see the Library et 60
Click here to see the Library]. L'inspection du périnée et de la marge anale est indispensable (recherche d'autres lésions évocatrices de maladie de Crohn). Le toucher anorectal apprécie une éventuelle induration pariétale et le tonus sphinctérien ; il recherche une masse et une éventuelle sténose anorectale. L'anuscopie et la rectoscopie permettent d'examiner le canal anal, la muqueuse rectale, de rechercher l'orifice primaire de la fistule et de réaliser des biopsies. Un orifice de petite taille peut n'apparaître que comme une simple dépression muqueuse. Il faut alors s'aider d'un stylet pour cathétériser avec douceur le trajet fistuleux [24
Click here to see the Library et 40
Click here to see the Library]. Si on ne parvient pas à mettre en évidence la FRV, un test au bleu de méthylène (ou à l'air) peut être utilisé : après mise en place d'un tampon vaginal, on injecte dans le rectum du bleu de méthylène qui est gardé 15 à 20 minutes. Si le test est négatif, la FRV est très improbable [5Rothenberger DA, Goldberg SM. The management of rectovaginal fistulae. Surg Clin North Am 1983 ; 63 : 61-79.
Click here to see the Library]. L'examen gynécologique par toucher et examen vaginal au spéculum doit être systématique. Au terme de l'examen clinique, il est indispensable d'établir un schéma précis des lésions. Au total, l'examen clinique est fondamental car il permet de faire le diagnostic positif et détermine la stratégie thérapeutique, en précisant les éléments indispensables que sont la taille, le siège de la FRV par rapport au sphincter anal, les lésions associées (notamment sphinctériennes ou rectales) et l'étiologie.
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| Les examens complémentaires |
Le diagnostic de FRV est clinique. Aucun examen n'est indispensable au diagnostic positif. Les explorations complémentaires sont nécessaires pour certaines FRV complexes notament au cours de la maladie de Crohn ou s'il existe une sténose anorectale infranchissable. Ils permettent de rechercher une atteinte sphinctérienne ou une collection associée. Ils sont surtout indiqués pour réaliser le bilan du terrain. — L'endosonographie est réalisée par voie vaginale et surtout anale. Elle est faite systématiquement pour les FRV obstétricales, elle permet alors d'apprécier l'intégrité des sphincters anaux. Une manométrie anorectale doit alors être associée [20
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Click here to see the Library et 62
Click here to see the Library]. Dans la maladie de Crohn, elle met en évidence des trajets complexes et des collections périnéales. — Le scanner pelvien peut être réalisé en cas de maladie de Crohn afin de rechercher des collections pelviennes, il s'agit cependant d'un examen peu performant pour le périnée [63
Click here to see the Library et 64
Click here to see the Library]. — L'IRM avec antenne endorectale apporte les mêmes renseignements que l'endosonographie, quant à la topographie du trajet fistuleux et la localisation du trajet abcédé. Il est difficile de trancher entre ces deux examens, ils seront privilégiés selon les compétences techniques et l'expérience locale [65
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Click here to see the Library et 68
Click here to see the Library]. Un bilan exhaustif des autres localisations de la maladie de Crohn reste indispensable (coloscopie, transit du grêle), un traitement chirurgical ne pouvant être envisagé que sur un rectum sain [23Radcliffe AG, Ritchie JK, Hawley PR, Lennard-Jones JE, Northover JM. Anovaginal and rectovaginal fistulas in Crohn's disease. Dis Colon Rectum 1988 ; 31 : 94-9.
Click here to see the Library]. En cas de FRV radiques, il faudra renouveler le bilan d'extension du cancer initial et réaliser des biopsies prudentes de la FRV [24
Click here to see the Library, 31
Click here to see the Library et 32
Click here to see the Library]. Il faut toujours faire, dans le même temps, un bilan du cancer initial [69Nowacki MP, Szawlowski AW, Borkowski A. Parks'coloanal sleeve anastomosis for treatment of postirradiation rectovaginal fistula. Dis Colon Rectum 1986 ; 29 : 817-20.
