revues des maladies respiratoires - Organe officiel de la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF)

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Revue des Maladies Respiratoires
Volume 27, numéro S3
pages 166-178 (octobre 2010)
Doi : 10.1016/S0761-8425(10)70022-X
Stratégie thérapeutique du SAHOS intégrant les traitements associés ?
 

M.-F. Vecchierini a, J.-P. Laaban b, M. Desjobert c, F. Gagnadoux d, F. Chabolle e, J.-C. Meurice f, M. Sapène g, P. Serrier h, P. Lévy i,
a Unité fonctionnelle : exploration et prise en charge des troubles du sommeil et de la vigilance, Hôtel-Dieu, Groupement hospitalier universitaire Ouest, Paris, France 
b Service de Pneumologie, Hôtel-Dieu, Groupement hospitalier universitaire Ouest, Paris, France 
c Service de Pneumologie-Allergologie, CH, Laval, France 
d Département de Pneumologie, Centre Hospitalier Universitaire, Angers, France 
e Service d’ORL et de Chirurgie Cervico-faciale, Hôpital Foch, Paris, France 
f Service de Pneumologie, CHU, Poitiers, France 
g Cabinet de Pneumologie, Bordeaux, France 
h Service de Pneumologie, Hôtel-Dieu, Groupement hospitalier universitaire Ouest, Paris, France 
i Laboratoire EFCR, Pôle Réeducation et Physiologie, CHU Michallon, Grenoble, France 

Correspondance : Patrick Lévy, Laboratoire EFCR, Pôle Réeducation et Physiologie, CHU Michallon, BP 217, 38043 Grenoble cedex 09.
Réduction pondérale et SAHOS

L’obésité est très fréquemment associée au SAHOS. La prévalence de l’obésité chez les patients ayant un SAHOS est de l’ordre de 70 %. L’obésité est un facteur de risque majeur de SAHOS, en particulier l’obésité massive ou sévère, et l’obésité abdominale. Le gain de poids est associé à une augmentation de l’index d’apnée-hypopnée (IAH) et la perte de poids est associée à une diminution de l’IAH [1]. La variation de l’IAH est d’autant plus importante que la variation du poids est importante.

L’analyse de la littérature qui a été effectuée n’inclut donc que des études comportant une évaluation objective du SAHOS par polysomnographie ou polygraphie ventilatoire nocturne, avant et après réduction pondérale obtenue par une chirurgie de l’obésité ou des conseils alimentaires. Les études portant sur des patients dont le diagnostic de SAHOS repose sur des critères uniquement cliniques, et les études n’indiquant pas de façon précise les critères diagnostiques du SAHOS ont été exclues de l’analyse.

Les études répondant à ces critères ayant évalué les effets de la chirurgie de l’obésité sur le SAHOS sont des études prospectives sans groupe contrôle et des séries de cas rétrospectives [2, 3, 4, 5, 6, 7, 8]. Il n’y a aucune étude randomisée de niveau 1 ou 2. La diminution du poids est variable suivant les études, de 27 à 35 %, supérieure à 30 % dans sept études. La diminution de l’IAH est importante, de 59 à 94 %. Une guérison du SAHOS (définie par un IAH < 10 ou une amélioration permettant l’arrêt de la PPC) est obtenue chez 46 à 74 % des patients (données précisées dans six études). Ces études n’ont pas montré de corrélation entre la diminution de l’IAH après chirurgie et l’IMC préopératoire, ni de corrélation entre la diminution de l’IAH après chirurgie et la diminution de l’IMC après chirurgie. Dans ces études, de nombreux patients ont refusé la polysomnographie postopératoire, les motifs invoqués étant le coût élevé de l’examen, les contraintes professionnelles, l’amélioration clinique et l’arrêt de la PPC. Il peut donc en résulter une sous-estimation de l’efficacité de la chirurgie de l’obésité sur le SAHOS. La réduction pondérale obtenue par le traitement chirurgical de l’obésité (gastroplastie ou by-pass gastrique), est le plus souvent importante et entraîne une diminution souvent marquée de l’IAH, avec, dans un pourcentage important de cas, une guérison du SAHOS permettant l’arrêt de la PPC.

Des études ont évalué les effets de la réduction pondérale obtenue par des conseils alimentaires sur le SAHOS [1, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15. Il n’y a aucune étude de niveau 1 ou 2 ayant randomisé conseils alimentaires vs suivi simple. Il y a une étude de cohorte longitudinale de niveau 2, des études comparatives non randomisées vs groupe contrôle de niveau 3 et des études prospectives sans groupe contrôle de niveau 3.

La diminution du poids est variable suivant les études, de 3 à 18 %, supérieure à 10 % dans sept études. La diminution de l’IAH est d’importance variable, de 15 à 70 %. Une guérison du SAHOS (définie par un IAH < 10 ou une amélioration permettant l’arrêt de la PPC) est possible, rarement obtenue, souvent non précisée. La réduction pondérale obtenue par la prise en charge diététique est le plus souvent modérée, et ses effets sur le SAHOS sont d’importance variable, souvent modestes et permettant rarement d’arrêter la PPC.

Il a été montré que l’amélioration ou la guérison du SAHOS obtenue par une réduction pondérale médicale ou chirurgicale n’est pas acquise de façon définitive. Le SAHOS peut récidiver ou s’aggraver plusieurs années plus tard, essentiellement en cas de reprise pondérale, et parfois même alors que le poids n’a pas augmenté.

RECOMMANDATION 76

Il est recommandé que tout patient ayant un SAHOS associé à une obésité ou à un surpoids puisse bénéficier de conseils alimentaires, idéalement dans le cadre d’une prise en charge nutritionnelle globale (grade C).

RECOMMANDATION 77

Il est recommandé d’évaluer de façon objective les effets à court terme de la réduction pondérale médicale ou chirurgicale sur le SAHOS par une polygraphie ou par une polysomnographie (grade C).

RECOMMANDATION 78

Un suivi à long terme du SAHOS, clinique et si besoin polygraphique, est recommandé après réduction pondérale médicale ou chirurgicale (grade C).

