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Annonce d’un événement indésirable grave associé aux soins au patient : évaluation des pratiques médicales à partir de vignettes cliniques - 26/05/16

Disclosing harmful adverse event: Assessment of medical practices from clinical vignettes

Doi : 10.1016/j.lpm.2015.08.010 
Stéphanie Prud’homme 1, Mélanie Dufresne 1, Hélène Abbey 1, Cécile Paillé 1, Brice Leclère 1, Leila Moret 1, , 2
1 CHU de Nantes, hôpital Saint-Jacques, service d’évaluation médicale et d’épidémiologie, santé au travail et pharmacie (PHU11), pôle hospitalo-universitaire santé publique, 85, rue Saint-Jacques, 44093 Nantes cedex, France 
2 EA4275-SPHERE, biostatistiques, pharmacoépidémiologie et mesures subjectives en santé, faculté de pharmacie, 9, rue Bias, BP 53508, 44035 Nantes cedex 01, France 

Leila Moret, CHU de Nantes, hôpital Saint-Jacques, service d’évaluation médicale et d’épidémiologie, santé au travail et pharmacie (PHU11), pôle hospitalo-universitaire santé publique, 85, rue Saint-Jacques, 44093 Nantes cedex, France.

Résumé

L’annonce d’un événement indésirable grave (EIG) associé aux soins au patient est depuis 2011 un thème prioritaire de la Haute Autorité de santé. L’objectif de ce travail était d’explorer les pratiques déclarées des médecins hospitaliers confrontés à l’annonce d’un EIG. En juin et juillet 2012, tout le personnel médical du CHU de Nantes a reçu un questionnaire en ligne comprenant 3 parties : (1) une vignette clinique médicale ou chirurgicale suivant la spécialité exercée, explorant 5 facettes des pratiques de l’annonce : annonce initiale, divulgation de détails, divulgation de la cause, formulation d’excuses, information sur les actions préventives ; (2) une partie explorant les raisons de l’annonce et 3) une partie consacrée aux besoins d’accompagnement. Le taux global de participation était de 18,8 % (n=322/1709). L’annonce initiale de l’EIG n’était pas du tout réalisée dans 13,4 % des cas, la divulgation de détails dans 24,5 %, la divulgation de la cause dans 44,1 %. Il n’existait pas de formulation d’excuses dans 4 % des cas et l’absence d’information concernant les actions de prévention concernait 11,2 % des participants. Les pratiques des médecins et des chirurgiens étaient significativement différentes concernant la divulgation des détails et de la cause de l’EIG : les chirurgiens choisissaient plus fréquemment que les médecins de « ne pas entrer volontairement dans les détails de l’erreur à moins que le patient ne le demande » (72,9 % contre 16,1 %, p<0,001), à « ne pas annoncer la cause du dommage à moins que le patient ne le demande » (54,2 % contre 42,3 %, p<0,001), et à « ne pas s’excuser ou à ne pas dire être désolé pour ce qui s’est passé » que les médecins (16,7 % contre 1,8 % ; p<0,001). Concernant les justifications des choix des médecins, la préservation de la relation de confiance avec le patient était primordiale, ce qui les poussait à annoncer l’EIG au patient, ou au contraire, à le taire. Les internes paraissaient les plus en difficulté et exprimaient de ce fait un besoin important de formation. Cet état des lieux a permis de sensibiliser les professionnels et de montrer qu’une marge d’amélioration était souhaitable. Il a été complété par la mise en œuvre d’un programme d’amélioration des pratiques d’annonce (sessions de formation, documentation) ainsi que par la définition d’une organisation de soutien.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

The French National Authority for Health has made serious adverse event disclosure one of its priority areas of work. The objective of the study was to explore clinicians’ perceived practices of disclosing such events. Between June and July 2012, a structured questionnaire was emailed to all clinicians and residents working at the Nantes Teaching Hospital. The questionnaire consisted of 3 parts first, clinical vignettes–with medical and surgical cases exploring five areas of practices (initial disclosure, disclosure of details, disclosure of the cause, apologies, and patient information about preventive actions); second, questions about the reasons for disclosure or non-disclosure; third, an evaluation of the training needs. The overall response rate was 18.8% (n=322/1709). Clinicians did not realize initial disclosure in 13.4%, disclosure of details in 24.5%, disclosure of the cause in 44.1%. Of the respondants, 4% of them would not apologize and 11.2% of them would not discuss detailed plans for preventing recurrences. Results were significantly different between medical and surgical specialities concerning disclosure of details and the cause of adverse events: surgeons were significantly less inclined than physicians to volunteer any details unless asked by the patient (72.9% vs 16.1%; P<0.001); to disclose the cause of the events (54.2% vs 42.3%, P<0.001); and to apologize or to offer an expression of regret (16.7% vs 1.8%; P<0.001). The main reason that led respondents to disclose as well as not disclose was to maintain trust in their relationship with the patient. Younger clinicians expressed more difficulties with adverse event disclosure and had more important training needs. Based on these results, an improvement program for the disclosure of serious adverse events is currently being implemented in the hospital, consisting of training sessions, documentation and support for the clinicians.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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