Click here to see the Library]. La recherche d'une rectite radique impose une exploration endoscopique du rectum. Les fistules urinaires associées sont fréquentes, faisant discuter la réalisation d'une cystoscopie et d'une urographie intra-veineuse [5Rothenberger DA, Goldberg SM. The management of rectovaginal fistulae. Surg Clin North Am 1983 ; 63 : 61-79.
Click here to see the Library]. Enfin le transit baryté permet d'éliminer une fistule d'origine iléale [70Cooke SA, de Moor NG. The surgical treatment of the radiation-damaged rectum. Br J Surg 1981 ; 68 : 488-92.
Click here to see the Library] et la fistulographie n'a plus de place dans le bilan d'une FRV [71Kuijpers HC, Schulpen T. Fistulography for fistula-in-ano. Is it useful ? Dis Colon Rectum 1985 ; 28 : 103-4.
Click here to see the Library].
Il s'agit surtout du traitement de la maladie sous-jacente, notamment en cas de maladie de Crohn, les malades devant être opérées en période de rémission et avec un rectum sain [5
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Click here to see the Library et 72
Click here to see the Library]. Le traitement chirurgical définitif doit être réalisé sur un périnée propre et cicatrisé. Un délai de 3 à 6 mois après l'apparition de la FRV est nécessaire en raison de l'existence constante de phénomènes inflammatoires locaux, quelle que soit la cause de la fistule [2
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Click here to see the Library et 73
Click here to see the Library]. De plus, la fermeture spontanée, dans les 6 mois, de petites FRV simples (post-obstétricales ou traumatiques) serait possible dans la moitié des cas [3Senagore A. Treatment of anovaginal and rectovaginal fistulas. Semin Colon Rect Surg 1990 ; 1 : 219-23.
Click here to see the Library]. Les phénomènes inflammatoires seront traités par des soins antiseptiques locaux. Toutes les collections suppurées doivent être drainées surtout dans la maladie de Crohn et les infections crypto-glandulaires. Un drainage en séton non serré (figure 2) (non délétère pour un sphincter anal potentiellement lésé) peut être laissé en place [5
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Click here to see the Library].
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| Principes généraux du traitement chirurgical |
Quel que soit le geste réalisé, les principes de base suivants doivent être respectés [5
Click here to see the Library, 61
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Click here to see the Library] : a) l'orifice rectal doit être fermé quel que soit le procédé choisi. On considère en effet que la FRV se comporte comme un shunt entre une zone de haute et de basse pression et la suture doit porter sur le versant à haute pression [41
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Click here to see the Library et 48
Click here to see the Library]. Cette fermeture permet, de plus, de corriger une source d'infection continue du foyer opératoire [60Regimbeau JM, Panis Y, De P, V, Marteau P, Valleur P. Manifestations ano-périnéales de la maladie de Crohn. Gastroenterol Clin Biol 2000 ; 24 : 36-47.
Click here to see the Library] ; b) la suture vaginale n'est jamais indispensable. Son épithélialisation se produit rapidement si on parvient à interposer un tissu sain dans la cloison recto-vaginale ; c) l'excision du trajet fistuleux (avec examen anatomopathologique) doit être faite ; d) la mobilisation large au-delà de la fistule par une dissection atraumatique permet la réalisation de suture sans tension. Dans le traitement des FRV, la dérivation fécale peut être envisagée comme a) une stomie définitive, si on estime que la fistule ne peut être fermée. La dérivation définitive des selles soulage la malade des symptômes engendrés par la fistule ; b) une stomie thérapeutique, avec pour but la fermeture de la fistule. Nous n'avons trouvé aucun cas de fermeture de FRV complexes par dérivation fécale seule, mais la dérivation du flux fécal a toujours un effet bénéfique sur les symptômes et permet une régression franche des signes inflammatoires locaux ; c) une stomie de protection qui permettrait d'améliorer le taux de cicatrisation de la FRV. Cependant, la stomie systématique n'a pas clairement démontré ses avantages, c'est cependant une option systématiquement choisie pour le traitement des FRV post-radiques, des FRV récidivées, des FRV après chirurgie du rectum avec nouvelle anastomose [25
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Click here to see the Library]. La dérivation du flux fécal ne doit donc pas être réalisée de façon systématique. Elle peut être proposée en cas de maladie de Crohn active ou d'infection sévère en attendant la réparation et, de façon définitive, dans les cancers non résécables.