Traitements pharmacologiques et SAHOS
Traitement pharmacologique du SAHOS

Différentes molécules ont été testées dans le SAHOS depuis le milieu des années 80 [16]. Au cours du SAHOS, la ventilation et la fonction des voies aériennes supérieures sont normales à l’éveil, ce qui suggère que l’on puisse modifier pharmacologiquement les anomalies neurochimiques cérébrales associées aux apnées survenant au cours du sommeil. Cependant, jusqu’à présent, les thérapeutiques pharmacologiques testées dans le SAHOS, ont essentiellement été des stimulants ventilatoires et des médicaments réduisant ou supprimant le sommeil paradoxal. De plus, il existe de multiples limitations méthodologiques dans la plupart de ces études. Les effectifs sont très restreints, avec des puissances statistiques très insuffisantes. La grande majorité de ces études sont limitées dans leur interprétation par la variabilité de l’IAH d’une nuit à l’autre et a, de plus, peu ou pas pris en compte l’existence éventuelle de répondeurs et d’un effet dose. De plus, l’amélioration des symptômes ou des comorbidités a été exceptionnellement prise en compte, en particulier du fait des faibles effectifs.

Les thérapeutiques évaluées [17, 18, 19] dans le cadre du syndrome d’apnées ont été essentiellement des stimulants ventilatoires. La progestérone ou ses analogues ont été testés du fait de la prévalence faible de la maladie chez la femme avant la ménopause [20] et de l’action de stimulation de la ventilation connue de la progestérone [21]. L’acétazolamide a été également testé du fait de l’augmentation de la commande ventilatoire, de même que la théophylline. Les antidépresseurs tricycliques ont été utilisés du fait de la réduction associée du sommeil paradoxal, avec l’objectif de réduire les apnées survenant exclusivement ou préférentiellement dans ce stade de sommeil, de même que la clonidine [19]. Les drogues augmentant ou diminuant la quantité de sérotonine ont été proposées du fait de l’action potentielle sur le contrôle moteur des voies aériennes supérieures [22]. Par ailleurs, l’implication d’une diminution du nombre des neurones cholinergiques dans la survenue d’apnées au cours de maladies neurodégénératives a conduit à évaluer la physostigmine [23], du fait de l’augmentation du tonus cholinergique induite. Enfin, des produits d’application locale visant à augmenter la taille des voies aériennes supérieures ou à modifier les forces de tension superficielle à ce niveau ont également été testées.

Les différentes études décrites dans le Tableau I sont celles qui ont été retenues comme pouvant être incluses dans l’analyse par la Cochrane Data Base [19] et l’American Academy of Sleep Medicine [16], plus celles qui ont été publiées ultérieurement et sont valides méthodologiquement. Les études ne portant que sur une ou deux nuits ont été écartées de ce tableau.

Au total, conformément aux conclusions des analyses détaillées de ces dernières années [16, 19] ou aux mises au point les plus récentes, on peut estimer qu’il n’y a pas de données à ce jour permettant de recommander un traitement pharmacologique du SAHOS.

RECOMMANDATION 79

Il n’y a pas de donnée à ce jour permettant de recommander un traitement pharmacologique du SAHOS (grade B).

Médicaments et substances potentiellement délétères dans le SAHOS
Benzodiazépines et hypnotiques apparentés

Les études sur l’effet des benzodiazépines sont des études déjà anciennes, portant sur des benzodiazépines différentes, données à des posologies différentes, chez l’homme sain et chez des sujets connus pour avoir des anomalies respiratoires au cours du sommeil.

Sujets sains

Une étude chez 20 sujets sains de 22 à 27 ans montre que le flurazépam à 30mg/kg per os en début de nuit ne modifie pas les réponses ventilatoires à l’hypoxie et à l’hypercapnie. Plus intéressante est l’étude randomisée en double aveugle contre placebo chez 20 sujets asymptomatiques d’âge moyen 49 ans, de l’effet de la prise orale de 30mg de flurazépam le soir. Le produit n’augmente que faiblement le nombre des apnées et hypopnées [35].

Chez dix sujets âgés en bonne santé, Guilleminault et coll. [36] ont trouvé sous 30mg de flurazépam comparativement à deux nuits sous placebo une augmentation statistiquement significative du nombre et de la durée des apnées chez sept des dix sujets ; les apnées étant décrites comme majoritairement de type central ; la SaO2 minimale et la SaO2 la plus basse après apnée étaient significativement diminuées. Un malade a développé des anomalies du rythme cardiaque. La prise d’acétazolamide pendant trois jours avant le traitement par flurazépam ne change pas l’effet du fluorazépam sur la respiration.

Sujets ayant des anomalies respiratoires

Des ronfleurs habituels développent un SAHOS sous 30mg de flurazépam ; cas cliniques rapportés par Guilleminault et coll. Chez un sujet de 38 ans, ayant un SAHOS modéré (IAH = 18), la prise de 30mg de flurazépam deux soirs augmente significativement le nombre des apnées (IAH = 100) et la somnolence diurne [37]. À noter que ces anomalies régressent avec le retrait du médicament. Enfin, 13 sujets âgés ayant lors de deux enregistrements sous placebo des SAHOS modérés n’ont pas d’aggravation de leurs anomalies respiratoires sous 15mg de flurazépam ou 0,25mg de triazolam [38]. L’effet du triazolam à la dose de 0,25mg le soir, a été étudié lors d’une étude randomisée en double aveugle avec cross-over chez 12 sujets d’âge moyen 47 ans, ayant un SAHOS sévère. Le triazolam augmente modérément, mais significativement la durée des apnées, hypopnées, diminue la valeur de la SaO2 minimale et majore les variations de la pression oesophagienne à la fin des apnées [39]. Chez 11 sujets atteints de SAHOS léger ou modéré, une étude randomisée en double aveugle contre placebo a montré qu’une dose orale de 5 ou 10mg de nitrazépam ne modifiait pas en moyenne l’index d’apnées-hypopnées ou la valeur de la SaO2 minimale. Seuls trois des patients avaient une légère augmentation du nombre des apnées-hypopnées ; la durée du sommeil paradoxal était cependant diminuée chez ces malades [40]. L’effet d’une dose modérée de midazolam, 0,08mg/kg - une donnée en prémédication, a été étudiée chez sept sujets témoins et sept sujets atteints d’un SAHOS modéré [41]. Cette prémédication ne modifie pas les anomalies respiratoires, seuls deux sujets ont eu une augmentation du temps passé avec une SaO2 inférieure à 90 %. Les auteurs conseillent donc de surveiller étroitement ces malades en cas d’utilisation du midazolam en préanesthésie.

