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Représentations sociales de la maladie : comparaison entre savoirs « experts » et savoirs « profanes » - 06/06/16

Doi : 10.1016/j.encep.2015.12.007 
C. Jeoffrion a, , P. Dupont a, D. Tripodi b, C. Roland-Lévy c
a Laboratoire de psychologie des Pays-de-la-Loire, LPPL - UPRES EA 4638, université de Nantes, BP 81 227, 44312 Nantes cedex 3, France 
b Service de médecine santé au travail et consultation de pathologie professionnelle du CHU de Nantes, laboratoire de psychologie des Pays-de-la-Loire, LPPL - UPRES EA 4638, université de Nantes, BP 81 227, 44312 Nantes cedex 3, France 
c Laboratoire de psychologie « cognition, socialisation, santé » (C2S - EA 6291), université de Reims Champagne-Ardenne, 57, rue Pierre-Taittinger, 51096 Reims cedex, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Le lien entre pratiques et représentations sociales est désormais bien connu. Or, si de nombreux travaux se sont intéressés à la représentation sociale de la maladie mentale, et ce au sein de diverses populations, très peu d’études portent sur la représentation sociale de la maladie au sens large, et aucune ne compare les représentations sociales qu’en ont les professionnels de la santé (PS) et les non professionnels de la santé (NPS). C’est sur ce point que se centre notre recherche. Le groupe des PS est composé de trois sous-groupes : « médecins », « infirmiers » et « pharmaciens » et celui des NPS de deux sous-groupes : les personnes soumises à un « traitement médical de longue durée » et les personnes « sans traitement ». Deux cent soixante-dix participants (135 PS et 135 NPS) ont répondu à une question d’évocation dont les données, selon la théorie dite du « noyau central », ont fait l’objet d’une analyse prototypique et catégorielle Les résultats montrent qu’il existe une représentation sociale de la maladie partagée par les deux groupes, renvoyant essentiellement à la souffrance et à la douleur, mais des registres spécifiques sont aussi mis à jour au niveau périphérique pour chaque groupe. Les PS ont recours à des termes descriptifs renvoyant à la nature et aux caractéristiques de la maladie ; chaque profession évoque la maladie en fonction de son rôle propre. Alors que les médecins se centrent sur le diagnostic et les conséquences de la maladie, les pharmaciens privilégient le traitement de la maladie et sa prise en charge, et les infirmiers se centrent sur le traitement et sur le suivi relationnel des patients. Les NPS se réfèrent quant à eux à des termes focalisés sur le vécu personnel face à la maladie, sachant que les personnes qui suivent un traitement médical privilégient un registre lié à l’affect et aux conséquences de la maladie sur leur quotidien pendant que les personnes sans traitement ont recours à des termes plus descriptifs et formels. Conformément à nos hypothèses, les représentations des PS renvoient à des « représentations professionnelles », tandis que celles des NPS sont reliées à des « pratiques » de la maladie. Ces résultats invitent les PS à élargir les registres des échanges liés à la maladie de manière à favoriser une communication centrée sur une prise en charge du patient considéré dans sa globalité avant d’être un malade réel ou potentiel, et cela constitue un pas décisif dans l’amélioration de la santé du patient.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Abstract

Introduction

The link between social practices and representations is now well known. But while many studies have focused on the social representation of mental illness, in various populations, few studies have focused on the notion of disease/illness by comparing professionals and non-professionals health workers representations. Indeed, the disease is both a reality described, explained and treated by medicine; for those who are affected by a disease, it is an individual experience with psychological, social and cultural impacts. The social representation is determined by the structure of the social groups in which it develops; therefore, it is a form of knowledge socially shaped and shared by the members of a social group. Several theoretical extensions have been elaborated and particularly, the structural approach and the central core theory. These approaches sustain the arguments of a hierarchical organization of a social representation with a central core surrounded by peripheral zones. The central core is common and shared by the majority of the members of a given group, whereas the peripheral zones provide space for the individualization of the social knowledge.

Purpose

The main goal of our study is to highlight the social representations of disease in health professionals (HP) and in non-health professionals (NHP). The group of HP has been differentiated into three subgroups: “medical doctors”, “nurses” and “pharmacists”, while that of NHP in two subgroups: those submitted to a “long period medical treatment” and those “without treatment”. Our aim is to show that there are different social and professional Representations of disease. The professional representations are specific social representations related to professional contexts. We formulate the following assumptions (a) that the social representations of HP and NHP will be articulated around a common central core. Nevertheless, we expect to find specific peripheral elements related to professional status, based on different knowledge and a differentiated “practice”; (b) the HP should refer to more descriptive aspects of the disease and monitoring of patients, while (c) NHP should refer more to the experience of illness around emotional aspects.

Method

Our sample is composed of 270 participants (135 HP and 135 HNP). Representations are measured by a free association task based on the target term: disease. The data have been submitted to prototypical and categorical analyses in agreement with the central core theory.

Results and discussion

The results confirm that there is a common social representation of disease shared by the two groups, which refers essentially to suffering and pain. The analysis of each group brings to light two different registers: the one of the HP with more descriptive words referring to the nature and the illness's characteristics, and the other ones of the HNP with more words connected to emotions and referring to personal real experience of the illness. As expected, the social representation of the HP is referring to the “professional representations” of the disease, while the one for the HNP is linked to “practices” of an illness. An analysis of intra-group differences shows specificities for each of the questioned subgroups. In the HP, medical doctors focus on the diagnosis and consequences of the disease, pharmacists refer to the treatment of the disease and its management, while nurses focus on the treatment and on the relation while monitoring patients. In the NHP, people submitted to a “long period medical treatment” refer to the emotional aspects and to the consequences of the illness on their live, while those without treatment use more descriptive and formal terms. These results suggest to the PS to expand exchanges related to the disease in order to facilitate communication centered on taking care of the patient, considered in its wholeness and not only as an actual or potential patient. This is an important step in improving the health of the patient.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Représentations sociales, Représentations professionnelles, Maladie, Professionnels de la santé, Associations libres, Analyse prototypique et catégorielle, EVOC

Keywords : Social representations, Professional representations, Illness/disease, Health professionals, Free associations, Prototypical and categorical analysis, EVOC


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Vol 42 - N° 3

P. 226-233 - juin 2016 Retour au numéro
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