Le traitement des FRV basses peut faire appel au drainage par séton, se faire par voie périnéo-vaginale (excision et suture, périnéotomie seule, périnéotomie et suture secondaire ou d'emblée, dite opération de Musset), par voie transanale (lambeau d'avancement musculo-muqueux rectal, lambeau vaginal) ou en utilisant les techniques de plasties ou d'interpositions (technique de Martius, interposition du droit interne ou graciloplastie). Le traitement des FRV hautes fait appel aux plasties rectales (intervention de Parks ou de Soave, intervention de Bricker et Johnston) et à la chirurgie d'exérèse rectale.
Décrit en 1840 par Barton, c'est le geste le plus ancien après la fistulotomie. Il consiste à mettre en place dans la FRV un séton (crin de Florence ou drain souple) qui est laissé sans traction. Ce drainage ne va pas fermer la fistule, mais tarir l'infection et l'inflammation qui lui est secondaire (figure 2). Cette technique est efficace pour le contrôle des fistules complexes en interrompant la cicatrisation orificielle externe et la rétention. L'amélioration des symptômes permet d'éviter ou de surseoir à la chirurgie [56Steichen FM, Barber HK, Loubeau JM, Iraci JC. Bricker-Johnston sigmoid colon graft for repair of postradiation rectovaginal fistula and stricture performed with mechanical sutures. Dis Colon Rectum 1992 ; 35 : 599-603.
Click here to see the Library]. Ce drainage peut être envisagé de façon très prolongée dans la maladie de Crohn [7
Click here to see the Library et 77
Click here to see the Library].
Cette technique est destinée aux FRV simples. Elle peut être réalisée par voie vaginale, rectale, périnéale transverse ou bien combiner ces différentes possibilités. L'abord vaginal est le plus commun, la fistule est débridée jusqu'au rectum. Une incision périnéale transverse permet alors d'interposer, entre les deux orifices fermés, les tissus sains avoisinants. Ceux-ci peuvent être la muqueuse rectale, la paroi rectale, les muscles releveurs de l'anus et la muqueuse vaginale [14
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Click here to see the Library et 76
Click here to see the Library]. Ces différentes techniques réalisent de façon systématique une fermeture en deux plans du rectum et surtout une plastie des releveurs de l'anus, permettant d'interposer un tissu sain et épais.
Cette méthode, efficace dans les fistules anovaginales, ne l'est pas dans les fistules rectovaginales en raison des risques d'incontinence [5Rothenberger DA, Goldberg SM. The management of rectovaginal fistulae. Surg Clin North Am 1983 ; 63 : 61-79.
Click here to see the Library].
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Périnéotomie et suture secondaire ou d'emblée (opération de Musset) |
La fistule rectovaginale peut être réparée après conversion en déchirure périnéale du troisième degré selon le procédé imaginé par Musset en 1961 [13
Click here to see the Library et 78
Click here to see the Library]. La technique de Musset se pratique classiquement en deux temps : périnéotomie puis reconstruction du canal anal, du plan musculaire, du vagin et fermeture cutanée (figure 3). Elle peut cependant être réalisée en un seul temps dans le cas de FRV propres, avec des tissus sains et des berges saines [8Musset R. Fistules recto-vaginales. Encycl Méd Chir (Paris, France). Techniques Chirurgicales. Urologie-Gynécologie. 41870.1979.
Click here to see the Library]. a) Le premier temps de l'opération consiste en une périnéotomie médiane de mise à plat complète du trajet fistuleux avec section franche et délibérée du sphincter, excision de tout tissu infecté, fibreux ou nécrotique. La cicatrisation conduit en quelques jours à un accolement rectovaginal qui prend l'aspect d'une déchirure compliquée ancienne, propre et souple. b) Le deuxième temps, effectué environ deux mois plus tard, est un temps de réparation chirurgicale d'une déchirure ancienne du périnée du 3e degré : après reconstitution de la paroi antérieure du rectum en un plan total, une colporraphie postérieure est exécutée pour reconstruire la commissure postérieure de la vulve, puis une réfection du sphincter est effectuée, parfois associée à une myorraphie des muscles élévateurs de l'anus, le plan cutané est alors fermé.
