Médecine

Paramédical

Autres domaines


S'abonner

Aspects épidémiocliniques, juridiques et coût de la prise en charge des abus sexuels chez les mineurs à Dakar, Sénégal - 03/11/15

Doi : 10.1016/j.jgyn.2014.10.010 
C.T. Cisse a, , M.M. Niang a , A.K. Sy a, E.H.O. Faye b, J.-C. Moreau c
a Service de gynécologie–obstétrique, hôpital institut d’hygiène sociale, Dakar, Sénégal 
b Ministère de la santé et de l’action sociale du Sénégal, Dakar, Sénégal 
c Service de gynécologie–obstétrique, hôpital Aristide-Le Dantec, Dakar, Sénégal 

Auteur correspondant.

Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.

pages 7
Iconographies 2
Vidéos 0
Autres 0

Résumé

Objectifs

Préciser les aspects épidémiocliniques et juridiques des abus sexuels chez les mineurs et évaluer le coût de la prise en charge à Dakar.

Matériel et méthodes

Il s’agit d’une étude transversale rétrospective multicentrique sur les abus sexuels chez les mineurs sur une période de 4ans allant du 1er janvier 2006 au 31 décembre 2009. Quatre maternités étaient ciblées, l’Institut d’hygiène sociale de la Médina, le centre de santé Roi-Baudouin de Guédiawaye, l’hôpital Pikine de Thiaroye et le centre de santé Youssou-Mbargane-Diop de Rufisque.

Résultats

Durant la période d’étude, 252 mineurs victimes d’abus sexuels ont été pris en charge au niveau des quatre structures sanitaires sur un total de 272 abus sexuels tout âge confondu, soit une fréquence de 92,64 %. Le profil épidémiologique de nos patientes était celui d’un enfant âgé en moyenne de 11ans, de sexe féminin (100 %) et résidant en banlieue dakaroise (68,1 %). Dans notre série, les enfants étaient le plus souvent abusés aux heures ouvrables (31,7 %), en dehors du cadre familial, par une personne souvent connue de la victime (72,6 %). Le contact génito-génital était la modalité de contact sexuel la plus fréquente (80,9 %) avec une pénétration vaginale dans 61 % des cas. Dans notre série, la quasi-totalité des victimes (92,1 %) était venue consulter, accompagnée de leurs parents, entre le 1er et le 4e jour après l’abus sexuel (70 %). L’examen révélait le plus souvent un traumatisme hyménéal (59,9 %),dont près de la moitié (49 %) était constituée de lésions anciennes. Au total, 56,9 % des victimes présentaient un choc post-traumatique et 31,1 %, un mutisme. Nous avons enregistré six (6) grossesses soit 2 % de notre échantillon. Un cas d’infection à VIH était enregistré sur un prélèvement réalisé 72heures après l’abus sexuel. Le contrôle de la sérologie VIH à trois mois n’a été demandé que dans 7,1 % des cas et seuls 20 % des enfants avaient bénéficié d’une prophylaxie antirétrovirale. L’antibioprophylaxie n’avait été réalisée que dans 13,7 % des cas avec comme molécule de choix la doxycycline (75 %). Seules 29 % de nos patientes avaient bénéficié d’une contraception d’urgence à base de progestatifs et la prise en charge psychologique ne concernait que 22 % des enfants. Concernant les aspects juridiques, 46 % de nos patientes avaient déposé une plainte. Les poursuites judiciaires étaient de 38 % dont 45 % de condamnation et 21 % d’acquittement. Le taux de règlement à l’amiable était de 35 % et le délai de règlement par la justice était en moyenne de 6 mois avec des extrêmes d’un mois et de 24 mois. Le coût moyen de la prise en charge était estimé à 17 010 FCFA (26 euros) en tenant compte des consommables utilisés pour l’examen clinique (gants stériles, sonde urinaire, seringue), des analyses et des médicaments prescrits.

Conclusion

Les abus sexuels chez les mineurs constituent une réalité troublante qui soulève, à juste titre, une réprobation universelle. Au Sénégal, ce phénomène concerne surtout les mineurs et son ampleur ne cesse d’augmenter au fil des années. L’amélioration de la prise en charge des victimes passe nécessairement par la sensibilisation des populations par le biais des médias et la mise en place de structures spécialisées dans la prise en charge des abus sexuels.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

Objectives

Specify epidemioclinical and legal aspects of sexual abuse among minors and evaluate the cost of care in Dakar.