De l’ensemble de ces travaux hétérogènes, on peut retenir que les benzodiazépines ont un effet souvent aggravant des anomalies respiratoires préexistantes et ceci sans doute en fonction de leur gravité préalable. On ne peut rien conclure quant à la benzodiazépine et à la posologie utilisées.

Les hypnotiques dits de nouvelle génération : zolpidem, zopiclone et eszopiclone ont fait la preuve de leur innocuité dans plusieurs études de la littérature. Une étude contrôlée en double aveugle et cross-over a comparé les effets d’une dose de 20mg de zolpidem, de 30mg de flunitrazépam et d’un comprimé de placebo chez 12 sujets d’âge moyen 49 ans, ronfleurs simples ou ayant un SAHOS modéré [42]. Le zolpidem tendait à diminuer le temps passé à ronfler et diminuait la SaO2 au cours du ronflement, mais ces changements n’étaient pas significatifs ; de même, les modifications observées dans le nombre, la durée des apnées et hypopnées ainsi que dans la valeur de la SaO2 n’étaient pas significatifs, si ce n’est que les apnées étaient plus désaturantes à longueur égale. Il en était d’ailleurs de même pour le flunitrazépam. Un comprimé de placebo ou de zoplicone à la dose de 7,5mg est administré le soir à huit sujets, d’âge moyen 46 ans, ayant un syndrome d’augmentation des résistances des voies aériennes supérieures [43]. Les paramètres respiratoires portant sur le ronflement, les apnées-hypopnées, la SaO2 et les micro-éveils ne montrent aucune différence entre la nuit sous placebo et celle sous zopiclone. À une altitude simulée de 4 000 m, une étude randomisée, contre placebo, en double aveugle et cross-over a prouvé qu’un comprimé de zolpidem ou de zaleplon, chez 20 jeunes hommes (âge moyen 29,9 ans) en bonne santé ne modifiait pas les paramètres respiratoires comparativement au placebo [44]. À noter qu’un produit comme l’eszopiclone ne modifie pas et n’aggrave pas les paramètres respiratoires (études non rapportées ici, le produit n’étant pas commercialisé en France). Enfin, on s’est demandé si ces hypnotiques avaient de l’influence sur le traitement par pression positive continue (PPC) ou pouvaient améliorer l’observance des malades sous appareil de pression positive continue. Une étude randomisée, contrôlée en double aveugle versus placebo [45] a montré qu’un comprimé de zolpidem à 10mg, chez 16 malades d’âge moyen 49,4 ans sous PPC pour un SAHOS sévère ne modifiait en rien les paramètres respiratoires enregistrés sous PPC à un même niveau de pression. En revanche, une autre étude chez 72 hommes, d’âge moyen 38 ans, successivement adressés pour une mise sous PPC étaient randomisés et recevaient soit un placebo, soit un comprimé de 10mg de zolpidem, soit le traitement standard de PPC pendant 14 jours. Comparé au placebo et au traitement standard par PPC, le zolpidem n’a en rien amélioré la compliance au traitement [46].

Alcool

De très nombreuses études ont étudié le rôle de l’alcool sur la respiration, le jour, la nuit au cours du sommeil, chez des sujets sains ou chez des malades ayant des anomalies respiratoires au cours du sommeil ou atteints de diverses pathologies pulmonaires. L’effet de l’alcool semble encore plus important que celui des benzodiazépines.

Chez 20 hommes sains, d’âge moyen 48 ans, sans trouble respiratoire, une étude contrôlée et randomisée versus placebo montre que l’alcool (80 à 90mg/dl de sang) augmente le nombre d’anomalies respiratoires et notamment des apnées et le nombre de désaturations en O2 . Cette majoration des désaturations en O2 persiste lors de la nuit sous placebo suivant une nuit avec ingestion d’alcool. Le nombre de sujets présentant des anomalies augmente lors de la prise d’alcool. Ces anomalies sont plus marquées chez les sujets âgés [47]. Toutefois, une autre étude [48] ne trouve pas d’anomalies de la respiration lors du sommeil après ingestion d’alcool chez des sujets jeunes et sans surpoids. Dans l’étude de Guilleminault et coll. déjà citée [36], l’alcool augmente l’indice d’apnées, le nombre et l’importance des désaturations. Ces résultats sont nuancés dans les études randomisées de Block et coll. [19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51] qui comparent les paramètres respiratoires au cours de la nuit chez des sujets répartis selon l’âge et le sexe. Le sommeil est enregistré après ingestion de vodka ou d’eau dans du jus d’orange, le soir avant le coucher. Chez les hommes jeunes (19–40 ans) et plus âgés (40–59 ans), l’alcool augmente significativement le nombre d’épisodes de désaturations en O2 , notamment les désaturations de plus de 4 % et de moins de 90 % ; avec une baisse de la SaO2 minimale. Chez les hommes âgés, ces modifications respiratoires s’accompagnent d’une diminution du temps de sommeil et notamment du sommeil paradoxal. En revanche, l’alcool ne modifie pas la respiration au cours du sommeil chez les femmes quel que soit l’âge.

Outre ces expériences au cours desquelles l’alcool est donné en aigu, des études se sont penchées sur le rôle de l’alcool consommé de façon chronique. 1 741 Japonais de 40 à 69 ans adressés pour un bilan de dépistage d’un risque cardio-vasculaire ont été recrutés et ont subi une oxymétrie. Les sujets ont été répartis en deux groupes selon l’importance des anomalies respiratoires dépistées. La consommation d’alcool était très fixe d’une année à l’autre, appréciée sur le dosage sanguin de la gamma glutamine transférase. La comparaison entre les sujets abstinents, ceux qui consommaient de l’alcool montre que l’index de désaturations en O2 augmente selon une relation linéaire avec l’importance de la consommation d’alcool et le risque de SAHOS [52].

