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Post-partum : recommandations pour la pratique clinique – Texte court - 19/11/15

Doi : 10.1016/j.jgyn.2015.09.017 
M.-V. Sénat a, , L. Sentilhes b, A. Battut c, D. Benhamou d, S. Bydlowski e, A. Chantry f, g, X. Deffieux h, F. Diers i, M. Doret j, C. Ducroux-Schouwey i, F. Fuchs a, G. Gascoin k, C. Lebot l, L. Marcellin m, G. Plu-Bureau n, B. Raccah-Tebeka o, E. Simon p, G. Bréart q, L. Marpeau r
a Service de gynécologie-obstétrique, hôpital Bicêtre, Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP–HP), université Paris-Sud, 78, avenue du Général-Leclerc, 94270 Le Kremlin-Bicêtre, France 
b Service de gynécologie-obstétrique, université d’Angers, CHU d’Angers, 49000 Angers, France 
c Collège national des sages-femmes de France (CNSF), France 
d Service d’anesthésie réanimation, hôpital Bicêtre, Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP–HP), université Paris-Sud, 94270 Le Kremlin-Bicêtre, France 
e Département de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, association de santé mentale du xiiie arrondissement, 75013 Paris, France 
f Inserm UMR 1153, équipe de recherche en épidémiologie obstétricale, périnatale et pédiatrique (EPOPé), centre de recherche épidémiologie et statistique Sorbonne Paris-Cité, DHU risques et grossesse, université Paris-Descartes, 75014 Paris, France 
g École de sages-femmes Baudelocque, université Paris-Descartes, Assistance publique–Hôpitaux de Paris, 75014 Paris, France 
h Service de gynécologie-obstétrique et médecine de la reproduction, hôpital Antoine-Béclère, Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP–HP), université Paris-Sud, 92140 Clamart, France 
i Collectif inter-associatif autour de la naissance (CIANE), Paris, France 
j Service de gynécologie-obstétrique, hôpital Femme-Mère-Enfant, université Lyon 1, hospices civils de Lyon, 69500 Bron, France 
k Service de réanimation et médecine néonatales, université d’Angers, CHU d’Angers, 49000 Angers, France 
l Direction des ressources humaines et des écoles, CHU de Tours, 37000 Tours, France 
m Service de gynécologie-obstétrique II et médecine de la reproduction, Port-Royal hôpital Cochin, université Paris-Descartes, Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP–HP), 75014 Paris, France 
n Service de gynécologie-obstétrique II, unité de gynécologie endocrinienne, Port-Royal hôpital Cochin, université Paris-Descartes, Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP–HP), 75014 Paris, France 
o Service de gynécologie-obstétrique, hôpital Robert-Debré, Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP–HP), 75019 Paris, France 
p Service de gynécologie obstétrique, médecine fœtale, université François-Rabelais de Tours, CHRU de Tours, 37000 Tours, France 
q Inserm UMR 1153, équipe de recherche en épidémiologie obstétricale, périnatale et pédiatrique (EPOPé), centre de recherche épidémiologie et statistique Sorbonne Paris-Cité, DHU risques et grossesse, université Pierre-et-Marie-Curie, 75014 Paris, France 
r Service de gynécologie-obstétrique, université de Rouen, CHU Charles-Nicolle, 76000 Rouen, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectif

Déterminer la prise en charge des femmes et des nouveau-nés en post-partum, que l’accouchement ait eu lieu par voie basse ou par césarienne.

Matériel et méthodes

Consultation de la base de données Medline, de la Cochrane Library et des recommandations des sociétés savantes françaises et étrangères. Ce texte court ne met en exergue que les éléments nouveaux et/ou jugés fondamentaux par le groupe de travail.