Materials and methods

This is a retrospective multicenter cross-sectional study on sexual abuse among minors over a period of four years from 1st January 2006 to 31st December 2009. Four maternities were targeted: the Social Hygiene Institute of Medina, health center Roi-Baudouin Guédiawaye, the Pikine hospital and health center Youssou-Mbargane-Diop of Rufisque.

Results

During the study period, 252 child victims of sexual abuse were supported at four health facilities on a total of 272 sexual abuses of all ages, a frequency of 92.64%. The epidemiological profile of our patients was a child of 11 years old on average, female (100%) and living in the suburbs of Dakar (68.1%). Children were often abused during working hours (31.7%), outside the family environment and often by someone known to the victim (72.6%). Genito-genital contact was the most common mode of sexual contact (80.9%) with vaginal penetration in 61% of cases. Almost all of the victims (92.1%) came to consult, accompanied by their parents, between the 1st and 4th day after the sexual abuse (70%). The examination usually revealed a hymenal trauma (59.9%) of which nearly half (49%) consisted of old lesions. 56.9% of victims had a post-traumatic stress disorder and 31.1%, mutism. We recorded six (6) pregnancies, 2% of our sample. A case of HIV infection was recorded on a sample taken 72hours after sexual abuse. Control of three months HIV serology was requested in 7.1% of cases and only 20% of children had received antiretroviral prophylaxis. Antibiotic prophylaxis had been performed in 13.7% of cases using doxycycline as drug of choice (75%). Only 29% of our patients had received emergency contraception progestin and psychological care concerned only 22% of children. On the legal aspects, 46% of our patients had filed a complaint. Prosecutions were 38%, 45% of which were convicted and 21% were acquitted. The rate of out-of-court settlement was 35% and the time limit for settlement by the justice was on average 6 months with extremes of one month and 24 months. The average cost of care was estimated at 17,010 CFA francs (26 euros) taking into account the consumables used for clinical examination (sterile gloves, catheter, syringe), analysis and prescription drugs.

Conclusion

The sexual abuse of minors is a disturbing reality that raises rightly universal reprobation. In Senegal, this mainly affects children and its magnitude is increasing over the years. Improved support for victims necessarily involves raising public awareness through the media and the development of specialized structures in the management of sexual abuse.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Abus sexuels, Mineurs, Poursuite judiciaire, Coût, Dakar, Sénégal

Keywords : Sexual abuse, Minors, Judicial prosecution, Cost of care, Dakar, Senegal


Plan


© 2015  Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Ajouter à ma bibliothèque Retirer de ma bibliothèque Imprimer
Export

    Export citations

  • Fichier

  • Contenu

Vol 44 - N° 9

P. 825-831 - novembre 2015 Retour au numéro
Article précédent Article précédent
  • Effet de l’augmentation et du vieillissement de la population de Basse-Normandie sur l’activité de gynécologie-obstétrique
  • M. Mandon, J.-M. Macé, M. Dreyfus, L. Berger
| Article suivant Article suivant
  • Comparaison des performances diagnostiques de deux tests de rupture prématurée des membranes (IGFBP-1/PAMG-1) en pratique clinique
  • M. Lecerf, D. Vardon, R. Morello, N. Lamendour, M. Dreyfus

Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.

Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’achat d’article à l’unité est indisponible à l’heure actuelle.

Déjà abonné à cette revue ?

Mon compte


Plateformes Elsevier Masson

Déclaration CNIL

EM-CONSULTE.COM est déclaré à la CNIL, déclaration n° 1286925.

En application de la loi nº78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez des droits d'opposition (art.26 de la loi), d'accès (art.34 à 38 de la loi), et de rectification (art.36 de la loi) des données vous concernant. Ainsi, vous pouvez exiger que soient rectifiées, complétées, clarifiées, mises à jour ou effacées les informations vous concernant qui sont inexactes, incomplètes, équivoques, périmées ou dont la collecte ou l'utilisation ou la conservation est interdite.
Les informations personnelles concernant les visiteurs de notre site, y compris leur identité, sont confidentielles.
Le responsable du site s'engage sur l'honneur à respecter les conditions légales de confidentialité applicables en France et à ne pas divulguer ces informations à des tiers.