Par ailleurs, les anomalies respiratoires persistent chez des sujets ayant été alcooliques chroniques, mais abstinents depuis déjà de nombreuses années. Ainsi, une étude comparant les données oxymétriques chez 19 sujets âgés abstinents appariés à 19 sujets du même âge en bonne santé montre qu’un plus grand nombre de sujets dans le groupe anciens alcooliques a une SaO2 moyenne inférieure à 95 %, une SaO2 minimale inférieure à 90 % et un nombre de désaturations au-dessous de 90 % plus important ; ces différences sont significatives par rapport aux résultats du groupe témoin [53, 54]. Dans une étude en ouvert chez 188 alcooliques, 12,8 % des sujets ont un IAH > 10 et 23,4 % ont un IAH > 5, ces pourcentages sont plus importants chez les hommes que chez les femmes. Le pourcentage de sujets ayant un IAH > 10 est beaucoup plus important après 60 ans. Un sous-groupe de 139 sujets fut comparé à 87 sujets contrôles appariés quant à l’âge. Le nombre de sujets avec un IAH > 5 était plus important chez les anciens alcooliques, dans tous les groupes d’âge, mais particulièrement après 55 ans. L’hypoxémie nocturne est plus marquée chez les anciens alcooliques, SaO2 de base et SaO2 minimale plus basses, que chez les témoins [55].

Quel est l’effet de l’alcool chez des sujets ayant des anomalies respiratoires ?

Dans des travaux anciens, l’ingestion d’alcool (300ml de bourbon) chez quatre sujets ayant un SAHOS modéré (IAH = 22) augmente significativement l’IAH à 28. De même, l’alcool (quantité non précisée) donné deux nuits augmente le nombre et la durée des apnées chez cinq malades ayant un SAHOS modéré ou sévère et crée un SAHOS dans la première heure de sommeil chez deux sujets ayant seulement des ronflements lors de la nuit de baseline [56]. Chez six patients ayant un SAHOS modéré, l’alcool augmente le nombre des troubles respiratoires et la sévérité de l’hypoxie comparativement à une nuit sans alcool [48]. De même, chez 37 hommes non obèses, ayant un SAHOS, la comparaison des oxymétries en conditions standard et après ingestion d’alcool montre que l’alcool aggrave chez 32 % des sujets le nombre des désaturations en O2 et la valeur de la SaO2 la plus basse et chez 76 % des malades aggrave l’un des deux facteurs. La consommation d’alcool était plus faible chez les malades n’ayant pas d’aggravation, alors qu’elle était plus importante chez ceux qui avaient consommé le plus d’alcool [57]. Une étude randomisée compare les résultats de la polysomnographie chez 21 hommes, ronfleurs habituels, avec et sans la prise de 0,5g d’alcool/kg de poids (alcoolémie moyenne 0,0g.dL-1). La prise d’alcool le soir augmente significativement le nombre des apnées-hypopnées, l’IAH passant en moyenne de 7,1 à 9,7 sans modification du ronflement, de la durée des apnées et des valeurs de la SaO2 . De plus, la fréquence cardiaque moyenne et le taux urinaire de noradrénaline au cours de la nuit étaient significativement augmentés [58]. Inversement, dans le travail de Teschler et coll. [59], une dose modérée d’alcool (vodka 40 % éthanol, soit 1,5 m L/kg-1 ou 0,5g/kg-1, alcoolémie 0,45mg/ml-1), deux nuits consécutives, chez 14 hommes d’âge moyen 53 ans ayant un SAHOS (IAH = 20,3) non traité entraîne une augmentation des micro-éveils sans modification significative des paramètres respiratoires, y compris de la SaO2 que l’analyse porte sur les deux premières heures de la nuit ou sur toute la nuit. Quand les malades sont mis sous PPC, l’alcool n’a aucun effet ; la pression efficace de PPC, la structure du sommeil restent inchangées. Ces résultats sont confirmés dans un travail comparant l’effet de deux doses de vodka (alcoolémie 63,7 et 108,6mg/dl) sur la pression de PPC efficace pour traiter 10 obèses atteints d’un SAHOS sévère (IAH = 40). La prise d’alcool à ces deux doses ne modifie la pression efficace de PPC et ne change pas les paramètres respiratoires enregistrés sous PPC [60]. Enfin, une étude observationnelle complétée par des enregistrements de sommeil (sous-groupe de la Winconsin Sleep Cohort Study ) incluant 775 hommes et 645 femmes a étudié la relation entre une consommation chronique modérée d’alcool (prise d’alcool régulière depuis cinq ans avec moins de six prises/j et pas plus de deux prises au coucher) et le risque d’avoir des troubles respiratoires au cours du sommeil [61]. Les hommes qui consomment de l’alcool régulièrement ont plus de risque d’avoir un SAHOS (IAH > 5) que ceux qui n’en consomment pas. Par rapport aux hommes qui consomment peu d’alcool, l’ajout d’une boisson alcoolisée/j chez les hommes qui consomment plus d’alcool, est associé à une augmentation du risque de SAHOS modéré à sévère d’environ 25 % ; cette relation n’est plus retrouvée pour les SAHOS modérés à sévères (IAH > 15). Chez les femmes, la consommation d’alcool n’est pas associée à un risque accru de SAHOS. Ces résultats sont partiellement en accord avec ceux de l’étude japonaise déjà rapportée [52]. Enfin, une étude transversale observationnelle avec questionnaire sur la prise d’alcool et oxymétrie est réalisée chez 1 465 hommes, conducteurs de camion [62]. La prévalence d’un index de désaturations d’au moins 3 % > 5, > 10 et > 15 est respectivement de 25,4 % ; 11,1 % et 6,6 %.Une analyse multivariée a trouvé que l’odds ratio pour un index de désaturations > 10 est de 1,5 quand la prise d’alcool est de 0,5 à moins d’1g/kg et de 3,4 quand la consommation d’alcool est supérieure à 1g/kg en comparaison avec des sujets non alcooliques. Une relation semblable avec la consommation d’alcool est retrouvée si on considère des index > 5 ou > 15. Cette relation est plus évidente pour les hommes qui ont un IMC < 23,4 comparativement à ceux qui ont un IMC > 23,4. Il existe donc une forte prévalence d’anomalies respiratoires non diagnostiquées dans cette population et la sévérité des anomalies respiratoires est en relation significative avec la prise d’alcool.