Résultats

Parce qu’il est associé à une diminution de la morbidité néonatale (moindre fréquence de pathologies cardiovasculaires, infectieuses, atopiques et d’obésité infantile) (NP2) ainsi qu’à un meilleur développement cognitif (NP2), un allaitement maternel exclusif et prolongé est recommandé (grade B) entre 4 et 6 mois (accord professionnel). Dans le but d’augmenter le taux d’initiation de l’allaitement maternel ainsi que sa durée, il est recommandé que les professionnels de santé accompagnent les mères dans leur projet (grade A) et de promouvoir un allaitement maternel à la demande (grade B). Il n’existe pas d’argument scientifique pour recommander des mesures non pharmacologiques pour l’inhibition de la lactation (accord professionnel). Les traitements pharmacologiques de l’inhibition de la lactation ne doivent pas être prescrits de façon systématique aux femmes qui ne souhaitent pas allaiter (accord professionnel). La bromocriptine n’a plus sa place dans l’inhibition de la lactation en raison des effets secondaires potentiellement graves (accord professionnel). Pour les femmes informées des risques, qui souhaitent cependant un traitement pharmacologique de l’inhibition de la lactation, le lisuride et la cabergoline sont les médicaments à privilégier (accord professionnel). Quel que soit le mode d’accouchement, la réalisation d’une numération formule sanguine n’est pas systématique (accord professionnel). Une supplémentation martiale orale n’est réalisée que dans les cas d’anémie biologiquement prouvée (accord professionnel). Le seul traitement étiologique des céphalées en rapport avec une brèche méningée est le blood-patch (NP2), celui-ci ne devant pas être réalisé avant 48h (accord professionnel). Le statut vaccinal des femmes et de leur entourage est à évaluer (accord professionnel). La surveillance postopératoire immédiate après césarienne (sous anesthésie locorégionale ou générale) doit se dérouler en salle de surveillance post-interventionnelle (SSPI) à proximité de la salle de naissance (accord professionnel). Un protocole antalgique multimodal doit être élaboré par l’équipe médicale (accord professionnel). L’administration par voie orale des antalgiques doit être privilégiée et utilisée de façon systématique pendant les premiers jours postopératoires (accord professionnel). Pour toute césarienne, une thromboprophylaxie par bas anti-thrombose (BAT) systématique mis le jour de l’intervention et à garder pour une durée d’au moins 7jours est recommandée (accord professionnel) avec ou sans l’adjonction d’HBPM selon la présence ou non de facteurs de risque supplémentaires, et selon le type de facteur de risque (majeur, mineur). La réhabilitation postopératoire précoce est encouragée (accord professionnel). La consultation postnatale est recommandée et est à réaliser dans les 6 à 8 semaines qui suivent l’accouchement (accord professionnel). La stratégie contraceptive en post-partum immédiat (dans les 6 semaines) est la même que la femme allaite ou non (accord professionnel). Il est recommandé de débuter une contraception efficace au plus tard 21jours après l’accouchement chez les femmes ne souhaitant pas de grossesse rapprochée (grade B), et de la prescrire à la sortie de la maternité (accord professionnel). Compte tenu de l’augmentation du risque thromboembolique veineux après l’accouchement, il est recommandé de ne pas utiliser une contraception estroprogestative avant 6 semaines en post-partum (grade B). La rééducation périnéale chez les femmes asymptomatiques à 3 mois n’est pas recommandée (accord professionnel). Elle est recommandée pour traiter une incontinence urinaire persistant à 3 mois du post-partum (grade A), quel que soit le type d’incontinence. La rééducation périnéale du post-partum est recommandée pour traiter une incontinence anale du post-partum (gradeC). La rééducation périnéale du post-partum n’est pas recommandée pour traiter ou prévenir un prolapsus (gradeC) ou des dyspareunies (gradeC). La durée optimale de séjour à la maternité pour le nouveau-né est fonction de l’organisation à la sortie, du suivi médical et de l’accompagnement ultérieur (accord professionnel). Les mois qui suivent la naissance d’un enfant constituent une période de transition et de remaniements psychologiques pour tous les parents (NP2). Elle est plus difficile à traverser en cas de facteurs de risque psychosociaux (NP2). Dans les situations de difficultés psychiques avérées, l’impact sur le développement psychoaffectif de l’enfant peut être important (NP3). Parmi ces difficultés, la dépression postnatale est la situation la plus courante. Cependant, le risque est globalement accru en période périnatale pour l’ensemble des troubles psychiques (NP3).

Conclusion

Le post-partum constitue, pour les cliniciens, une occasion unique et privilégiée d’aborder la santé physique, psychique et sociale des femmes et de leur enfant.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

Objective

To determine the post-partum management of women and their newborn whatever the mode of delivery.