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Lambeaux d'avancement rectal |
Décrite par Laird en 1948, cette technique d'avancement musculomuqueux a été redéveloppée par Rothenberger et Golderg en 1983 [5
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Click here to see the Library]. C'est la technique la plus utilisée par les chirurgiens digestifs. Il s'agit d'une technique « d'épargne sphinctérienne » qui fait l'objet d'un intérêt grandissant surtout dans le cadre de la maladie de Crohn. C'est une technique simple qui consiste en l'excision de l'orifice primaire anorectal ou vaginal et à l'oblitération du défect par la mobilisation d'un volet anorectal épais (lambeau mucomusculaire rectal) devant l'orifice fistuleux (figure 4) [41
Click here to see the Library et 61
Click here to see the Library].
Cette technique, proposée pour le traitement des FRV dans la maladie de Crohn, est plus simple que celle du lambeau rectal. Elle réalise un lambeau muqueux vaginal et surtout une myorraphie du releveur de l'anus [30Bauer JJ, Sher ME, Jaffin H, Present D, Gelerent I. Transvaginal approach for repair of rectovaginal fistulae complicating Crohn's disease. Ann Surg 1991 ; 213 : 151-8.
Click here to see the Library].
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Lambeau pédiculé de Martius |
C'est un lambeau pédiculé du muscle bulbocaverneux et surtout du tissu graisseux qui l'entoure (figure 5). Celui-ci est prélevé dans la grande lèvre pour être interposé dans la cloison rectovaginale. On y associe une épisiotomie médiolatérale pour faciliter la dissection [31
Click here to see the Library, 32
Click here to see the Library et 80
Click here to see the Library].
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Interposition de gracilis |
Le lambeau pédiculisé de muscle gracilis est le plus utilisé après celui de Martius, pour le traitement des FRV [22
Click here to see the Library et 73
Click here to see the Library]. Chez la femme jeune, c'est un muscle bien développé qui peut donner du volume à la cloison rectovaginale. Une fois le muscle prélevé, un tunnel sous-cutané est créé depuis la partie proximale de l'incision jusqu'à la cloison rectovaginale. Le muscle, placé entre le rectum et le vagin, est alors fixé sur la tubérosité ischiatique controlatérale à l'aide d'une incision supplémentaire.
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Intervention de Parks et intervention de Soave |
Décrite à la fin des années 70, l'intervention de Parks réalise une anastomose colo-anale réalisée par voie transanale [37
Click here to see the Library et 69
Click here to see the Library]. Elle a pour particularité de laisser le rectum en place, le côlon étant descendu à travers celui-ci (figure 6). Elle est très proche de l'intervention de Soave [81Faucheron JL, Rosso R, Tiret E, Keli E, Nugent KP, Frileux P, et al. Soave's procedure : the final sphincter-saving solution for iatrogenic rectal lesions. Br J Surg 1998 ; 85 : 962-4.
Click here to see the Library], utilisée pour le traitement de la maladie de Hirschsprung, qui consiste à faire un abaissement colique à travers le moignon rectal restant, débarrassé au préalable de sa muqueuse. L'absence de dissection pelvienne, la réalisation d'une anastomose en tissu sain et l'épaisseur de tissu interposé, en font une intervention très adaptée à la cure des FRV postradiques et aux fistules post-opératoires avec anastomose sur le rectum bas et moyen.