Opioïdes et méthadone

Bien que les substances opioïdes soient largement utilisées de façon licite et illicite, il y a peu de travaux sur les effets de ces substances sur la respiration au cours du sommeil.

La plupart des substances opioïdes utilisées en clinique, comme la morphine et la méthadone, agissent sur les récepteurs μ et sont connus pour être des dépresseurs respiratoires.

Les principales données de la littérature sont résumées dans la méta-analyse parue en 2007, portant sur 17 articles publiés entre 1966 et 2005, étudiant l’effet des opioïdes sur le sommeil chez l’homme, sachant que seules cinq de ces études décrivent la respiration au cours du sommeil [63].

L’usage en aigu des opioïdes chez l’homme sain est connu pour diminuer la réponse respiratoire à l’hypoxie et à l’hypercapnie, pour abolir les efforts respiratoires en cas d’augmentation des résistances des voies aériennes su périeures et pour induire des pauses respiratoires, voire une respiration périodique, pour prolonger le temps expiratoire et diminuer le volume courant. Ainsi, l’étude de Robinson et coll. [63] étudie la respiration chez 12 sujets sains après ingestion de 2 ou 4mg d’hydromorphone. Seule la réponse à l’hypoxie au cours de la veille était significativement diminuée et le nombre d’apnées doublait, alors que celui des hypopnées diminuait, avec la dose de 4mg. Shaw et coll. (2005) [63] n’ont pas trouvé chez sept sujets d’augmentation significative des troubles respiratoires comparativement aux enregistrements en baseline ou comparativement aux enregistrements de sujets contrôles, après injection de 0,1mg de morphine. Inversement, dans un rapport de trois cas cliniques [64], deux sujets sans trouble respiratoire ont développé des apnées de type central après ingestion d’oxycodone à la dose journalière de 10 à 40mg (IAH = 92,5) ou après ingestion d’acétominophène et de codéine (IAH = 27,6).

L’inhalation aiguë de morphiniques au cours d’une anesthésie pour amygdalectomie chez des enfants ayant un SAHOS entraîne une hypoventilation plus marquée et une PCO2 de fin d’expiration plus élevée que chez les enfants normaux. L’injection de fentanyl provoque l’apparition d’apnées centrales essentiellement chez les enfants porteurs d’un SAHOS [64]. Sanders et coll. [65] décrivent des complications respiratoires plus importantes en péri-opératoire chez de jeunes enfants ayant un SAHOS, mais ne trouvent pas de corrélation entre ces complications et l’usage de la morphine, contrairement au travail précédent de Brown et coll. [66] qui montrent que les enfants présentant un SAHOS auraient une plus grande sensibilité au fentanyl peropératoire et à la morphine postopératoire, en corrélation avec le degré d’hypoxémie. Ainsi, ces auteurs recommandent-ils d’utiliser une demi-dose de morphiniques lors d’intervention pour amygdalectomie chez les enfants ayant un SAHOS et un nadir de SaO2 bas [66]. De même, dans une étude randomisée chez 66 enfants ayant un SAHOS et subissant une amygdalectomie, le paracétamol (tramadone) donné en préopératoire serait moins nocif sur la respiration (moindre nombre de désaturations au cours des trois heures qui suivent l’intervention) que la morphine à effet analgésique identique [67]. Il est peut-être intéressant de signaler un cas clinique rapportant la survenue de lésions cérébrales et d’apnée chez un enfant de 29 mois jusque-là en bonne santé deux jours après avoir reçu acétaminophène et codéine (1,75mg/kg/dose) lors d’une amygdalectomie. Un polymorphisme génétique du cytochrome P450 (CYP2D6*1/*2P) provoque la rapidité et la majoration de la transformation de la codéine en morphine expliquant les troubles décrits [68].

Chez l’adulte, Mogri et coll. [64] rapportent parmi leurs trois cas cliniques, le cas d’un malade de 57 ans ayant un SAHOS (IAH = 38,1 ; IA central = 2,1) et qui développa des apnées centrales en grand nombre (IAH = 120,2 dont IA central 75,6) après ingestion de morphine pour calmer ses douleurs. Plus intéressante est l’étude prospective en double aveugle et contrôlée contre placebo de la respiration au cours du sommeil chez 19 sujets de 49 à 50 ans d’âge moyen, ayant un SAHOS modéré (IAH = 23 ou 24) et recevant soit une perfusion de sérum salé (groupe contrôle), soit une perfusion de rémifentanyl à la dose de 0,075/kg-1/h-1 [69]. La solution saline ne produit aucun effet ni sur le sommeil ni sur la respiration, alors que le rémifentanil diminue le sommeil paradoxal et, sans doute par ce biais, le nombre des apnées obstructives, mais parallèlement il augmente de façon significative le nombre des apnées centrales et diminue significativement la SaO2 moyenne, le nombre de désaturations inférieures à 90 % et le temps passé avec une SaO2 < 90 %.

L’usage chronique des opioïdes, comme la prise de méthadone, chez des sujets sans troubles respiratoires connus peut entraîner un phénomène de tolérance. Les réponses à l’hypoxie sont décrites soit diminuées, soit augmentées selon les publications et peu d’études ont étudié la respiration au cours du sommeil. Quelques cas cliniques ont été rapportés. Surtout, dans leur méta-analyse, Wang et Teichtahl [63] rapportent les résultats de quatre études : deux concernent 50 sujets sous méthadone à dose fixe et sont les seules à être des études contrôlées contre placebo, une porte sur trois sujets sous traitement antalgique chronique par opioïdes et la quatrième concerne des sujets traités pour un syndrome des jambes sans repos (SJSR). Ces études sous méthadone rapportent des apnées de type central chez 30 % des sujets, plus fréquentes en sommeil lent, périodiques ou non ; la SaO2 est légèrement abaissée et la PaCO2 légèrement augmentée ; la réponse à l’hypercapnie est diminuée, mais celle à l’hypoxie majorée. Il existe une relation significative entre les apnées centrales et le taux sanguin de méthadone. Respiration périodique, respiration de type Biot, hypoxémie sévère et hypopnées obstructives de longue durée, en sommeil lent sont également retrouvées chez les trois femmes sous traitement antalgique chronique par opioïdes. Ces résultats sont confirmés dans l’étude de Walker et coll. [70] qui insistent sur le risque de respiration ataxique (Biot) et d’apnées centrales chez des sujets sans SAHOS, sous traitement par opioïdes ; l’IMC étant inversement corrélé avec l’indice d’apnées centrales. Enfin, deux des sept malades traités par morphiniques pour un SJSR ont développé un SAS (IAH = 10 et 15) et chez un dernier malade, le traitement a aggravé un SAHOS préalable ; la nature des apnées dans cette dernière étude n’était pas précisée. Une étude observationnelle de 392 sujets, de 51 ans d’âge moyen, traités par opioïdes pour douleur chronique depuis au moins 6 mois a étudié les anomalies respiratoires détectées par polysomnographie chez 149 d’entre eux [71]. Soixante-quinze pour cent des sujets avaient des anomalies respiratoires (IAH > 5/h) ; 24 % des apnées centrales, 39 % des apnées obstructives et 8 % apnées centrales et obstructives. De plus, il existait une relation entre dose de méthadone en morphine équivalent et nombre des apnées centrales ; cette relation n’était pas retrouvée pour les opioïdes autres que la méthadone. Par ailleurs, la prise de benzodiazépines a un effet additif sur les anomalies respiratoires.

