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Interruptions du traitement antirétroviral chez 30 patients infectés par le VIH en succès virologique - 01/03/08

Doi : PM-06-2005-34-10-SUP1-0755-4982-101019-200504641 

Juliette Pavie [1],

Raphaël Porcher [2],

Sandra Fournier [1],

André Furco [1],

Caroline Tournoux [2],

Pierre Palmer [3],

Claire Rabian [4],

Jean-Michel Molina [1]

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Résumé

Objectif Préciser l’évolution clinique et biologique des patients infectés par le VIH en succès virologique sous traitement lors d’une interruption du traitement antirétroviral, et identifier les facteurs associés à une interruption prolongée du traitement.

Méthode Étude rétrospective chez des patients infectés par le VIH, ayant sous traitement antirétroviral une charge virale plasmatique contrôlée (≪ 400 copies/mL) et ayant interrompu leur traitement antirétroviral. Une analyse multivariée a été réalisée afin d’identifier les facteurs associés à une durée d’interruption supérieure à 6 mois.

Résultats Trente-six interruptions chez 30 patients ont été analysées. Les patients étaient le plus souvent de sexe masculin (83 %), l’âge médian était de 42 ans et le mode principal de contamination l’homosexualité (60 %). Au début du traitement antirétroviral, le nadir médian de CD4 était de 292/mm3 et la médiane de la charge virale était de 43 000 copies/mL. Les motifs ayant conduit à l’interruption ont été le souhait du patient ou du médecin (21 patients) et/ou la survenue d’un effet indésirable attribué aux antirétroviraux (15 patients).

Au moment de l’interruption, la médiane de CD4 était de 606/mm3. La durée médiane d’interruption a été de 14 mois. Durant l’interruption de traitement, 9 patients (30 %) ont subit des événements indésirables cliniques ou biologiques. Tous ces patients avaient un nadir de CD4 ≪ 300/mm3. Vingt-quatre patients ont repris un traitement antirétroviral (80 %). À la reprise du traitement, la médiane de CD4 était de 302/mm3 et la médiane de la charge virale plasmatique de 59 880 copies/mL. Quatre mois après la reprise du traitement, tous les patients avaient une charge virale ≪ 400 copies/mL. En analyse multivariée, une trithérapie contenant un analogue non nucléosidique (adjusted Hazard Ratio [aHR] : 3,6, IC95 % : 1,2-10,6, p = 0,02), un nadir de CD4 ≪ 300 (aHR) : 5,5, IC95 % : 2,0-26, p = 0,0057) et une charge virale VIH indétectable depuis plus de 21 mois au moment de l’interruption (aHR : 7,2, IC95 %: 2-26, p = 0,002) était associée à une reprise du traitement dans les 6 mois suivant l’interruption. La probabilité de reprendre le traitement avant 6 mois était de 45,5 % chez les patients ayant un nadir de CD4 ≪ 300 mm3 et de 14,3 % pour les autres (p = 0,10).

Conclusion Au total, les interruptions de traitement antirétroviral, chez les patients bien contrôlés sous traitement, devraient être utilisées avec précaution chez les patients ayant un nadir de CD4 inférieur à 300/mm3 en raison des risques de survenue d’événements indésirables cliniques ou biologiques.

Abstract

Treatment interruption in 30 HIV-infected patients with successful viral suppression under highly active antiretroviral treatment

Objective To evaluate clinical and laboratory results in HIV-infected patients with complete viral suppression under HAART (highly active antiretroviral treatment) for whom treatment was interrupted and to identify risk factors associated with prolonged (i.e., successful) treatment interruption.

Methods Retrospective study of patients who interrupted therapy while on HAART with a plasma HIV RNA ≪ 400 copies/mL. Multivariate regression analysis was performed to identify factors associated with a prolonged interruption (more than 6 months).

Results 36 treatment interruptions in 30 patients were analyzed. Patients’ mean age was 42 years, 83% were men, and 60% were infected through homosexual contact. Median CD4 cell count at initiation of HAART was 292/mm3 and median viral load 43 000 copies/mL. Reported reasons for HAART discontinuation included patient or clinician choice (n=21) or drug toxicity (n=15). Median CD4 cell count when treatment interruption began was 606/mm3, and its median duration was 14 months. During treatment interruption, adverse clinical events or laboratory findings occurred in 9 patients (30%), all of whom had a CD4 cell count nadir ≪ 300/mm3. When HAART resumed, median CD4 cell count was 302/mm3, and median viral load 59 800 copies/mL. Plasma HIV RNA dropped to ≪ 400 copies/mL in all patients within 4 months of resuming treatment. In multivariate analysis, the factors associated with resuming HAART within 6 month of treatment interruption were: HAART including non-nucleoside analog (adjusted Hazard Ratio [aHR]: 3.6, 95%CI: 1.2-10.6, p=0.02), a CD4 cell count nadir ≪ 300 (adjusted Hazard Ratio [aHR]: 5.5, 95% CI: 2.0-26, p=0.0057), undetectable plasma HIV RNA for longer than 21 months at the interruption (aHR: 7.2, 95% CI: 2-26, p=0.002). This probability was 45.5% in patients with a CD4 cell count nadir ≪ 300 and 14.3% in the others (p 0.10).

Conclusion Antiretroviral treatment should be interrupted only with caution in patients with a CD4 cell count nadir ≪300/mm3 because of the risk of adverse clinical events or laboratory findings.


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Vol 34 - N° 10-Sup1

P. 8-13 - juin 2005 Retour au numéro
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