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| Chirurgie d'exérèse rectale |
La résection rectale est parfois une alternative à la réparation directe de la fistule. Plusieurs interventions peuvent être réalisées. L'anastomose colorectale basse nécessite la présence de tissus sains sur le bas rectum, condition rarement trouvée lors d'une FRV [5
Click here to see the Library et 24
Click here to see the Library]. L'anastomose colo-anale après proctectomie totale, contourne cette difficulté. Si une nouvelle anastomose est réalisée, il est souhaitable d'interposer une épiplooplastie dans la cloison rectovaginale s'il s'agit d'une anastomose colo-anale il vaut mieux éviter de faire un réservoir pour ne pas mettre la ligne d'agrafes au contact de l'orifice vaginal. L'amputation abdominopérinéale peut être le dernier recours en cas de cancer du rectum ou du canal anal. Elle nécessite alors une colpectomie postérieure associée. C'est surtout dans la maladie de Crohn, qu'elle peut être indiquée, associée à une colectomie [23
Click here to see the Library, 73
Click here to see the Library et 82
Click here to see the Library]. La pelvectomie doit être évoquée pour toutes les lésions néoplasiques en fonction de l'extension locorégionale de la maladie et de l'état de la malade [7Parc R, Borie H. Fistules digestives et appareil génital. Encycl Méd Chir (Paris-France), Gynécologie, 240 A10, 7 - 1989, 4 p.
Click here to see the Library].
De nombreuses autres techniques ont été proposées. Leur efficacité est impossible à apprécier en raison du faible nombre de cas concernés. De nombreux lambeaux ont été décrits [83
Click here to see the Library, 84
Click here to see the Library et 85
Click here to see the Library]. Dans le cas du traitement palliatif d'un cancer pelvien, l'oblitération de la fistule par une prothèse ou une sonde de Foley peut permettre d'arrêter le flux de selles dans le vagin [86
Click here to see the Library et 87
Click here to see the Library]. L'application de colle de fibrine hétérologue est en cours d'évaluation. Elle semble moins efficace que pour les fistules ano-périnéales en raison du trajet court et direct des FRV [88
Click here to see the Library et 89
Click here to see the Library]. Dans l'étude de Cintron et al. portant sur 79 malades consécutifs ayant une fistule anopérinéale traitée par injection de colle, seules 2 malades avaient une FRV. Des facteurs prédictifs d'échec de la colle ont été identifiés : maladie de Crohn, infection par le VIH, colle autologue, antécédents chirurgicaux, échec préalable d'une injection de colle, fistule complexe, court trajet fistuleux. Le taux exact de récidive à long terme est inconnu [90Cintron JR, Park JJ, Orsay CP, Pearl RK, Nelson RL, Sone JH, et al. Repair of fistulas-in-ano using fibrin adhesive : long-term follow-up. Dis Colon Rectum 2000 ; 43 : 944-9.
Click here to see the Library]. Au total, l'oblitération d'une fistule anale par une colle autologue ou hétérologue est une technique simple à réaliser, susceptible d'être répétée, n'empêchant pas le recours ultérieur aux techniques chirurgicales « classiques » et n'exposant à aucune séquelle fonctionnelle. Elle semble anodine malgré un risque infectieux théorique qui incite à la prudence. Des études contrôlées versus fistulotomie ou drainage par séton mériteraient d'être réalisées afin d'améliorer ses modalités d'utilisation et de confirmer son intérêt dans l'indication privilégiée que seraient les fistules hautes et la maladie de Crohn. La pratique de l'oxygénothérapie hyperbare reste anecdoctique [36
Click here to see the Library et 91
Click here to see the Library].
L'indication chirurgicale est retenue si la malade est symptomatique et le traitement mis en œuvre après disparition des signes inflammatoires locaux. L'analyse de la littérature confirme l'intérêt pronostique de la classification de Rothenberger.
Ce sont les FRV atteignant les 2/3 inférieurs du vagin, d'origine traumatique ou infectieuse. Ce sont des fistules de bon pronostic. En dehors des FRV compliquant la chirurgie rectale, trois interventions sont possibles - la périnéoproctotomie avec réparation
- le lambeau d'avancement rectal
- l'exérèse suture
Un lambeau d'avancement rectal est proposé s'il n'existe pas de lésion sphinctérienne. C'est en effet un geste simple préservant le sphincter. Les taux de cicatrisation sont alors supérieurs à 90 % [7
Click here to see the Library, 17
Click here to see the Library, 20
Click here to see the Library et 59
Click here to see the Library]. Une périnéoproctotomie avec réparation primaire ou secondaire est proposée s'il existe une rupture sphinctérienne. Les taux de cicatrisation sont proches de 90 % [13
Click here to see the Library et 19
Click here to see the Library]. Les troubles de la continence anale ne sont pas rares, leur fréquence étant difficile à évaluer car leur évaluation n'est pas standardisée rendant toute comparaison impossible.