Dans les cas où un traitement chronique par opioïdes ou par méthadone entraîne respiration périodique et un SAHOS à apnées centrales prédominantes, un traitement par PPC est souvent inefficace et il est recommandé un traitement par ventilation servo-assistée [72, 73].

Nicotine

Peu d’études ont été spécifiquement consacrées au rôle de la nicotine. Dans le travail de Vitellio [54], l’étude en régression logistique montrait que le nombre d’année pendant lesquelles un sujet avait fumé était un facteur significatif uniquement pour expliquer la baisse de la SaO2 moyenne chez des alcooliques chroniques devenus abstinents. Ce facteur était beaucoup moins important que l’alcool.

Une étude randomisée, en double aveugle avec crossover, a étudié les effets d’un patch transdermique à la nicotine (délivrant 11mg de nicotine sur 24h) ou d’un placebo, chez 20 sujets, de 47 ans d’âge moyen, ronfleurs simples non apnéiques. Si la nicotine perturbe notablement le sommeil en diminuant sa durée, son efficacité et la quantité de sommeil paradoxal, en augmentant la latence d’endormissement, elle ne modifie pas les paramètres respiratoires, si ce n’est qu’elle diminue légèrement, mais significativement l’intensité des ronflements [74]. Pas d’étude à notre connaissance chez des sujets ayant un SAHOS ?

Aucune recommandation ne peut être donnée.

Sildénafil et autres traitements des troubles de l’érection

Quelques publications ont été consacrées au rôle de substances utilisées pour lutter contre les troubles de l’érection.

Le sildénafil

Plusieurs études ont montré l’efficacité du traitement par sildénafil dans les troubles de l’érection chez l’homme atteint de SAHOS, sans étudier les conséquences de cette thérapeutique sur les paramètres respiratoires. Dans ce but, Roizenblatt et coll. [75] ont conduit une étude, en double aveugle, cross-over et contrôlée versus placebo chez 14 sujets, de 40 à 60 ans, présentant un SAHOS sévère (IAH > 30 et un index > 10 de désaturations). Après deux nuits d’enregistrement en baseline, le sujet recevait deux enveloppes, l’une avec du placebo, l’autre avec du sildénafinil à la dose de 50mg. Il prenait au hasard un soir le contenu d’une enveloppe et était enregistré en polysomnographie la nuit suivante, puis prenait le soir suivant le contenu de la deuxième enveloppe et subissait une nouvelle polysomnographie. La comparaison des résultats entre nuit de baseline et sous placebo ne montre pas de différence, en revanche, après prise de sildénafil, on observait comparativement à la nuit sous placebo, outre une baisse significative du sommeil lent profond, une augmentation significative du nombre des apnées obstructives, du nombre des désaturations en O2 , du temps de sommeil passé avec une SaO2 < 90 % et une baisse de la SaO2 moyenne sans différence du nadir de la SaO2 . Les auteurs attirent l’attention sur l’aggravation des troubles respiratoires par le sildénafil chez les malades porteurs d’un SAHOS sévère.

Enfin, le rapport de cas cliniques isolés indique que l’énalapril (inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine) peut soit aggraver un SAHOS préexistant, soit instaurer des troubles respiratoires avec apnées obstructives (IAH = 25). Ces anomalies respiratoires disparaissent au bout d’un mois d’arrêt de traitement [76].

Un cas de rhambdomyolise et de SAHOS très sévère (IAH = 85) est rapporté chez une femme de 85 ans après prise de cérivastatin [77]. Après arrêt de la statine, les signes de rhambdomyolyse se sont très progressivement améliorés, alors que le SAHOS a dû être traité par PPC. Les statines peuvent-elles induire un SAHOS ou aggraver un SAHOS préexistant ? Inversement, la sibutramine à la dose de 15mg, dans une étude randomisée, en double aveugle et contrôlée versus placebo, ne modifie pas l’IMC et n’aggrave pas les troubles respiratoires au cours du sommeil chez 21 hommes de 30 à 60 ans ayant un SAHOS modéré avec un IAH > 10. Seuls quatre de ces patients qui consommaient de l’alcool ont eu une augmentation significative de l’IAH [78]. De plus, dans une étude en ouvert, non contrôlée, la prise de sibutramine chez 87 sujets d’âge moyen 46 ans, obèses ayant un SAHOS sévère (IAH = 46 +/-23,1) entraîne un amaigrissement (baisse de l’IMC, diminution du tour du cou et du tour de taille) et parallèlement une amélioration des troubles respiratoires sans changement de la T.A [79].

RECOMMANDATION 80

Il est recommandé d’éviter la prise de benzodiazépines (grade B) et d’opioides, de sildénafil et la prise d’alcool le soir en cas de SAHOS non traité (grade B).

