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Dyskinésies tardives induites par les antipsychotiques : données actuelles sur leur prévention et prise en charge - 06/06/16

Doi : 10.1016/j.encep.2015.12.021 
A.-S. Seigneurie a, F. Sauvanaud a, F. Limosin a, , b, c
a Service de psychiatrie de l’adulte et du sujet âgé, hôpital Corentin-Celton, groupe hospitalier hôpitaux universitaires Paris Ouest, Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP–HP), 4, parvis Corentin-Celton, 92130 Issy-les-Moulineaux, France 
b Université Paris Descartes, Sorbonne Paris-Cité, 75006 Paris, France 
c Inserm, U894, centre de psychiatrie et neurosciences, 75014 Paris, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Les dyskinésies tardives (DT) sont des mouvements anormaux et involontaires de la langue, de la mâchoire, du tronc et/ou des membres qui peuvent survenir au cours d’un traitement prolongé par antipsychotique ou après son arrêt, et qui sont présents sur une période d’au moins quatre semaines. La prévalence des DT se situe entre 24 et 32 % sous neuroleptiques, et autour de 13 % sous antipsychotiques atypiques. Le risque de survenue est majoré par des caractéristiques propres au patient (âge, sexe, diagnostic psychiatrique, facteurs de vulnérabilité hérités) ou par les caractéristiques du traitement reçu (type de molécule, durée et dose d’exposition au traitement). Les deux principales hypothèses étiopathogéniques proposées pour expliquer la survenue de ces DT iatrogènes sont : une hypersensibilité des récepteurs dopaminergiques D2, ou un mécanisme de neurotoxicité par stress oxydatif pouvant conduire à une dégénérescence neuronale par apoptose. Une fois les principaux diagnostics différentiels éliminés et le diagnostic de DT retenu, trois grands types d’intervention thérapeutique peuvent être proposés : adaptation des modalités de prescription des antipsychotiques (diminution de posologie, substitution ou arrêt), adjonction d’un traitement antikinétique, ou intervention neurochirurgicale pour les dyskinésies sévères et pharmaco-résistantes. En pratique, devant les contraintes liées à ces mesures curatives et leur efficacité incertaine, l’accent doit être mis sur les mesures préventives en privilégiant la réévaluation régulière des prescriptions et le dépistage précoce des complications iatrogènes.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Abstract

Introduction

Tardive dyskinesia (TD) is a movement disorder of tongue, jawbone, trunk and/or limbs that may appear after a prolonged use of dopamine receptor blocking agents (after 3 months of treatment or after 1 month for patients over 60), and that are present during at least four consecutive weeks. TD is a frequent side effect of both classical neuroleptics and new generation antipsychotic drugs. The prevalence of iatrogenic TD is between 24 and 32 % after treatment with classical neuroleptics and about 13 % after treatment with a new generation antipsychotic.

Objective

This paper presents an updated literature review of data on diagnosis, prevention and treatment of TD.

Methods

We conducted a review of literature using the Medline Browser tool, screening studies from 1950 to 2013 in English or French with keywords « tardive dyskinesia », « tardive dystonia », and « abnormal movements caused by antipsychotic drugs ».

Results

We first describe and define semeiological features of TD: dystonia, tremor, myoclonus, acathisie, chorea, ballism and athetosia. Secondarily, we resume the main differential diagnoses to exclude when confronted with this kind of movement disorders. Differential diagnoses for dyskinesia can be classified between primary (Parkinson and Huntington diseases) and secondary (Wilson disease, intoxication, metabolic abnormality, cerebrovascular accident) abnormal movements. Psychogenic TD can be evocated if previous pathologies are excluded in case of atypical clinical presentation. We detail the risk factors for TD. Endogenous risk factors are related to the patient's age, underlying psychiatric disease (bipolar disorder or Alzheimer dementia), addiction to alcohol or cocaine, female gender, or neurodevelopmental vulnerability. Iatrogenic risk factors are high doses of antipsychotics, long or intermittent administration, and particular pharmaceutical classes or associations of antipsychotics. As a comprehensive tool, we review the main physiopathological hypotheses to explain the occurrence of TD in some patients: hypersensitivity of D2 neuronal receptor or neurotoxicity associated with oxidative stress mechanisms. We also summarize the current guidelines for prevention and treatment of TD. Three successive curative strategies are suggested in the literature. First, the clinician can adapt the current antipsychotic treatment (switch to a new generation antipsychotic, diminution or cessation of antipsychotic drugs). If this first intervention is not pertinent or ineffective, the clinician can prescribe an antikinetic therapeutic agent, such as tetrabenazine, or an antioxidant. Review of the published studies does not show proof of efficacy of cholinergic or anticholinergic drugs, benzodiazepine or other GABAergic drugs, nor for amantadine. Non-medication therapeutics such as ECT and TMS are discussed, but the level of proof is insufficient to promote them as a curative treatment for TD. In case of high resistance and discomfort for the patient, a neurosurgical intervention should be discussed. These curative interventions are limited, emphasising the importance of TD prevention, by limiting the prescription and doses of antipsychotics, regularly evaluating their side effects and informing the patient of TD's risk.

Conclusion

We propose to practitioners a synthesised update of literature concerning a frequent iatrogenic effect of antipsychotics. Nevertheless, no solid guidelines have as yet been established, and further clinical studies are expected in order to better understand this frequent and discomforting side effect.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Dyskinésies tardives, Dystonies tardives, Antipsychotiques, Neuroleptiques, Iatrogénie

Keywords : Tardive dyskinesia, Tardive dystonia, Antipsychotic drugs, Neuroleptics, Iatrogenic disease


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