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FRV traumatiques et post-chirurgicales (en dehors de la chirurgie rectale) |
Les indications sont identiques à celles à des FRV post-obstétricales. Seules les FRV très basses seront traitées par exérèse suture [46Nakagoe T, Sawai T, Tuji T, Nanashima A, Yamaguchi H, Yasutake T, et al. Successful transvaginal repair of a rectovaginal fistula developing after double-stapled anastomosis in low anterior resection : report of four cases. Surg Today 1999 ; 29 : 443-5.
Click here to see the Library]. Le taux de cicatrisation est supérieur à 90 %.
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FRV dues à une infection cryptique |
En l'absence de cicatrisation après drainage par séton, il faut proposer un lambeau d'avancement rectal [20
Click here to see the Library et 59
Click here to see the Library]. Le taux de cicatrisation est comparable à celui des FRV traumatiques.
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FRV après chirurgie rectale |
Le traitement chirurgical n'est entrepris qu'après avoir éliminé une récidive tumorale et drainé d'éventuels abcès. La cicatrisation par soins locaux et dérivation fécale est possible s'il s'agit d'une anastomose colorectale [92Rex JC, Jr., Khubchandani IT. Rectovaginal fistula : complication of low anterior resection. Dis Colon Rectum 1992 ; 35 : 354-6.
Click here to see the Library]. Par contre, pour les anastomoses plus distales (colo-anale, iléo-anale), la dérivation ne permet pas la guérison [24Frileux P, Berger A, Zinzindohoue F, Cugnenc PH, Parc R. Fistules recto-vaginales de l'adulte. Ann Chir 1994 ; 48 : 412-20.
Click here to see the Library]. Pour les petites fistules sur anastomose colorectale, une réparation avec fermeture plan par plan peut être tentée. Dans tous les autres cas, il faut réaliser une anastomose colo-anale si les conditions locales le permettent. Dans le cas contraire, une intervention par manchonnage rectal (intervention de Soave ou de Parks) peut être faite [7
Click here to see the Library et 81
Click here to see the Library]. Les fistules sur anastomose iléo-anale sont de traitement difficile. Elles peuvent être traitées soit par réfection de l'anastomose par voie abdominale (réfection du réservoir) anale ou vaginale, soit par un lambeau musculaire de type gracilis [24
Click here to see the Library, 93
Click here to see the Library, 94
Click here to see the Library, 95
Click here to see the Library et 96
Click here to see the Library].
Ce sont les fistules hautes ou supérieures à 2,5 cm ou d'origine post-radique, néoplasiques ou dues à une maladie de Crohn. En cas de maladie de Crohn, la FRV va cicatriser dans 60 % des cas. Cependant, du fait des autres complications rectales, près de la moitié des malades devra subir une proctectomie [23Radcliffe AG, Ritchie JK, Hawley PR, Lennard-Jones JE, Northover JM. Anovaginal and rectovaginal fistulas in Crohn's disease. Dis Colon Rectum 1988 ; 31 : 94-9.
Click here to see the Library]. Les FRV radiques pourront être fermées dans 70 % des cas grâce à un lambeau musculaire ou par un procédé de manchonnage rectal. Cependant, seule la moitié de ces malades auront une fermeture de leur stomie en raison de l'atteinte radique du rectum [34Aartsen EJ, Sindram IS. Repair of the radiation induced rectovaginal fistulas without or with interposition of the bulbocavernosus muscle (Martius procedure). Eur J Surg Oncol 1988 ; 14 : 171-7.
Click here to see the Library].
Les FRV sont traitées si la symptomatologie est invalidante, la maladie de Crohn quiescente et les lésions rectales modérées [23
Click here to see the Library et 24
Click here to see the Library]. Le traitement chirurgical est mis en œuvre sous couvert d'un traitement médical efficace [60Regimbeau JM, Panis Y, De P, V, Marteau P, Valleur P. Manifestations ano-périnéales de la maladie de Crohn. Gastroenterol Clin Biol 2000 ; 24 : 36-47.