Traitement de la somnolence résiduelle sous PPC

La somnolence diurne excessive peut persister après un traitement correctement conduit par PPC. Dans une étude multicentrique française [80], l’estimation est, en première analyse, qu’il existe 12 % de patients restant somnolents sous PPC. Cependant, après avoir éliminé les causes classiques de somnolence, il persiste 6 % de cas non explicables par une autre pathologie du sommeil, une durée de sommeil insuffisante ou une observance suboptimale de la PPC. Il convient de rappeler de ce point de vue que les facteurs habituels de somnolence en population générale peuvent et doivent être éliminés (dépression, obésité, temps de sommeil insuffisant). Par ailleurs, il a été montré qu’un bénéfice symptomatique est obtenu par la PPC de façon linéaire avec la durée d’utilisation. En particulier, les seuils au-delà desquels une amélioration supplémentaire est peu probable, sont différents d’un paramètre à l’autre (en moyenne, 4 heures pour le score de somnolence d’Epworth, 6 heures pour les tests de latences mutliples d’endormissement et 7,5 heures pour les aspects cognitifs). Enfin, il est évidemment essentiel de vérifier la bonne correction des événements respiratoires et l’absence de fragmentation par ailleurs sous PPC.

Depuis plus de dix ans, diverses études ont évalué l’effet du modafinil dans l’éventuel contrôle de la SDE. Il s’est agi, dans la quasi-totalité des cas, de patients traités par PPC [81, 82, 83, 84, 85, 86, 87, 88, 89]. Malgré des autorisations de mise sur le marché dans cette indication dans plusieurs pays dont la France, c’est une utilisation qui reste controversée, probablement par peur d’encourager auprès de non-experts le traitement symptomatique de la somnolence au détriment de son traitement étiologique par la PPC [82, 85].

Le US Modafinil Study Group a inclus 157 sujets poursuivant la PPC et qui ont reçu pendant quatre semaines du modafinil une fois par jour (200mg la première puis 400mg les trois suivantes) ou un placebo. La somnolence était établie sur le score de somnolence d’Epworth (moyenne à 14 dans les deux groupes), et la latence moyenne d’endormissement aux tests itératifs d’endormissement [84]. Le modafinil a signifcativement amélioré la somnolence diurne excessive avec des modifications significatives du score d’Epworth aux semaines 1 et 4 (p <0,001) et des tests de latence multiple à la semaine 4 (p <0.05). Le pourcentage de patients avec une SDE normalisée (Epworth score < 10) était plus élevé avec le modafinil (51 %) qu’avec le placebo (27 %) (p <0,001), mais pas concernant les test itératifs de latences d’endormissement (> 10min ; 29 % versus 25 %). Les céphalées (modafinil, 23 % ; placebo, 11 % ; p <0,044) et la nervosité (modafinil, 12 % ; placebo, 3 % ; p <0,024) étaient les effets indésirables les plus fréquents. Par ailleurs, la PPC est restée utilisée par les deux groupes plus de 6 heures (niveau de preuve 1A).

D’autres études ont confirmé ces données et montré la persistance du bénéfice clinique à huit et douze semaines (niveau de preuve 1A) [82, 83]. Par ailleurs, une analyse complémentaire de l’étude US Modafinil Study a permis de montrer des améliorations des temps de réaction et plus globalement du fonctionnement cognitif [89] (niveau de preuve 1A). Il en est de même plus récemment avec un énantiomère du modafinil (armodafinil) qui a montré à quatre, huit et douze semaines sur n =259 sujets, dans une étude en randomisée en double aveugle, une amélioration de la vigilance et de la mémoire à long terme [87] (niveau de preuve 1A).

On peut donc établir la recommandation suivante :

RECOMMANDATION 81

Il est recommandé de prescrire le modafinil chez les patients ayant un SAHOS qui gardent une somnolence diurne excessive malgré un contrôle optimal du SAHOS par la PPC vérifié par polysomnographie et une bonne observance de la PPC, après avoir éliminé une autre cause de somnolence diurne (grade A).

Traitement positionnel du SAHOS

Le SAHOS positionnel a été décrit depuis le début des années 80 [90, 91, 92, 93]. Il s’agit d’un syndrome d’apnées dont l’IAH est au moins deux fois plus important sur le dos que sur le côté. Les caractéristiques de patients présentant un SAHOS positionnel vs non positionnel ont été rapportées [93]. Sur un groupe d’environ 600 patients, Oksenberg et coll. ont retrouvé un BMI légèrement inférieur, un âge inférieur de 2 ans, une efficacité du sommeil et un pourcentage de sommeil lent profond (stades 3 et 4) augmentés, moins d’éveil intra-sommeil et de micro-éveils, un index d’apnées et une IAH moins élevés et des désaturations nocturnes moins marquées, des latences d’endormissement plus longues aux tests itératifs de latences d’endormissement (TILE). En somme, un SAHOS plus modéré. L’analyse en régression logistique a montré d’ailleurs que l’élément déterminant le plus important était le RDI (avec un seuil à environ 40/h), puis le BMI, également corrélé négativement à l’existence d’une SAHOS dépendant de la position et, à un moindre degré, l’âge [93]. La prévalence du SAHOS positionnel a également été étudiée. Cependant, dans cette étude, la définition utilisée a été différente avec non seulement un IAH une réduction de 50 % entre le décubitus dorsal et latéral, mais également une normalisation (< 5/h) en décubitus latéral, ce qui rend potentiellement un traitement positionnel opérationnel. Environ 325 patients vus en polysomnographie dans deux centres de PSG américains ont été revus de façon rétrospective. De façon concordante avec l’étude précédente, il a été retrouvé 49,5 % de patients positionnels en cas de SAHOS modéré (IAH, de 5 à 15/h), 19,4 % en cas de SAHOS modéré (IAH de 15 à 30/h), et 6 % en cas de SAHOS sévère (IAH > 30/h) [94]. L’ensemble de ces éléments était déjà largement évoqué dans la revue d’Oksenberg et Silverberg publiée en 1998 [95].

Le traitement positionnel est-il efficace ?

Il a donc été testé dés les années 80–90 [91], puis comparé à différentes méthodes [96, 97], évalué à six mois [98] et a été intégré dans les recommandations de pratique clinique.