Material and methods

The PubMed database, the Cochrane Library and the recommendations from the French and foreign obstetrical societies or colleges have been consulted.

Results

Because breastfeeding is associated with a decrease in neonatal morbidity (lower frequency of cardiovascular diseases, infectious, atopic or infantile obesity) (EL2) and an improvement in the cognitive development of children (EL2), exclusive and extended breastfeeding is recommended (grade B) between 4 to 6 months (Professional consensus). In order to increase the rate of breastfeeding initiation and its duration, it is recommended that health professionals work closely with mothers in their project (grade A) and to promote breastfeeding on demand (grade B). There is no scientific evidence to recommend non-pharmacological measures of inhibition of lactation (Professional consensus). Pharmacological treatments for inhibition of lactation should not be given routinely to women who do not wish to breastfeed (Professional consensus). Because of potentially serious adverse effects, bromocriptin is contraindicated in inhibiting lactation (Professional consensus). For women aware of the risks of pharmacological treatment of inhibition of lactation, lisuride and cabergolin are the preferred drugs (Professional consensus). Whatever the mode of delivery, numeration blood count is not systematically recommended in a general population (Professional consensus). Anemia must be sought only in women with bleeding or symptoms of anemia (Professional consensus). The only treatment of post-dural puncture headache is the blood patch (EL2), it must not be carried out before 48h (Professional consensus). Women vaccination status and their family is to be assessed in the early post-partum (Professional consensus). Immediate postoperative monitoring after caesarean delivery should be performed in the recovery room, but in exceptional circumstances, it may be performed in the delivery unit provided safety rules are maintained and regulatory authorities are informed (Professional consensus). An analgesic multimodal protocol developed by the medical team should be available and oral way should be favored (Professional consensus) (grade B). For every cesarean delivery, thromboprophylaxis with elastic stockings applied on the morning of the surgery and kept for at least 7 postoperative days is recommended (Professional consensus) with or without the addition of LMWH according to the presence or not of additional risk factors, and depending on the risk factor (major, minor). Early postoperative rehabilitation is encouraged (Professional consensus). Postpartum visit should be planned 6 to 8 weeks after delivery and can be performed by an obstetrician, a gynecologist, a general practitioner or a midwife, after normal pregnancy and delivery (Professional consensus). Starting effective contraception later 21 days after delivery in women who do not want closely spaced pregnancy is recommended (grade B), and to prescribe it at the maternity (Professional consensus). According to the postpartum risk of venous thromboembolism, the combined hormonal contraceptive use before six postpartum weeks is not recommended (grade B). Rehabilitation in asymptomatic women in order to prevent urinary or anal incontinence in medium or long-term is not recommended (Expert consensus). Pelvic-floor rehabilitation using pelvic-floor muscle contraction exercises is recommended to treat persistent urinary incontinence at 3 months postpartum (grade A), regardless of the type of incontinence. Postpartum pelvic-floor rehabilitation is recommended to treat anal incontinence (gradeC). Postpartum pelvic-floor rehabilitation is not recommended to treat or prevent prolapse (gradeC) or dyspareunia (gradeC). The optimal time for maternity discharge for low risk newborn depends more on the organisation of the post-discharge follow up (Professional consensus). The months following the birth are a transitional period, and psychological alterations concern all parents (EL2). It is more difficult in case of psychosocial risk factors (EL2). In situations of proven psychological difficulties, the impact on the psycho-emotional development of children can be important (EL3). Among these difficulties, postpartum depression is the most common situation. However, the risk is generally higher in the perinatal period for all mental disorders (EL3).

Conclusion

Postpartum is, for clinicians, a unique and privileged opportunity to address the physical, psychological, social and somatic health of their patients.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Allaitement, Post-partum, Contraception, Rééducation périnéale, Dépression postnatale, Césarienne, Nouveau-né

Keywords : Breastfeeding, Postpartum, Contraception, Rehabilitation, Postpartum depression, Cesarean delivery, Newborn


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Vol 44 - N° 10

P. 1157-1166 - décembre 2015 Retour au numéro
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  • Les troubles psychiques du post-partum : dépistage et prévention après la naissance : recommandations
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