Click here to see the Library]. L'administration d'infliximab (Remicade®) est en cours d'évaluation. Comme pour toute fistule anopérinéale, son utilisation impose de vérifier l'absence de sepsis (scanner, écho-endoscopie, IRM) ou de tuberculose. Le séton sera enlevé après la deuxième perfusion d'infliximab. Un traitement d'entretien est possible. Les résultats de l'infliximab sur les FRV semblent moins bons que sur les fistules anorectopérinéales (30 %) [97
Click here to see the Library, 98
Click here to see the Library et 99
Click here to see the Library]. Un essai a étudié spécifiquement son efficacité pour les FRV avec des taux de cicatrisation plus élevés (environ 50 %) [100Sandborn WJ, Fazio VW, Feagan BG, Hanauer SB. AGA technical review on perianal Crohn's disease. Gastroenterology 2003 ; 125 : 1508-30.
Click here to see the Library]. Ce traitement n'a pas changé les résultats, ni la place de la chirurgie dans les suppurations ano-périnéales, car son activité ne dépasse pas trois mois, même si des perfusions d'entretien peuvent être réalisées. De plus, le risque infectieux, local ou général, est important (abcès ano-périnéaux, tuberculose, listériose, aspergillose...). Ce traitement apparaît cependant utile dans les fistules complexes avec orifices secondaires et trajets secondaires multiples, d'autant qu'il existe une atteinte rectale active, permettant d'éviter ou de repousser une proctectomie [101Poritz LS, Rowe WA, Koltun WA. Remicade does not abolish the need for surgery in fistulizing Crohn's disease. Dis Colon Rectum 2002 ; 45 : 771-5.
Click here to see the Library]. Le drainage en séton non serré est réalisé systématiquement au moment du diagnostic si la fistule est symptomatique. Il amène dans les meilleures conditions à un geste de réparation et permet parfois d'éviter une chirurgie plus lourde, s'il est bien toléré [77
Click here to see the Library et 82
Click here to see the Library]. Si une indication chirurgicale est retenue, il existe quatre alternatives techniques - lambeau d'avancement rectal
- lambeau vaginal
- lambeau musculaire (bulbo caverneux, gracilis)
- fistulotomie
Le lambeau d'avancement rectal est un geste simple, peu invasif. Il peut être répété en l'absence de fibrose cicatricielle importante [41
Click here to see the Library, 72
Click here to see the Library et 102
Click here to see the Library]. Une étude récente de Penninckx et al. donne 75 % de bons résultats à plus de 3 ans dans cette localisation anorectovaginale quelle que soit la voie d'abord [103Penninckx F, Moneghini D, D'Hoore A, Wyndaele J, Coremans G, Rutgeerts P. Success and failure after repair of rectovaginal fistula in Crohn's disease : analysis of prognostic factors. Colorectal Dis 2001 ; 3 : 406-11.
Click here to see the Library]. Il s'agit de taux plus élevés que ceux habituellement rapportés qui sont de l'ordre de 50 à 60 % de cicatrisation [82
Click here to see the Library, 98
Click here to see the Library et 104
Click here to see the Library]. Le lambeau vaginal avec myorraphie des releveurs est un geste simple qui donne d'excellents résultats. Il n'a cependant été proposé que par une seule équipe (13 succès sur 14 interventions) [30Bauer JJ, Sher ME, Jaffin H, Present D, Gelerent I. Transvaginal approach for repair of rectovaginal fistulae complicating Crohn's disease. Ann Surg 1991 ; 213 : 151-8.
Click here to see the Library]. Les lambeaux musculaires de type bulbocaverneux et gracilis ont été proposés, surtout en cas de récidive et d'absence d'autre localisation périnéale de la maladie [73Rius J, Nessim A, Nogueras JJ, Wexner SD. Gracilis transposition in complicated perianal fistula and unhealed perineal wounds in Crohn's disease. Eur J Surg 2000 ; 166 : 218-22.
