Imprimé le jeudi 9 février 2012
Vécu et attentes des patients atteints de troubles bipolaires de type 1


La revue de l'infirmière

Sylvie Warnet [1]
[1] 


Dirigée par un comité scientifique de psychiatres et réalisée par Ipsos Santé auprès de 300 patients atteints de troubles bipolaires de type 1, les résultats d’une étude1 viennent d’être communiqués et révèlent des données intéressantes quant à l’impact de cette pathologie sur la vie des patients ainsi que sur leurs attentes vis-à-vis de leur environnement.

Retard diagnostique

Cette pathologie, anciennement appelée psychose maniaco-dépressive, se caractérise par des variations cycliques de l’humeur alternant des phases dépressives et des phases d’exaltation. Les troubles bipolaires affectent 1 % de la population en France et demeurent pourtant très méconnus du grand public. Cette maladie connaît, de plus, un retard diagnostique important avec en moyenne 5 ans d’errance thérapeutique avant la pause d’un diagnostic approprié. C’est vers l’âge moyen de 30 ans et lors d’une hospitalisation (au motif d’une tentative de suicide dans 18 % des cas) que le diagnostic est posé. L’hôpital devient alors un refuge où le malade se sent protégé (84 %) et aidé (81 %), mais aussi enfermé (52 %) voire rejeté du monde extérieur (31 %).

Un lourd impact social et familial

Les conséquences déjà connues de la maladie sont soulignées au travers de cette étude avec, aux dires des patients, une qualité de vie fortement dégradée et, notamment, une altération de la confiance en soi ou du sentiment de bonheur. Vécus comme cause de problème relationnel dans la relation à l’autre, les troubles conduisent 38 % des patients à éprouver un sentiment de rejet dans leur famille et 44 % dans leur cercle d’amis ; un retentissement sur la vie sexuelle est mentionné par 50 % des patients. Au travail, 70 % d’entre eux évoquent également un impact négatif. Un tableau relationnel qui renforce la place centrale occupée par les professionnels de santé en matière d’aide et d’écoute (95 %).

Accompagnement et intégration sociale

Comme dans de nombreuses maladies chroniques, les patients aspirent à encore plus de dialogue (51 %) avec les professionnels de santé et aussi à l’obtention d’un traitement personnalisé mieux expliqué et mieux toléré pour vivre avec la maladie. Désireux de vivre comme les autres parmi les autres avec un meilleur accompagnement, ils en appellent aussi à une détection plus précoce des troubles accompagnée du développement de programmes d’éducation thérapeutique psycho-éducatifs.




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1
L’étude ECHO Perception du vécu chez des patients bipolaires était soutenue par Bristol-Myers Quibb et Otsuka Pharmaceutical France ; les associations de patients Argos 2001 et Carrud Emergence s’y sont impliquées aux côtés des membres du comité scientifique (Dr J.-P. Chabannes de Grenoble, Pr P. Courtet de Montpellier, Dr. J.-A. Meynard de La Rochelle). En savoir plus : cliquez ici.





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