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Synthacaïne : mosaïque de substances et d’effets. À partir d’un cas - 12/05/16

Doi : 10.1016/j.toxac.2016.03.041 
G. Deslandes 1, C. Monteil-Ganière 1, M. Grégoire 1, S. Allard 1, M. Marion 2, R. Bouquié 3,
1 Laboratoire de pharmacologie-toxicologie, CHU, Nantes, France 
2 Service de psychiatrie adulte, centre hospitalier Léon-Jean Grégory, Thuir, France 
3 Laboratoire du centre hospitalier Léon-Jean-Grégory, Thuir, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectif

La « Synthacaïne » correspond à une nouvelle classe de substance psychoactive, vendue comme un stimulant légal et développée pour imiter les effets de la cocaïne. Elle est vendue sur des sites spécialisés sous le nom de « cocaïne légale » et disponible à des prix 2 à 4 fois inférieurs à ceux de la cocaïne. Nous rapportons ici le cas d’un homme de 30ans, consommateur régulier de divers produits stimulants (cocaïne, amphétamines et divers produits de synthèses commandés sur interne), hospitalisé pour un épisode d’angoisse aiguë associant un sentiment de mort imminente à des conduites d’automutilation. Il associe ses troubles à une consommation récente de synthacaïne acheté sur Internet « à des prix défiant toute concurrence ». À son arrivée, le patient dit ne pas avoir dormi pendant une semaine, et présente des hallucinations visuelles à type de dysmorphophobies, responsables d’angoisses massives conduisant à des actes d’automutilation (brûlures). Le patient décrit les effets de la synthacaïne comme étant différents de ceux de la cocaïne, qu’il a l’habitude de consommer, et avec laquelle ses expériences de paranoïa ne persistent pas. Aucun prélèvement biologique destiné à la recherche de toxique n’a été effectué. L’entourage du jeune homme nous a permis de récupérer le produit consommé acheté sur Internet.

Méthode

Très peu de données scientifiques concernant la « Synthacaïne » sont disponibles [1], par conséquent différentes méthodes analytiques ont été utilisées pour aider à l’identification des composés présents dans la poudre blanche consommée : immuno-chromatographie, immunoessais, CLHP-UV/BD, CLHP-SM/SM et CG-SM.

Résultats

Les tests immunologiques rapides ont donné les réponses positives pour la famille des amphétamines (Met-amphétamines et MDMA) et négatives pour les familles ou molécules suivantes : benzodiazépines, barbituriques, opiacées, cocaïne, THC, buprénorphine et méthadone. Les différentes méthodes chromatographiques ont permis d’identifier la présence des molécules suivantes : lidocaïne/N-méthyl-2 aminoindane/2 aminoindane (NM-2AI). Ces 2 dernières substances sont des molécules aux effets stimulants proches des amphétamines.

Conclusion

En tant qu’entité chimique, la synthacaïne n’existe pas, il s’agit toujours d’un mélange de substances dont la composition varie d’un site à l’autre. Elle contient généralement, et a minima, une association d’anesthésique local et de molécules chimiquement proches des amphétaminiques. La synthacaïne consommée par notre patient est donc l’assemblage d’au moins 3 molécules dont 2 analogues des amphétamines. Si la dénomination « Synthacaine » laisse penser à une composition simple bien définie, les trip-reports (retours d’expérience) sont extrêmement variables d’un utilisateur à l’autre. Cette variabilité pharmacologique semble donc être plus la conséquence d’une différence de composition que d’une variabilité interindividuelle. Les hallucinations provoquées par le mélange consommé par notre patient est un exemple de « bad trip » non retrouvé sur les forums de consommateurs, où la majorité des trip-reports relatent des effets, certes stimulant, mais davantage entactogènes et empathogènes.

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Vol 28 - N° 2S

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