Chez des patients entraînés à dormir sur le côté en utilisant une alarme ou non pour prévenir le décubitus dorsal, environ 50 % sont capables de dormir durablement sur le dos et donc de réduire leur IAH de façon marquée (niveau de preuve 2). Il faut cependant souligner que pour ceux qui ne peuvent maintenir durablement le décubitus latéral, il n’existe pas de dispositif adapté commercialisé en France actuellement. L’utilisation d’une balle de tennis est possible [98] avec une compliance au long cours d’environ 40 % et 24 % ayant interrompu le traitement, mais persistant à pouvoir dormir sur le côté, les patients les plus compliants ou stabilisés semblant plus âgés que ceux qui avaient abandonné dans les premiers jours ou à distance, mais sans avoir appris à dormir sur le côté [98] (niveau de preuve 2).

Par rapport à la PPC, il existe une étude randomisée en simple aveugle et cross-over PPC versus traitement positionnel pendant deux semaines [97] chez des SAHOS positionnels (âge 51±9, IAH=17±8). Il y avait une différence significative concernant l’IAH (différence de 6 en moyenne) et la saturation artérielle en oxygène nocturne (différence de 4 % concernant la SaO2 minimale nocturne) en faveur de la PPC, mais pas de différence concernant les symptômes, la structure de sommeil, la vigilance objective, les tests cognitifs et la qualité de vie [97] (niveau de preuve 2).

Par voie de conséquence, les recommandations de pratique clinique [99] identifient les facteurs de survenue du SAHOS positionnel (IAH faible, IMC faible à modéré, sujets plus jeunes), ne conservent que les deux études mentionnées ci-dessus comme éléments de preuve [96, 97], soulignent l’absence de standardisation et la nécessité de poursuivre les études de recherche clinique, ainsi qu’en pratique clinique la nécessité de vérifier la normalisation de l’IAH, compte tenu de l’existence de réponses incomplètes ou variables au traitement positionnel [99].

On peut donc faire les recommandations suivantes :

RECOMMANDATION 82

Le traitement positionnel, qui consiste à éviter le décubitus dorsal pendant le sommeil, est recommandé dans les SAHOS positionnels légers ou modérés en l’absence d’obésité importante et à condition d’en vérifier l’efficacité cliniquement et par un enregistrement (grade B).

Quelle stratégie thérapeutique du SAHOS ?

Proposition de stratégie élaborée à partir de l’analyse bibliographique et des recommandations des questions 3, 4 et 5.

RECOMMANDATION 83

La recherche d’un SAHOS par polygraphie ou polysomnographie est recommandée avant tout traitement chirurgical du ronflement (accord professionnel).

RECOMMANDATION 84

Chez tout patient porteur d’un SAHOS, il est recommandé de donner des conseils alimentaires pour obtenir une réduction pondérale (grade B), de donner une information sur les médicaments et substances à éviter (grade B), de dépister et traiter les comorbidités (accord professionnel) et de traiter une obstruction nasale (accord professionnel).

SAHOS sévère

(IAH ≥ 30 ou IAH < 30 et somnolence diurne sévère sans autre cause).

RECOMMANDATION 85

La PPC est le traitement recommandé en première intention (grade A).

RECOMMANDATION 86

L’OAM est recommandée en 2e intention en cas de refus ou intolérance à la PPC (grade B).

RECOMMANDATION 87

La chirurgie vélo-amygdalienne n’est recommandée qu’en cas d’hypertrophie amygdalienne majeure, en l’absence d’obésité et de comorbidité sévère (accord professionnel).

RECOMMANDATION 88

La chirurgie d’avancée des maxillaires est recommandée chez les patients refusant ou ne tolérant pas la PPC et l’OAM, en l’absence d’obésité et de comorbidité sévère (accord professionnel).

SAHOS léger à modéré

(IAH < 30 et somnolence diurne légère à modérée).

RECOMMANDATION 89

Il est recommandé de proposer un traitement par PPC ou OAM en première intention (grade B).

RECOMMANDATION 90

Un traitement positionnel est recommandé en cas de SAHOS positionnel (grade B).

RECOMMANDATION 91

La PPC est recommandée en première intention en présence d’une comorbidité cardio-vasculaire grave (HTA réfractaire, fibrillation auriculaire récidivante, insuffisance ventriculaire gauche sévère ou maladie coronaire mal contrôlée AVC) (accord professionnel).

RECOMMANDATION 92

La chirurgie vélaire ou linguale selon le site obstructif n’est recommandée que chez les patients refusant ou ne tolérant pas la PPC et l’OAM, en l’absence d’obésité et de comorbidité sévère (accord professionnel).

Conflits d’intérêts

P. Lévy : Actionnaire de Sleepinnov Technology : 15 % du capital maximum autorisé par la loi d’innovation ; Essais cliniques : Sanofi-Aventis : « Étude randomisée en double aveugle, contrôlée contre placebo, évaluant la tolérance et l’activité de 4 doses uniques croissantes d’AVE0657 chez des patients ayant une insuffisance cardiaque congestive et présentant une respiration de Cheyne-Stokes » ; Étude ACT6795: A double-blind, randomized, placebo-controlled, study of the safety and activity of four escalating single doses of AVE0657 in patients suffering from Obstructive Sleep Apnea Hypopnea Syndrome ; Étude ACT6796 : A doubleblind, randomized, placebo-controlled, 2-way crossover study of the safety and activity of one single dose of AVE0118 in patients suffering from Obstructive Sleep Apnea-Hypopnea Syndrome ; RESMED : Traitement des troubles respiratoires du sommeil avec apnée centrale prédominante par ventilation auto-asservie chez des patients atteints d’insuffisance cardiaque chronique ; Rapport d’expertise : Expertises pour la HAS, l’AFSSAPS ; Interventions ponctuelles : Expert conseil sur l’insomnie pour Sanofi-Aventis ; Consultant (conseils en cardiologie) pour RESMED ; Conférences en qualité d’intervenant : The 2010 ATS Sleep State of the Art course - Miami - 25-28/02/2010 (American Thoracic Society) ; Congrès annuel de l’American Thoracic Society - New Orleans -14-19/05/2010 (AstraZeneca) ; World Congress of Cardiology - Pékin - 16-19/06/2010 (Resmed) ; VIIIth World Congress on high altitude medicine and physiology - Arequipa - 8-12/08/2010 ; Congrès annuel de European Sleep Research Society (Lisbonne - 14-18/09/2010).

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