Click here to see the Library]. La fistulotomie, suivie ou non de réparation, a été proposée pour des fistules très basses, mais le risque de lésions sphinctériennes sur un sphincter anal déjà altéré rend ce choix dangereux [13
Click here to see the Library, 23
Click here to see the Library et 92
Click here to see the Library]. La FRV n'est pas une indication de protectomie. Cependant, une atteinte colique extensive, l'association à des lésions ano-périnéales sévéres, une sténose anale, une incontinence anale ou un micro rectum vont rendre ce geste nécessaire chez 40 à 50 % des malades [5
Click here to see the Library et 23
Click here to see the Library]. L'amputation rectale ne résout cependant pas toujours les problèmes périnéaux de ces malades et le retard de cicatrisation ou sinus périnéal (délai de cicatrisation supérieur à 6 mois) est fréquent, de 58 % dans la série de Gambiez et al. et de 23 % dans celle de Yamamoto et al. [105
Click here to see the Library et 106
Click here to see the Library]. Au total, dans la maladie de Crohn, le traitement chirurgical doit être mis en œuvre sous couvert d'un traitement médical efficace. Il débute par un drainage en séton, se discute ensuite l'indication d'un lambeau d'avancement rectal. Une fistulotomie peut être proposée pour une fistule très distale. En cas d'échec, le lambeau d'avancement rectal peut être réalisé de façon itérative. Ce n'est que pour les fistules récidivantes, sans autre lésion périnéale, que peuvent être réalisés des lambeaux musculaires. Par ces procédures, la FRV pourra cicatriser chez 60 % des malades. Dans certains cas, les dérivations et l'amputation abdomino-périnéale doivent être discutées.
Le lambeau pédiculé de Martius et l'intervention de Parks (ou de Soave) sont les interventions les plus pratiquées, avec un taux de cicatrisation supérieur à 75 % [31
Click here to see the Library, 34
Click here to see the Library, 37
Click here to see the Library, 70
Click here to see the Library et 107
Click here to see the Library]. Il n'existe pas d'argument déterminant pour choisir entre ces deux procédures. L'intervention de Martius a pour avantage de ne pas réduire le volume rectal et sa relative simplicité technique. L'intervention de Bricker et Johnson est théoriquement destinée aux malades ayant une sténose rectale associée. La FRV après radiothérapie pour cancer du canal anal ne peut être traitée que par dérivation fécale avec ou sans amputation abdominopérinéale en raison de l'existence d'une anite radique [24Frileux P, Berger A, Zinzindohoue F, Cugnenc PH, Parc R. Fistules recto-vaginales de l'adulte. Ann Chir 1994 ; 48 : 412-20.
Click here to see the Library]. Le taux de cicatrisation est situé entre 78 et 90 %, au prix de gestes chirurgicaux agressifs. Ce taux de cicatrisation ne reflète pas le taux de rétablissement de la continuité digestive. Ceci est particulièrement bien démontré dans la série de Aartsen et al. avec un recul de 10 ans, moins de la moitié des malades ayant une FRV cicatrisée ont pu bénéficier d'une fermeture de la stomie, en raison des lésions radiques sur le rectum. L'atteinte rectale est encore le facteur pronostique le plus important si l'on envisage un rétablissement de continuité secondaire [34Aartsen EJ, Sindram IS. Repair of the radiation induced rectovaginal fistulas without or with interposition of the bulbocavernosus muscle (Martius procedure). Eur J Surg Oncol 1988 ; 14 : 171-7.
Click here to see the Library].
Elles sont le plus souvent dues à l'extension d'un cancer du rectum ou du col de l'utérus. La résection doit être proposée à chaque fois que possible. Il s'agit d'une amputation abdomino-périnéale avec colpectomie postérieure ou d'une pelvectomie postérieure. Elle est en pratique rarement réalisable.
Médecins et chirurgiens sont fréquemment confrontés au problème de la prise en charge des fistules rectovaginales. Après un bilan étiologique et morphologique simple, le traitement est fonction de l'étiologie et de la symptomatologie. En cas de fistule rectovaginale complexe, si le traitement chirurgical est justifié, les techniques dites « d'épargne sphinctérienne » comme le drainage long par sétons non serrés et les lambeaux d'avancement musculo-muqueux doivent être proposés en priorité.
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